Sécheresse 2026 : une perte de 20 à 30 % de rendement à prévoir en tournesol
La perte de production en tournesol devrait être plus limitée que pour d’autres cultures de printemps. La culture montre sa plus grande tolérance à la sécheresse que d’autres espèces.
Même en se contentant de moins d’eau que d’autres cultures, le tournesol pâtira des conditions de sécheresse. Le 7 août, le ministère de l’Agriculture (Agreste) donnait une prévision de rendement de 18,1 q/ha, soit une baisse de 20 % par rapport à la moyenne 2021-2025 et de 12,6 % par rapport à 2025. Chez Agro d’Oc, Sylvain Hypolite prévoyait le 20 août une baisse de rendement de 20 à 30 % dans le Sud-Ouest pour les parcelles non irriguées (la grande majorité), voire « 30 % de moins en Charente d’après les premiers retours. » Les récoltes ont démarré en Poitou-Charentes. C’est moins le cas ailleurs. « Le tournesol était très en avance dans ses premiers stades de développement. Ensuite, il semble que les fortes chaleurs aient bloqué sa progression. Nous avons échantillonné des parcelles qui étaient à 11-12 % d’humidité du grain. » Le tournesol se récolte entre 9 et 11 % d’humidité, selon les recommandations de Terres Inovia.
Une récolte de tournesol avancée de trois semaines
Chez Maïsadour, la récolte commence en cette fin du mois d’août. Directeur des productions végétales à la coopérative, Grégory Moulis note une très forte hétérogénéité de production intraparcellaire et entre parcelles. « La récolte devrait s’accélérer début septembre. À la fin du mois, nous devrions avoir 80 % des tournesols récoltés. » Habituellement, dans les départements du Sud-Ouest couverts par la coopérative, le tournesol se récolte à partir de la dernière semaine de septembre et la première quinzaine d’octobre. Grégory Moulis table sur un rendement moyen de 18 et 20 q/ha en 2026, contre 22 à 25 q/ha habituellement. Le tournesol est plus résilient à la canicule que le maïs.
Le tournesol a eu une phase d’adaptation au stress hydrique avant sa floraison
En Lorraine, Aurore Baillet, de Terres Inovia, constate une très grande hétérogénéité des situations : des productions correctes en sols profonds, des rendements catastrophiques ailleurs. « Le tournesol a été stressé très tôt dans son cycle et la culture a adapté son cycle au manque d’eau. La phase d’adaptation aux conditions de stress hydrique a eu lieu avant le stade clé de la floraison. Il s’en sort beaucoup mieux que d’autres cultures comme le maïs. » Des récoltes étaient prévues dès la deuxième quinzaine d’août dans le Grand-Est.