Maraîchage : Mieux suivre la dynamique des lépidoptères
Le projet Acompli explore la protection de quinze types de cultures contre les lépidoptères, dont la salade destinée à la IVe gamme. Les outils de piégeage sont au cœur du projet.
Le Caté, station d’expérimentation située à Saint-Pol-de-Léon dans le Finistère, travaille spécifiquement sur les choux à inflorescence et la salade dans le cadre d’Acompli (2025 - 2029), un projet Parsada porté par l’Unilet. En salade, c’est plus précisément les chenilles Helicoverpa armigera (aussi appelé héliothis) et Autographa gamma qui sont visées. Ces noctuelles semblent « remonter depuis le sud de l’Europe de façon plus précoce », soulignent Clémentine Saliou, ingénieure projets expérimentations, et Jeanne Bizien, apprentie ingénieure au Caté. Ce qui en fait des ravageurs désormais à suivre dans ce bassin de production.
L’évaluation d’outils de piégeage des insectes est un point essentiel du projet. L’étude va comparer l’efficacité de pièges à phéromones connectés à celle des pièges à entonnoir dits « classiques ». Deux pièges connectés sont testés avec des fonctionnements différents. Le Trapview est « doté d’une caméra qui se sert de l’intelligence artificielle pour identifier et décompter les lépidoptères sur une bande engluée », décrit Jeanne Bizien. L’autre outil est le piège à entonnoir CapTrap de Cap2020, doté d’infrarouges qui analysent l’empreinte de vol du papillon lorsqu’il entre dans le piège pour identifier et comptabiliser l’insecte ciblé. Les dénombrements sont consultables sur une interface Web pour les deux pièges.
Trouver des outils pour des comptages journaliers
Les premiers essais menés à l’été 2025 sont insuffisants pour tirer des conclusions. Mais des différences importantes d’attractivité et de dénombrement par rapport aux pièges classiques ont été observées. « Nous cherchons les causes de ces différences », explique Jeanne Bizien. « Les pièges permettant de surveiller les populations de ravageurs à distance et de façon journalière seraient une aide pour mieux anticiper afin d’intervenir au bon moment », souligne Clémentine Saliou. Le but est de disposer d’outils fiables parce qu’Acompli ambitionne la mise en place d’un « réseau d’épidémiosurveillance interfilières et supra parcellaire, en exploitant des données climatiques et agronomiques fines », indique la présentation du projet.
Il s’agit aussi de mieux cerner l’usage optimal des solutions alternatives aux phytos disponibles qui sont évaluées par l’un des autres volets de l’étude. Notamment le seuil d’intervention auquel il faut appliquer les traitements alternatifs sur les cultures. Le projet se déroule de 2025 à 2029.