Semis de colza : réussir l’implantation pour un colza robuste en 2027
L’implantation est une phase déterminante pour obtenir un colza robuste, moins sensible aux aléas et moins dépendant des intrants. Le contexte pédoclimatique et l’état des sols sont des éléments déterminants à prendre en compte pour sa réussite.
L’implantation est une phase déterminante pour obtenir un colza robuste, moins sensible aux aléas et moins dépendant des intrants. Le contexte pédoclimatique et l’état des sols sont des éléments déterminants à prendre en compte pour sa réussite.
Un semis de colza sera réussi s’il donne une plante robuste à l’automne, capable d’affronter les attaques de ravageurs et les premiers aléas climatiques de la campagne. L’idéal est d’attendre la survenue de pluies en août pour déclencher les opérations, ayant pris soin de réaliser un diagnostic de l’état structural de son sol.
Conserver la fraîcheur du sol pour favoriser la levée du colza
Préserver l’humidité du sol lors du semis de colza
Le semis de colza s’effectue en été : une période où l’enjeu est de préserver l’humidité du sol afin de favoriser une levée rapide. « Pour conserver cette fraîcheur, il convient d’adapter le travail du sol », indique Matthieu Loos, ingénieur réseau Terres Inovia. Celui-ci doit permettre d’obtenir une structure poreuse favorisant un enracinement optimal (longueur du pivot visée entre 10 et 15 cm), indispensable pour une bonne nutrition et une croissance dynamique à l’automne.
Réaliser un test bêche avant le semis de colza
« Les besoins en travail du sol vont dépendre de l’état structural du sol », précise Matthieu Loos. Réaliser un test bêche est indispensable pour observer la structure et évaluer si elle est poreuse ou si un tassement est présent. « Cela va permettre de décider s’il faut intervenir, d’identifier la profondeur de travail nécessaire et le type d’outil. »
Un travail profond si le sol est tassé
Si le sol est tassé, ce qui est négatif pour l’enracinement, un travail profond sera nécessaire. Celui-ci est à réaliser au plus près de la récolte du précédent (précédé d’un passage d’outil si le sol est sec). La profondeur d’intervention devra être adaptée à la zone tassée (outil à disques ou fissurateur). « Il ne faut pas hésiter à rouler après le travail profond pour refermer le sol et conserver la fraîcheur », précise Matthieu Loos. Dans tous les cas, et plus encore en sol argileux, si le sol est travaillé, Terres Inovia recommande d’intervenir le plus tôt possible après la récolte.
Adapter le travail du sol avant colza en fonction des résidus du précédent
Le choix de l’intervention doit également intégrer la gestion des résidus. Si ceux du précédent cultural (céréales à paille) sont abondants et que le semoir n’est pas équipé pour les gérer efficacement, leur enfouissement est nécessaire. Dans les autres situations, un travail très superficiel, voire un semis direct, est possible. Enfin, si besoin, les repousses de céréales devront être maîtrisées par un travail superficiel, car elles sont souvent responsables de l’assèchement du profil et entrent en concurrence avec le colza.
Adapter la date de semis de colza au contexte pédoclimatique
La date de semis de colza se raisonne en deux temps : d’abord le choix de la période optimale, puis le déclenchement en fonction des pluies annoncées et de l’état du sol.
Être prêt à semer le colza début août pour profiter des pluies
« La date de semis est à adapter au contexte pédoclimatique et à la disponibilité en azote à l’automne, énonce Domitille Jamet, chargée d’étude systèmes de culture chez Terres Inovia, en gardant en tête qu’il faut être prêt à semer dès début août pour profiter des pluies fréquentes dans le courant du mois. » Un semis précoce permet au colza de lever avant le 1er septembre et d’atteindre le stade 4 feuilles avant le 20 septembre, grâce aux températures favorables de la fin d’été. À ce stade, il est moins vulnérable aux attaques d’altises à l’automne.
Tenir compte du type de sols pour son semis de colza
La plage optimale pour semer son colza dépend du type de sols, du climat et de la disponibilité en azote. Terres Inovia conseille de semer tôt en sols superficiels, argileux, en altitude et dans l’Est de la France, ainsi qu’en cas de semis direct ou de couvert associé, afin de bénéficier de températures favorables à un développement rapide du colza et des plantes compagnes. Domitille Jamet précise que dans ces situations, la plage idéale court du 1er au 20 août.
En sols profonds, à l’Ouest ou en bordure maritime, ainsi qu’en situations à forte disponibilité en azote, les températures favorables et l’azote disponible justifient des semis moins précoces afin de limiter le risque d’élongation (à gérer d’abord grâce à une densité maîtrisée et à un choix variétal adapté). La plage s’étend du 10 au 25 ou 30 août, et du 25 août au 5 septembre sur la façade océanique. Enfin, sur le pourtour méditerranéen et en vallée du Rhône, la période optimale s’étale du 20 août au 10 septembre.
Déclencher le semis de colza en fonction des pluies annoncées
Une fois entrée dans la période optimale, la connaissance de l’état de la parcelle est indispensable pour décider du déclenchement du semis de colza. « Le déclenchement du semis se raisonne en fonction de l’état du sol et de la probabilité d’avoir un cumul de pluies suffisant dans les jours suivants. » Si le lit de semences est affiné et qu’il reste de la fraîcheur dans les 30 premiers centimètres du sol, Terres Inovia indique qu’il faudra 10 mm sur les 15 jours à venir ; si le sol est sec, ce sera plutôt 15 mm. Si le sol est motteux, on attendra 15 mm s’il y a de la fraîcheur dans le profil 0-30 cm, mais 30 mm si le profil est sec.
Pour déclencher les semis de colza, Domitille Jamet conseille d’utiliser l’outil d’aide à la décision Aléapluie (Acta), qui donne la probabilité d’atteindre un certain seuil de cumul de pluies (entre 10 et 30 mm au choix) sur une période donnée (entre 7 et 15 jours après semis).
Adapter la densité de semis au type de sol
Éviter une surdensité du semis de colza
Pour obtenir des pieds de colza vigoureux et peu sensibles aux aléas (soit 60 grammes de biomasse par plante à l’entrée de l’hiver), « il faut éviter les surdensités », indique Domitille Jamet. Elles favorisent l’élongation et conduisent à des plantes chétives et peu robustes. La densité de semis se raisonne en fonction des pertes attendues à la levée, qui sont liées au type de sol. « Un sol profond avec une disponibilité élevée en azote sera favorable à la croissance du colza, tandis que le risque de stress hydrique au printemps sera plus limité que dans un sol superficiel. »
Les semis de colza au monograine
L’objectif de plantes levées à atteindre, sans le dépasser, est de 30 à 35 plantes/m² en sols superficiels et de 25 à 35 plantes/m² en sols plus profonds. Les semis au monograine, qui permettent les meilleures levées grâce à un positionnement optimal des graines, nécessitent des objectifs de peuplement encore plus réduits (10 plantes/mètre linéaire) afin de limiter la concurrence sur le rang.
Juger la densité du semis de colza selon les pertes prévisibles
La densité de semis se raisonne en fonction des pertes attendues à la levée qui dépendent du type de sol et du mode de semis (moins de pertes avec un monograine, plus de pertes en semis direct). À titre d’exemple, pour un semoir monograine 35-44 cm, la densité recommandée va de 35 graines/m² dans le cas de pertes faibles (-15 %, sols légers, frais) à 50 graines/m² dans le cas de pertes fortes (-40 %, semis direct dans mulch et sols caillouteux). Pour un monograine 45-50 cm, la plage varie de 30 à 45 graines/m².
Assurer une nutrition minérale du colza optimale
Les leviers à mobiliser à l’automne pour fournir de l’azote au colza
Pour garantir une croissance dynamique et continue du colza de la fin d’été à l’automne, et atteindre une biomasse supérieure à 1,5 kg/m² en entrée d’hiver, la plante ne doit pas manquer d’azote. Parmi les leviers mobilisables figurent un précédent de légumineuse, un apport de matière organique à libération rapide (fientes, lisier) ou une fertilisation localisée au semis (30 unités d’azote).
Si la directive nitrates le permet localement, Terres Inovia recommande de réaliser cet apport de 30 unités en végétation afin d’assurer la continuité de la fourniture d’azote et la croissance du colza. Une autre solution consiste à associer au colza des légumineuses gélives, qui favoriseront son enracinement et sa nutrition azotée (économie de 30 kg/ha d’azote si le couvert est réussi).
Être vigilant vis-à-vis des carences en phosphore
Enfin, attention aux carences en phosphore, qui peuvent entraîner un fort ralentissement de la croissance et des pertes non négligeables pouvant atteindre 20 q/ha. Il ne faut pas faire d’impasse dans les sols faiblement à moyennement pourvus. « L’apport est à positionner au plus près du semis », précise Domitille Jamet.
Ne pas négliger le choix variétal pour obtenir un colza robuste
L’implantation est une phase cruciale, qui s’inscrit dans la continuité du choix variétal qui est « le tout premier levier à activer pour obtenir un colza robuste, en capacité d’exprimer son potentiel de rendement, rappelle Arnaud Van Boxsom, responsable de l’évaluation des variétés chez Terres Inovia. Le choix variétal repose sur quatre critères de base : le potentiel de rendement, la sensibilité à l’élongation automnale, la vigueur et le comportement larves d’altise et la résistance phoma. »
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