Loire : les arboriculteurs du Jarez en ordre de bataille contre le vol
Avec le soutien de la préfecture et de la gendarmerie nationale, les arboriculteurs du Jarez (sud Loire), ont mis en place un plan d’action pour lutter contre le chapardage ou le pillage organisé de leur production.
Avec le soutien de la préfecture et de la gendarmerie nationale, les arboriculteurs du Jarez (sud Loire), ont mis en place un plan d’action pour lutter contre le chapardage ou le pillage organisé de leur production.
« Ne pas revivre une année aussi anxiogène que 2025 ». Jean-Charles Couzon, coassocié du Gaec des Vergers de la Chana, fonde de solides espoirs sur le dispositif mis en place par les arboriculteurs en partenariat avec la préfecture de la Loire et la gendarmerie nationale, pour faire face à une recrudescence des vols dans les vergers. Les cerises sont particulièrement ciblées : « c’est le premier fruit de l’année, c’est rouge, visible, appétent et le prix au kilo est élevé. Sur les 30/40 arboriculteurs du secteur, on en a bien 10 ou 15 qui ont été concernés par ce fléau, constate, amer, le producteur de Cellieu, notamment sur les parcelles de bord de route, faciles d’accès. »
Les profils des auteurs sont hétérogènes : des particuliers qui chapardent des petites quantités en feignant d’ignorer la loi ou de la délinquance organisée et structurée pour des récoltes massives et rapides et des reventes sur des circuits parallèles.
L’évaluation précise des dégâts n’est pas simple d’autant que le dépôt de plainte est loin d’être systématique car les producteurs sont parfois découragés par l’absence de suite judiciaire.
Une amende forfaitaire pour dissuader les auteurs pris en flagrant délit
Les auteurs pris en flagrant délit de vols « opportunistes » risquent désormais une amende forfaitaire de 300 euros, un outil répressif que les arboriculteurs espèrent dissuasif. Pour les vols en bande organisée ou avec circonstances aggravantes, les auteurs s'exposent à des poursuites devant le tribunal correctionnel pouvant aboutir à des peines d'emprisonnement et de lourdes amendes.
Lire aussi : Fruits d’été : une année de production normale en Europe et au Maroc, en melon, abricot et prune ?
« Le cabinet de la préfecture nous a promis de mettre la pression pour qu’il y ait des suites judiciaires à ces infractions », se félicite Jean-Charles Couzon.
Miser aussi sur des actions de prévention
Mais avant les punitions, les autorités ont donc décidé de monter en puissance sur la prévention contre ce fléau par un travail avec la profession (sécurisation des accès, réflexes d’alerte), l’invitation à la vigilance citoyenne des riverains, le renforcement et l’ajustement (au fil de la maturité des parcelles) des patrouilles de gendarmerie, y compris par des drones, et la mise en place d’une signalétique d’interdiction stricte inspirée des « plans huîtres » ou « plans vignes » mis en place dans d’autres régions afin de sanctuariser les exploitations durant la récolte.
Les arboriculteurs seront sur le qui-vive dans les semaines à venir. « On veut que cela soit bien géré. L’an passé, je me suis fait pourchasser par une bande de jeunes que j’avais pris en flagrant délit. On n’est pas là pour ça… », conclut le producteur.