Gains économiques et réduction d’empreinte carbone vont de pair pour plus de 300 élevages bovin lait bretons
Après trois ans de projet Agri Bas Carbone, le GIE élevages Bretagne a présenté lors du Space les réductions potentielles d’empreinte carbone réalisées par les exploitations de vaches laitières engagées. Parallèlement, sont attendues de baisses de coûts grâce à l'optimisation de la conduite d'élevage. entre 2023 et 2025
Après trois ans de projet Agri Bas Carbone, le GIE élevages Bretagne a présenté lors du Space les réductions potentielles d’empreinte carbone réalisées par les exploitations de vaches laitières engagées. Parallèlement, sont attendues de baisses de coûts grâce à l'optimisation de la conduite d'élevage. entre 2023 et 2025
« Même s’il faut investir pour appliquer certains leviers, comme adhérer à un suivi de croissance des génisses, acquérir des colliers de détection de chaleur, etc., la réduction de l’empreinte carbone se traduit souvent par une optimisation de la conduite et donc des charges en moins. Dans les budgets partiels prévisionnels auprès de 331 exploitations spécialisées en lait, la médiane est ainsi à 25 000 euros de gain au bout de trois ans : 50% des éleveurs ont un budget partiel en hausse de plus de 25 000 euros et les 50% des autres éleveurs dégagent moins de 25 000 euros de gain, voire présentent des pertes », a présenté Jeanne Lichou, du GIE élevages de Bretagne, lors du Space 2026. Le projet breton Agri Bas Carbone qui a réalisé des Cap'2ER de niveau 2 et des plans d'action de réduction des empreintes carbone, arrive à son terme.
Baisse de 10% d'empreinte laitière
La baisse de l'empreinte environnementale est en moyenne de 10% pour le lait. Il s'agit d'une estimation à partir des plans d'action et Cap'2ER de niveau 2 effectués par 422 exploitations spécialisées lait. L'empreinte passerait ainsi de 0,89 kg eqCO2/l de lait à 0,80 kg à l'issue de cinq ans du plan d'action. Pour la viande de l'atelier lait, l'empreinte baisserait de 19% (9,99 à 8,04 kg eqCO2/kg de Poids vif).
Elles ont en majorité actionné les leviers qui permettent les baisses d’émission les plus élevées, c'est-à-dire ceux liés à la conduite du troupeau : réduire l’âge au premier vêlage (passage de 28 à 26 mois), augmenter la longévité des vaches et optimiser le taux de renouvellement (42% à 31%), améliorer la performance génétique pour augmenter le rendement laitier par vache notamment (8431 à 9514 l/VL/an), et améliorer les conditions de logement des animaux. Elles sont 27% à avoir choisi d'optimiser la consommation des concentrés (196 à 178 g/l), grâce à un travail sur la qualité des fourrages. Elles ne sont que 15% à avoir opté pour l'optimisation de la fertilisation et 11% pour l'augmentation de l'autonomie protéique et des légumineuses.
Pouvoir piloter les émissions de carbone
« Entre les objectifs au moment où les éleveurs s’engagent et les actions réellement mises en place, il y a un écart sur les kilos de CO2 réellement évités: rien ne se passe comme prévu à cause du contexte économique, sanitaire et climatique », résume Maëlle Gedouin, du Ceta Ouest, une association d’agriculteurs partenaire du projet breton Agri Bas Carbone, qui a engagé des éleveurs dans les appels à projet de réduction d’empreinte carbone et de rémunération des crédits carbone.
« En moyenne, l’objectif de réduction de l’empreinte carbone est quasiment rempli. 45% des éleveurs ont dépassé de 20% leurs objectifs quand d’autres n’ont pas pu mettre en place tout ce qui était prévu et ne sont qu'à 80% de leurs objectifs de réduction. »
Elle relaye une attente forte des éleveurs : « Ils voudraient pouvoir faire le point chaque année sur leur trajectoire, pour éviter de naviguer à vue. L’idée serait de faire un Cap2’ER de niveau 1, plus rapide, pour pouvoir faire le point et relancer des actions. »
Enfin, une déception est que le dispositif de vente de crédits carbone orchestré par France Carbon Agri ne fonctionne plus, faute d’acheteurs. La rémunération des efforts de réduction de l’empreinte carbone passe aujourd'hui par les primes carbone des laiteries.