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Fraise : la qualité de pulvérisation enfin étudiée

Constatant un manque de références sur la qualité de pulvérisation en fraiseraies hors sol, le CTIFL a étudié la quantité et l’homogénéité des dépôts pour différents modes d’application.

<em class="placeholder">Test de qualité de pulvérisation dans une serre de fraise hors sol.</em>
La qualité de pulvérisation obtenue avec différents matériels d'application a fait l'objet de peu de mesures en maraîchage jusque-là.
© CTIFL

« L’augmentation des solutions de biocontrôle, dont le mode d’action principal est par contact, rend encore plus indispensable la précision d’application », introduit Justine Garnodier, ingénieure d’expérimentation fraisier au CTIFL. Pourtant, peu de données existent sur la qualité de pulvérisation en maraîchage. Une étude menée de 2022 à 2024 par le CTIFL a donc cherché à comparer la quantité et l’homogénéité des dépôts de différents matériels d’application et de différents réglages en fraiseraies hors sol.

Les dépôts d’une solution colorante d’un mouillage représentatif de ce qui est pratiqué en fraisiculture hors sol ont été relevés pour quatre zones des plants et aux stades début de végétation (DV) et pleine végétation (PV) de fraisiers plantés à une densité de 10 plants par m2. Quatre modes d’application ont été étudiés : robot de serre, nébulisation, atomiseur et rampe.

 

<em class="placeholder">Des dépôts variables selon le matériel d&#039;application</em>

« La période pleine végétation représente 70 % de la durée du cycle et 90 % des traitements », souligne Justine Garnodier. Les dépôts mesurés à ce stade montrent de forts écarts selon les équipements, allant jusqu'à 80 % entre l’atomiseur, le plus performant, et le nébulisateur, qui l’est le moins.

Une meilleure pénétration à 4,1 km/h qu'à 2,4 km/h en robot

Logiquement, le dépôt moyen par unité de surface se réduit avec la croissance de la plante car certaines zones deviennent plus difficiles à atteindre. Dans l’essai, la réduction est de 25 % entre le début de végétation et la pleine végétation pour l’atomiseur et de 34 % pour la rampe. Une diminution est aussi constatée pour le robot mais beaucoup plus forte avec un avancement à 2,4 kilomètres par heure (59 %) qu’à 4,1 kilomètres par heure (31 %), sachant que les dépôts sont identiques en stade de début de végétation. Augmenter la vitesse du robot améliore donc la pénétration du produit. « Le robot n’est pas un outil qui brasse de l’air contrairement à l’atomiseur. Une plus grande vitesse fait bouger la végétation et permet au produit de mieux rentrer dans des zones moins accessibles », analyse Justine Garnodier. Si l’on peut en conclure qu’il faut augmenter la vitesse pour traiter en stade pleine végétation, « il faut maintenir un mouillage identique et changer les buses pour augmenter le débit », souligne l’ingénieure. La quantité de produit par litre a été doublée dans l’essai. L’effet vitesse crée une différence inverse pour l’atomiseur mais l’écart n’est pas significatif. « Il faudrait renouveler l’essai avec davantage de répétitions », pointe Justine Garnodier. La réduction du dépôt mesurée selon la distance de nébulisation n’est pas non plus significative.

Viser une bonne adéquation produit-outil

L’étude a également cherché à classer les matériels selon la quantité de dépôt et l’homogénéité des dépôts dans la végétation. Faut-il privilégier un équipement qui assure beaucoup de dépôt mais une forte variabilité potentielle ou moins de dépôt mais une répartition plus homogène ?

Le réglage et le type d’outils sont à raisonner selon l’effet recherché, détaille Justine Garnodier. Pour un produit de contact, on cherchera la méthode d’application avec le résultat le plus homogène. L’atomiseur serait de ce point de vue le plus intéressant car il divise par deux la variabilité par rapport au robot. « Le robot offre un niveau de variabilité important avec peu de dépôt sur la face inférieure des feuilles », note l’ingénieure. Cela pourra convenir pour un produit systémique. Traiter la présence de pucerons suppose en revanche une méthode efficace pour déposer du produit au cœur de la plante.

« Les résultats peuvent aussi expliquer les problèmes de manque d’efficacité des produits de contact », signale Justine Garnodier. Mais d’autres études sont à mener pour définir ce qu'est un dépôt suffisant et le lien entre dépôt et efficacité.

<em class="placeholder">Mesure de dépôt suite à une pulvérisation dans une fraiseraie hors sol.</em>
L'expérimentation a utilisé une solution colorante et mesuré les dépôts à plusieurs endroits des plants. © CTIFL

Mieux cerner l’efficacité de la pulvérisation

Un nouveau projet de recherche sur l’efficacité de la pulvérisation a débuté le 1er novembre 2025 pour 42 mois. Il s’agit du projet Casdar Camelia (Caractérisation et AMélioration de la qualité et de l’Efficacité de la puLvérIsAtion). Il va se pencher sur la fraise et la tomate en sol et hors sol. Il caractérisera les dépôts de différentes pratiques de pulvérisation chez les producteurs puis cherchera à améliorer les dépôts via de nouveaux matériels et/ou réglages pour optimiser la qualité de pulvérisation. Enfin, il évaluera l’intérêt sanitaire, agronomique, environnemental et économique de deux stratégies de pulvérisation. Autour du CTIFL (porteur), Invenio, l’Aprel, le Caté, Vegenov et l’Inrae en sont partenaires.

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