Pêche et nectarine : « Le bilan de saison est correct », selon Raphaël Martinez, directeur de l’AOP Pêches et Abricots de France
La saison 2026 des pêches et nectarines est marquée par des volumes élevés et une belle consommation. Attention cependant aux très nombreuses nectarines tardives.
« En pêche et nectarine, le bilan de saison est correct, correct étant un mot du vocabulaire agricole qui peut être interprété de différentes façons », a plaisanté Raphaël Martinez, directeur de l’AOPn Pêches et Abricots, lors d’une présentation, le 15 septembre au CTIFL de Balandran. La production de l’AOP est estimée en hausse, autour de 160 000 tonnes commercialisées (+7 % sur un an), avec une belle consommation et de très bons retours sur la qualité des produits.
Cette hausse n’est pas liée à de nouveaux adhérents. « Le volume de production des entreprises de l’AOP est sur une pente ascendante », a contextualisé le directeur. Les taux élevés de renouvellement du verger, autour de 7 ou 8 % il y a quelques années et de 5 ou 6 % actuellement, « amènent un verger jeune et productif, en particulier en fin de saison », a-t-il précisé.
Vigilance sur les volumes élevés de nectarines de fin de saison
Il y a cependant une source d’inquiétude sur les volumes : les nectarines tardives sont très (voire trop) nombreuses, surtout du côté des jaunes. « Si j’ai un conseil à donner, c’est de bien réfléchir avant de planter des nectarines de fin de saison, a déclaré Raphaël Martinez. Parlez-en à votre bureau commercial ou à votre organisation de producteurs si vous êtes en OP. »
Ces volumes pourraient poser problème à l’avenir, notamment en cas de météo défavorable à la consommation. « Cette année ça allait, mais s’il se met à pleuvoir au 15 août, les gens vont chercher des champignons et mangent des pommes », prévient Raphaël Martinez.
L’AOP n’en est toutefois pas à parler d’arrachage. « Sauf éventuellement à arracher pour replanter avec des variétés meilleures génétiquement notamment en nectarines blanches tardives », a précisé à Réussir Fruits et Légumes Muriel Millan, responsable technique de l’AOP.
La filière a moins souffert des canicules
Face aux canicules, la filière s’estime relativement chanceuse, la consommation ayant été stimulée. « Et les conséquences sur le verger sont moindres que chez d’autres espèces », juge Raphaël Martinez. Les piqueurs-suceurs ont cependant été dévastateurs.