Pyrénées-Orientales : quelles légumineuses choisir pour sa rotation maraîchère en bio ?
Pour aider les maraîchers bio des Pyrénées-Orientales à introduire des légumineuses dans les engrais verts de leurs rotations sous-abri, des screenings de légumineuses ont été réalisés dans le cadre du projet Resifab. Voici les espèces qui se détachent.
Dans les Pyrénées-Orientales, intégrer des légumineuses dans les rotations maraîchères bio sous abri relève du défi pour les producteurs. Peu de références techniques existent sur leur comportement en climat méditerranéen et en situation de stress hydrique, contexte régulièrement rencontré dans ce bassin de production. Le projet Resifab a identifié les espèces les plus adaptées au climat méditerranéen.
Des légumineuses tropicales face au stress hydrique
En été, deux légumineuses sortent du lot dans les essais : le crotalaire et le lablab. « Plusieurs indicateurs sont regardés : le rendement, la précocité de la levée et la teneur en azote du sol », précise Aline Gillet, chargée d’expérimentation au CivamBio66, partenaire du projet. Deux régimes hydriques sont étudiés : confort et stress 50 %. Les deux légumineuses ont une levée supérieure aux autres espèces étudiées, 50 à 100 % en confort et 50 % en stress hydrique. Côté productivité, le crotalaire et le lablab font partie des légumineuses aux biomasses les plus élevées. Le stress hydrique impacte leur biomasse, mais les chiffres diffèrent en fonction des essais : le crotalaire semble plus sensible que le lablab au stress hydrique au CivamBio66, l’inverse est observé à l’unité expérimentale Maraîchage d’Inrae, autre partenaire de Resifab. « Pour l’azote du sol, on a du mal à voir un effet dans les suivis Nitrachek, mais c’est quelque chose qui se voit à long terme », précise Aline Gillet.
En hiver, vesce et seigle pour la biomasse et l’apport d’azote
« Sur l’hiver, il y a la vesce commune qui ressort parmi les 12 espèces étudiées dans le screening », explique la chargée d’expérimentation. Dans l’essai d’hiver, la vesce, la féverole et le pois fourrager sont comparés, toujours sur les mêmes indicateurs, en situation de confort et de stress hydrique. La vesce, associée au seigle, produit plus de biomasse en confort, et ce avec une moins bonne levée. En plus de la biomasse, l’apport d’azote de la vesce est intéressant pour la fertilisation de la culture suivante. Les résultats sont à affiner sur la proportion seigle/vesce au semis afin d’améliorer la levée de la vesce, à 60 % dans l’essai, et de réduire la compétition avec le seigle.
L’ensemble des essais montrent qu’en hiver comme en été, les légumineuses doivent être semées en association avec une espèce couvrant rapidement le sol pour ne pas être concurrencées par les adventices.
Le projet Resifab
Durée du projet : 3 ans (fin 2023 – fin 2026)
Financeurs : la région Occitanie, l’Union européenne, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse