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« Nous avons réaménagé le bâtiment pour la moitié du prix d'un neuf en Loire-Atlantique »

En Loire-Atlantique, Ludovic et Aurélie Coué ont préféré transformer l'ancienne stabulation pour installer des robots de traite et des logettes, plutôt que constuire un bâtiment neuf pour les laitières. Une solution qui a permis de limiter les coûts. 

« Quand Ludovic s'est installé en 2021, nous savions que nous allions bientôt nous retrouver plus qu'à deux car sa mère, salariée de l’élevage, approche de la retraite, explique Aurélie Coué, associée avec son mari. Nous avons donc décidé d’investir pour réduire la charge de travail et améliorer les conditions de travail. »

La stabulation, refaite en 1995, comportait une aire paillée de 600 m², une aire d’exercice, une fumière couverte au bout de la stabulation, une fosse de 400 m³ et une salle de traite deux fois six postes à décrochage automatique. « L’aire paillée, la fosse et la salle de traite étaient devenues trop petites, expliquent les éleveurs. Nous passions trois heures à traire, avec un travail pénible. Nous avons donc décidé de passer en traite robotisée et en système logettes, en réaménageant la stabulation existante pour une question de coût. »

Priorité au confort et à la circulation des vaches

La principale contrainte s'est révélée la largeur du bâtiment, de 14,90 mètres seulement, sur 100 mètres de long, complétée par une table d’alimentation de 4 mètres de large. « Il fallait loger deux robots et 136 logettes en trois rangées, précise Arnaud Jouet, conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. La circulation devait aussi être facile pour les vaches, critère essentiel de réussite en traite robotisée. Et il n’y avait pas de possibilité d’élargir, car le bâtiment est en limite de propriété d’un côté et les silos de l’autre côté ne laissent que le passage pour la distribution et le passage des engins. »

Fiche élevage

3 UMO, et 2 UMO en 2030

130 vaches laitières

1,3 million de litres de lait

200 ha de SAU dont 15 ha accessibles au pâturage des laitières

La longueur des logettes a donc été fixée aux seuils préconisés : 2,80 mètres pour les logettes simples bordées par un mur et 4,80 mètres pour les logettes en tête-à-tête. Le couloir arrière ne mesure que 2,90 mètres de large, contre plutôt 3,50 mètres quand on construit en neuf, largeur suffisante toutefois pour le passage d’un tracteur. Une attention particulière a été portée au confort des logettes. « Nous ne voulions pas que les vaches perdent en confort en passant de l’aire paillée aux logettes » expliquent les éleveurs. Leur choix s’est porté sur des logettes Cowflex, partiellement recouvertes de plastique, plus souple pour les vaches, avec une barre au garrot incurvée qui laisse plus de hauteur quand la vache se lève. Les logettes sont aussi équipées de matelas et de genouillères à eau.

Robot aspirateur à lisier

Avant d'investir, le couple a visité sept élevages équipés de robots de différentes marques et avec différents types de circulation. « Notre objectif était qu’une personne seule puisse s’occuper du troupeau. Nous ne voulions pas pousser les vaches. Avec le positionnement des abreuvoirs, des portes anti-retour et la pré-sélection par des portes de tri, il y a très peu de vaches en retard et seules les vaches à traire vont au robot, ce qui améliore la cadence de traite. »

L’emplacement des robots a été fixé avec Delaval, après le passage d’un géobiologue qui n’a pas noté de problème dans la stabulation. « Et dans le fond, après les robots, nous avons positionné une case d’isolement en logettes et une case d’isolement sur aire paillée, précise Aurélie. Les robots sont aussi proches de la laiterie existante qui a été conservée. Ainsi nous pouvons tout surveiller facilement. »

 

 
<em class="placeholder">Les éleveurs ne voulant pas de marches pour le confort des vaches, le sol est plat, un point indispensable pour le fonctionnement de l’aspirateur à lisier.</em>
Les éleveurs ne voulant pas de marches pour le confort des vaches, le sol est plat, un point indispensable pour le fonctionnement de l’aspirateur à lisier. © V. Bargain

Avec le changement de système, les éleveurs ont dû construire une fosse béton de 3 000 m³. Et ils se sont équipés d’un aspirateur à lisier. « Comme le bâtiment mesure 100 mètres de long et que la fosse est déportée de 20 mètres, cela faisait 120 mètres à parcourir, ce qui est trop long pour un racleur, expliquent-ils. Un aspirateur à lisier est aussi idéal pour racler les zones avec des recoins comme c’est le cas ici. » Le robot aspirateur, qui a nécessité la création d’une petite extension, se vidange au milieu du bâtiment dans un canal qui rejoint la fosse.

Gain en temps et confort de travail

« Tout se passe bien, assurent les éleveurs. Les vaches se sont vite habituées aux logettes et au robot. La production est passée de 28-30 kilos par vache par jour avant la transformation, à 34 kilos avec 2,7 traites quotidiennes par vache. Et nous avons beaucoup gagné en temps de travail et en pénibilité. » L’argent économisé par rapport à du neuf a aussi permis de construire un bâtiment pour loger 80 génisses et 20 vaches taries. « Les génisses étaient dehors toute l’année et nous devions louer un hangar à 3 kilomètres pour les fourrages, précisent les éleveurs. En aménageant la stabulation plutôt que de construire du neuf, nous avons pu investir 250 000 euros pour un bâtiment génisses et 80 000 euros pour un hangar à fourrages. »

Un investissement de 288 000 euros

Les travaux ont débuté par la création de la fosse, indispensable à la mise aux normes obligatoire pour déposer les demandes de subvention (PCAE). L’aménagement du bâtiment a débuté fin août 2022. Après curage et terrassement, le sol a été bétonné, mise à part la fumière qui l’était déjà. L’installation des logettes a été réalisée sur un mois par les éleveurs et un salarié du fournisseur. Deux ouvertures ont aussi été créées au fond de la stabulation, pour la sortie au pâturage. Les vaches sont rentrées dans les logettes en novembre 2022 et les robots ont été mis en route en avril 2023. Au total, la transformation du bâtiment a coûté 288 000 euros, sur lesquels l’EARL a perçu 43 000 euros d’aides PCAE. Un investissement auquel s'ajoutent 230 000 euros pour les robots.

Avis de conseiller : Arnaud Jouet, de la chambre d'agriculture des Pays de la Loire

« De plus en plus de demandes pour des aménagements de bâtiment »

 

 
<em class="placeholder">Arnaud Jouet, de la chambre d&#039;agriculture des Pays de la Loire</em>
© V. Bargain

« 80 % des installations de traite neuves se font aujourd’hui en traite robotisée. Avant 2020, les éleveurs construisaient du neuf et utilisaient les anciens bâtiments pour les génisses. Mais avec l’inflation, de plus en plus se tournent désormais vers le réaménagement de stabulations existantes. Ici, en comptant les robots, la construction d’un bâtiment neuf pour les vaches laitières aurait coûté environ 1,2 millions d'euros, alors que la transformation de la stabulation a limité le coût à 518 000 €. Le regroupement de tous les animaux et des fourrages sur le même site améliore les conditions de travail. En Pays de la Loire, des aides PCAE sont possibles pour les réaménagements, uniquement pour du matériel neuf. La charpente, la couverture et l’électricité doivent être réalisés par entreprise. Pour le reste, si l’éleveur réalise des travaux par lui-même, il peut demander des aides pour les matériaux. »

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