Salade : le paillage biodégradable peut être efficace contre les adventices
Le paillage biodégradable apparaît comme une solution efficace pour maîtriser les adventices en culture de salades sans recourir au plastique. Son utilisation en plein champ demande toutefois d’adapter son itinéraire technique.
Le paillage biodégradable apparaît comme une solution efficace pour maîtriser les adventices en culture de salades sans recourir au plastique. Son utilisation en plein champ demande toutefois d’adapter son itinéraire technique.
C’est le constat de vingt ans d’études réalisées par un consortium de stations d’expérimentation. En salade sous abri, « le paillage biodégradable nous permet totalement de gérer les adventices », constate Catherine Mazollier, expérimentatrice maraîchage au Grab d’Avignon, experte des paillages biodégradables. Leur faible dégradation pendant la culture leur permet de couvrir le sol aussi efficacement qu’un polyéthylène, d’autant que le cycle cultural de la salade est court.
Des rendements satisfaisants
« Il y a parfois quelques petites différences de rendement observées, mais c’est minime », remarque Catherine Mazollier pour la salade sous abri. Pour la station d’Auray en Bretagne, également spécialiste des paillages biodégradables, l’évolution des matériaux permet aujourd’hui d’atteindre des rendements comparables au polyéthylène. « Il nous manque surtout un paillage biodégradable blanc sur le dessus et noir sur le dessous pour limiter la brûlure des feuilles au contact du paillage », indique Catherine Mazollier.
Les écarts de rendement parfois observés, notamment dans le cadre du projet Icap, sont attribués par les expérimentateurs de l’Aprel au moindre pouvoir réchauffant du sol de certains paillages biodégradables, qui ralentit légèrement le développement des salades.
Des limites observées en plein champ
En plein champ, où les paillages sont plus exposés aux aléas climatiques, leur utilisation est plus délicate. « En plein champ, j’y suis moins favorable. Les aléas climatiques sont un risque trop grand pour la culture », prévient Catherine Mazollier. Pour les créneaux précoces, au printemps, la pluie fréquente peut accélérer le processus de dégradation. « Le paillage se dégrade au niveau de la zone où il est enfoui dans le sol. Au moindre coup de vent, il peut s’envoler et emporter des plants », avertit l’expérimentatrice. « Sur un cycle court de mai à juin, avec un faux semis en amont et un binage, cela peut fonctionner », nuance-t-elle.
Des adaptations nécessaires pour le plein champ
Travail du sol, apport de matière organique, pose des paillages… Les stations d’expérimentation ont identifié plusieurs leviers pour sécuriser l’utilisation du paillage biodégradable en plein champ :
- Apporter la matière organique au moins quinze jours avant la pose des paillages, et l’enfouir profondément. L’objectif est de limiter l’activité biologique du sol dans la zone du paillage.
- Soigner le travail du sol avant buttage. Toute motte ou pierre en surface favorise les déchirures du paillage, puis la levée d’adventices.
- Adapter la vitesse d’avancement du tracteur à la pose du paillage. En allant trop vite, la tension exercée peut le déchirer, étant plus fragile qu’un polyéthylène. Par ailleurs, il faut préférer une date de pose au plus près de la date de plantation pour limiter l’exposition du paillage au vent, à la pluie ou tout autre aléa climatique.
- Broyer finement le paillage en fin de culture. « Le paillage s’accumule année après année s’il n’est pas bien broyé et qu’on ne l’enfouit pas profondément », avertit Catherine Mazollier. Le CTIFL a testé le passage d’un outil rotatif à la place d’un double passage de disques. Les observations réalisées un an plus tard ont montré l’absence de résidus de paillage. Catherine Mazollier met toutefois en garde : « en sol froid ou sec, nous rencontrons souvent des difficultés d’implantation de la culture suivante, surtout si elle est semée ».