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La consommation du bio reprend mais il y a moins d’élevages de chèvres engagés

En 2025, la consommation bio repart à la hausse, mais le nombre d’élevages caprins engagés recule pour la première fois. Décryptage des dernières données de l’Agence bio.

Après plusieurs années compliquées, le marché bio retrouve de la vigueur. En 2025, la consommation globale a progressé de 3,6 % par rapport à 2024, pesant 12,6 milliards d’euros. Ce niveau traduit « un attachement plus important du consommateur » selon Laurence Hohn, directrice adjointe de l’Agence bio, qui présentait les derniers chiffres de l'agriculture bio le 16 juin dernier.

« La consommation repart à la hausse »

Cette reprise ne se limite pas à un effet prix : « le marché bio progresse en valeur mais également en volume, ce qui est une bonne nouvelle car ce n’est plus seulement le facteur prix qui permet une relance des ventes », explique Laurence Hohn. La dynamique touche tous les canaux de distribution, avec une hausse de 3,8 % de la vente directe : « aujourd’hui, 47 % des fermes bio vendent en direct », informe la directrice adjointe.

La grande distribution représente encore 46 % du marché et reste le premier canal de vente pour le bio, devant les magasins bio spécialisés. Ces derniers ont tout de même augmenté de 8,5 % pour atteindre une part de 30 % sur le marché. Dans le même temps, les produits laitiers frais repartent à la hausse, tandis que le lait liquide recule et que le fromage stagne. Néanmoins, « les produits laitiers représentent à eux seuls 6 % des exportations bio et ont augmenté de 9,6 % par rapport à 2024 », annonce Bruno Martel, président de l’Agence bio.

Des produits français dans les rayons bios

Les produits consommés en France restent très largement français. Selon Bruno Martel, « 72 % des produits bio consommés dans le pays sont produits en France ». Pour la crémerie, 98 % de la valeur de ces filières est produite sur notre territoire, les 2 % restants provenant de pays de l’Union européenne.

Bruno Martel insiste sur la nécessité de « transformer cet élan de consommation en dynamique de production ». L’enjeu, dit-il, est de « donner plus de visibilité au bio et de confirmer aux agriculteurs engagés qu’ils évoluent dans une filière d’avenir ».

Recul du cheptel caprin bio

Mais cette hausse de la consommation ne masque pas une réalité plus fragile du côté des troupeaux. En 2025, l’Agence bio enregistre « une baisse du nombre de fermes de 1,3 %, dans un contexte de baisse de 3 % des fermes au niveau national » explique le président. Pour la première fois, le nombre d’élevages caprins engagés dans l’agriculture biologique diminue : 5 % de fermes en moins et 7 % de chèvres en moins. On compte ainsi 1 556 fermes caprines engagées contre 1 639 en 2024, et 107 021 caprins bio ou en conversion contre 114 874 l’année précédente.

L’Agence bio explique en partie ce recul par une « mauvaise valorisation du lait de chèvre ». La part des cheptels bio à l’échelle nationale est de 11 %, contre 12 % en 2024. En Auvergne-Rhône-Alpes, 371 fermes engagées sont installées depuis plus d’un an, devant l’Occitanie avec 342 et la Nouvelle-Aquitaine avec 178. Les départements qui concentrent le plus de chèvres certifiées bio sont le Maine-et-Loire, l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. Si on regarde le nombre de fermes, ce sont la Drôme, l’Ardèche et les Alpes-de-Haute-Provence qui forment le trio de tête des départements caprins bios.

Rédaction Réussir

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