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Prix des engrais : la guerre Iran-Israël-USA provoque une hausse du prix de l’urée

Le déclenchement de la guerre fin février au Moyen-Orient fait grimper les prix de l’urée. En cause, l’augmentation des prix du gaz, des problèmes logistiques et les menaces qui planent sur la production d’engrais, le tout dans un contexte de demande mondiale forte.

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Les agriculteurs qui ne sont pas couverts à 100 % en engrais azotés pour la campagne de fertilisation 2026 risquent de subir les hausses de prix en cours, notamment en ce qui concerne l'urée.
© C. de Nadaillac

Le prix des engrais risque encore de grimper dans les semaines qui viennent. Le déclenchement des frappes américaines et israéliennes en Iran vient bousculer un marché des engrais déjà en tension. La hausse vient en effet s’ajouter à celle provoquée par la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement du carbone aux frontières (MACF) en début d’année 2026 ainsi qu’à une forte demande d’engrais au niveau mondial.

Avec la guerre en Iran, le prix de l’urée, qui constitue le marché directeur des prix des engrais azotés, est passé de 505 euros la tonne (€/t) à 580 € en l’espace de quelques jours entre fin février et début mars. En cause, une situation spéculative sur fond de hausse du prix du gaz, qui a bondi de près de 50 % par rapport à la fin 2025, et de problèmes logistiques avec notamment la fermeture du détroit d’Ormuz. Celui-ci voit transiter environ un tiers des expéditions mondiales d’engrais, dont le soufre et l’ammoniac servant à la production d'urée, d’après le cabinet d’analyse Kpler. Cette hausse du prix de l’urée reste pour l’instant « fictive », car en date du 3 mars, les prix sont annoncés sans vendeur. « Il n’est pas possible de se fournir actuellement », confirme par exemple Vincent Guilhem, directeur général du négoce Cereapro.

La crainte d’un arrêt de production de l’urée

Les bateaux de gaz naturel liquéfié (GNL) sont également bloqués à l’entrée de ce détroit face aux menaces de représailles des dirigeants iraniens. Gaz et ammoniac sont indispensables à la fabrication d’engrais azotés, ce qui laisse craindre le ralentissement ou l’arrêt de la production d’urée dans les pays du golfe persique et en Egypte, selon un importateur d’engrais implanté en Europe.

Les agriculteurs qui doivent encore se fournir en engrais vont subir la hausse des prix ce printemps

Reste à savoir quelles conséquences cette situation va avoir pour les agriculteurs cette année. Selon plusieurs sources, leur taux de couverture en engrais azotés se situe entre 60 et 80 %. C’est surtout pour la fertilisation des cultures de printemps, maïs notamment avec l’urée, que la facture pourrait être salée pour les producteurs qui doivent encore se fournir en engrais. Sur le volet logistique et approvisionnement, la situation reste difficile à évaluer. D’après le grossiste en engrais, les importateurs ont constitué des stocks en fin d’année en prévision du MACF. Concernant l’urée, il reste malgré tout de la marchandise à importer pour couvrir les besoins, d’après les observateurs.

Quid des prix en morte-saison ?

Les regards vont ensuite rapidement se tourner vers la campagne de fertilisation suivante. Beaucoup d’incertitudes pèsent sur les prix de « morte-saison », entre mai et septembre qui, en moyenne, est la période de l’année où les prix sont les plus bas. Pas sûr que ce soit le cas cette année.

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