Aller au contenu principal

Les règles se durcissent pour l’alimentation des porcs bio

En 2021, toutes les matières premières utilisées en élevage bio devront être certifiées AB. Le lien au sol minimum passera de 20 à 30%.

Des essais de pâturage conduits à la ferme des Trinottières montrent l’appétence des truies pour les légumineuses.

Au 1e janvier 2021 pour les porcs de plus de 35 kg, au 1e janvier 2025 pour les plus petits, l’alimentation devra être à 100% bio et avec 30% - au lieu de 20%- de lien au sol. Une évolution prévue de longue date, mais qui sera difficile à appliquer à cause de la forte progression du nombre d’élevages bio. Pour y répondre, les surfaces conduites en bio augmentent, mais moins vite en protéagineux que pour les autres cultures. La production de soja bio français reste bien insuffisante pour remplacer les tourteaux importés. En partant sur une projection, à échéance 2022, d’une hausse de 20% du cheptel porcin, soit 1,5% de la production nationale en AB, il faudra 150 000 tonnes d’aliments 100% bio. « La tolérance de 5% d’aliments non bio actuellement en vigueur est surtout utilisée pour apporter la protéine dont manquent les filières bio », rappelle Antoine Ronsard, de l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique). « Le passage à une alimentation entièrement sous cahier des charges bio, cumulée à cette hausse du cheptel, augmentera de 40 à 50% les besoins en tourteaux de soja ».

Sécuriser les approvisionnements en protéines

Le premier frein à l’utilisation de graines de soja produits localement est leur teneur en facteurs anti-nutritionnels. Pour les supprimer, les graines doivent être cuites, ce qui complique leur valorisation en circuits courts. L’Ifip a fait des essais d’incorporation de graines crues. " Les animaux les valorisent moins bien en début de croissance", explique Laurent Alibert de l’Ifip. « On peut aller jusqu’à 5% d’incorporation en engraissement sans trop pénaliser les performances ». Une des solutions consiste à n’utiliser qu’un seul aliment du sevrage à la vente. Cet aliment unique contient moins de tourteau de soja, mais plus de protéagineux. Si les performances baissent significativement en post-sevrage, il y a une certaine compensation après. « Avec 4 ou 5 jours d’engraissement de plus, les porcs charcutiers rattrapent leur retard pour arriver au même poids d’abattage, avec un TMP identique mais un coût alimentaire moins élevé de 3,8% par kilo de carcasse », chiffrent les chercheurs à l’issue de 2 essais.

Trouver d’autres ressources

En parallèle au développement de la sole en soja bio, l’autonomie nationale en protéines se gagnera en diversifiant les ressources et en valorisant des fourrages riches en protéines. Des essais de pâturage conduits à la ferme des Trinottières montrent l’appétence des truies pour les légumineuses. " Elles ont ingéré jusqu’à 2 kg de matière sèche", chiffre Florence Maupertuis, de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Ce pâturage a permis les mêmes performances avec 20% de concentrés en moins, sauf sur les 3 semaines avant mise bas durant lesquelles elles avaient une ration complète.

 

Pour les porcs charcutiers, c’est la piste de l’enrubannage de luzerne qui est explorée. Les lots non rationnés ont montré des GMQ élevés. « Il est possible de maintenir de bonnes performances avec un rationnement modéré, jusqu’à 10%, compensé par un apport de fourrage à bonne teneur protéique », souligne Stéphane Ferchaud, de l’Inra.

 

Pour une utilisation « en routine » de ces fourrages, il faudra évaluer leurs valeurs nutritives et leur digestibilité, sachant existe de grandes variabilités selon les conditions de cultures des fourrages. Ceci est vrai pour toutes les matières premières bio, dont les valeurs diffèrent souvent de leurs homologues conventionnels. « Le tourteau de soja bio est plus gras mais son rapport lysine sur MAT est inférieur au conventionnel, on ne sait pas pourquoi mais il faut en tenir compte dans la formulation » souligne David Renaudeau, de l’Inra.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Arnaud Abgrall (à gauche) et son équipe de salariés travaillant sur le site naissage. « Je suis présent sur le site tous les jeudis et vendredis .» </em>
« La communication avec mes salariés, c’est la clé dans mon élevage porc et lait »

Comment gérer une équipe de onze salariés répartie sur trois sites et trois ateliers porc, lait et cultures ? C’est le…

<em class="placeholder">Le surplus d&#039;énergie apporté par la granulation est plus élevé pour le maïs que pour le blé ou l&#039;orge.</em>
Formulation des aliments : chaque céréale réagit différemment à la granulation

La granulation des aliments apporte un bonus d’énergie différent selon la céréale incorporée. La prise en compte de cette…

<em class="placeholder">Une lumière traversante, allant du centre du bâtiment vers l’extérieur, change la perception des animaliers.</em>
Comment décloisonner un bâtiment porcin sur caillebotis intégral ?
Quelques astuces de conception permettent de donner une impression d’espace aux animaliers tout en conservant une coque de…
<em class="placeholder">Philippe Lirzin et son collègue Loïc Perrot ont testé le détecteur portatif G7c à la station de Crécom. « On travaille plus sereinement, notamment lors des week-ends ...</em>
Exposition aux gaz : un dispositif d’alarme travailleur isolé testé à la station porcine de Crécom

Le détecteur portatif G7c, proposé par GazDetect, et testé à la station de Crécom, assure un suivi à distance des travailleurs…

[VIDEO] Rentabilité : « Mon meilleur investissement est un siège rotatif pour faciliter les soins des porcelets »

A Plomodiern, dans le Finistère, l'EARL Gurvan Philippe utilise un siège rotatif lors des soins en maternité. Posé sur la…

sanglier / laie suitée / faune sauvage
Mieux connaître le sanglier pour protéger son élevage de porc

Le sanglier est une espèce cousine du porc un peu envahissante qui profite des ressources agricoles et peut transmettre des…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)