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Biodiversité : comment l’idée des crédits nature avance à Bruxelles

La commissaire européenne à l’Environnement Jessika Roswall a présenté les bases des crédits « nature » que Bruxelles souhaite mettre en place, le 5 mai lors d’un sommet mondial à Berlin. Les défis sont nombreux : comment quantifier la biodiversité ? Quelle infrastructure pour l’échange de crédits ? La demande sera-t-elle suffisante ? 

Bande enherbée avec une diversité d'essence le long d'une parcelle agricole.
Déjà évoqués en septembre 2024 par la Commission européenne, ces crédits auraient pour objectif de rémunérer les agriculteurs pour leurs services écosystémiques en faveur de la biodiversité.
© Christian Gloria

« Il est temps de mettre un prix sur la restauration de l’environnement naturel ». À l’occasion du Sommet des solutions mondiales à Berlin le 5 mai, la commissaire européenne à l’Environnement Jessika Roswall a esquissé à quoi devraient ressembler les « crédits nature ». Déjà évoqués en septembre 2024 par la Commission européenne, ces crédits auraient pour objectif de rémunérer les agriculteurs pour leurs services écosystémiques en faveur de la biodiversité.

Un marché de crédits « nature », à l’instar des crédits carbone

À la manière des crédits carbone, la commissaire à l’Environnement veut développer un marché avec les entreprises et investisseurs qui veulent « contribuer au financement de la nature ». « En achetant ces crédits, les entreprises s’assurent que les écosystèmes renforcent leur capacité à fournir des richesses et des services dont elles peuvent bénéficier : cultures diversifiées, eaux propres, fonctions de refroidissement », justifie Jessika Roswall. 

Danke Berlin! 🇩🇪 Yesterday, I had the pleasure of visiting the capital of Germany. More about my visit here ⤵️ www.linkedin.com/posts/jessik...

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— Jessika Roswall (@jessikaroswall.ec.europa.eu) 6 mai 2025 à 10:54

Lire aussi : Bruxelles envisage des crédits nature pour récompenser les agriculteurs

Des défis pour quantifier la nature et mettre en place une infrastructure d’échange des crédits

Mais mettre en place ces crédits « nature » requiert de répondre à des « défis majeurs », reconnaît la commissaire. D’abord, il s’agit de quantifier la nature : « comment mesurer et comparer la biodiversité[…] comment comparer des poissons à des papillons, des chênes à des prairies ? », questionne Jessika Roswall. « De nombreuses recherches existent déjà », précise-t-elle. La Commission européenne et les Nations Unies travaillent ainsi déjà sur la définition d’une « norme mondiale » pour les crédits nature, explique la commissaire à l’Environnement. 

Comment compenser les coûts supplémentaires pour les agriculteurs ?

Aussi, développer un marché nécessite de créer une « infrastructure » afin « d’échanger de manière efficace » les crédits, prévient Jessika Roswall. C’est cela qui permettrait de « compenser les coûts supplémentaires de durabilité pour les agriculteurs », souligne-t-elle. 

Un projet pilote en France dans le bassin de la Seine

La commissaire cite d’ailleurs un projet pilote en France au niveau du bassin de la Seine, où les agriculteurs sont rémunérés pour réduire leurs les rejets de polluants dans les rivières, améliorant ainsi la qualité de l’eau

Plus largement, la France s’est déjà bien saisie de la question des « crédits nature ». En février, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher avait annoncé différentes mesures pour faire décoller les sites naturels de compensation, restauration et renaturation (SNCRR), pivot de l’initiative de crédits biodiversité lancés en novembre par la France. 

Lire aussi : « La France va émettre des crédits biodiversité » annonce Agnès Pannier-Runacher : quel impact pour l’agriculture ?

Quelle demande pour acheter les crédits « nature » ? 

Développer les crédits « nature » fait partie des objectifs de la « Vision sur l’agriculture et l’alimentation » présentée en février par la Commission européenne. Bruxelles annonçait vouloir développer des « opportunités » pour ces nouveaux crédits. Toutefois, Jessika Roswall interroge la prospérité de ce système de rémunération : « Y aura-t-il suffisamment de demande pour acheter des crédits nature et faire vivre un marché ? Pourrons-nous récompenser correctement ceux qui restaurent la biodiversité ? » questionne la commissaire. 

Lire aussi : Que prévoit la Commission européenne dans sa « Vision sur l’agriculture et l’alimentation » ?

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