En Corrèze, six élevages bovins allaitants testent les boucles électroniques
Depuis un an, un projet porté par la chambre d’agriculture de Corrèze teste l’intérêt des boucles électroniques dans six élevages bovins allaitants. Les pesées et les tâches réglementaires sont explorées, ainsi que d’autres usages en lien avec le logiciel de gestion de troupeau Baoba.
Depuis un an, un projet porté par la chambre d’agriculture de Corrèze teste l’intérêt des boucles électroniques dans six élevages bovins allaitants. Les pesées et les tâches réglementaires sont explorées, ainsi que d’autres usages en lien avec le logiciel de gestion de troupeau Baoba.
En Corrèze, la chambre d’agriculture mène depuis juillet 2025 une expérimentation sur les usages des boucles électroniques en élevage bovin allaitant. Le projet BOV’in Tech rassemble cinq élevages et le lycée agricole Edgard Pisani de Naves.
« Plusieurs hypothèses d’études sont évaluées », présente Karine Demichel, responsable de l’EDE à la chambre d’agriculture de Corrèze. « D’abord, le recours à la boucle d’identification officielle RFID permet-il un gain de temps significatif lors de la pesée des animaux (tous systèmes de bascules confondus) ? Facilite-t-il le suivi administratif et réglementaire de son cheptel ? Et enfin, entraîne-t-il un gain économique pour l’exploitation ? »
Des boucles électroniques ont été posées sur les veaux de l’année à partir de 2025, et les éleveurs équipés chacun d’un bâton de lecture avec Bluetooth (environ 700 euros, et il en existe de moins chers).
Des chantiers plus fluides favorables au bien-être animal
La première cible du projet étant les éleveurs adhérents au contrôle de performances VA4 qui cherchent une simplification de la pesée – chantier assez lourd. « Les attentes, a priori, sont de libérer du temps au technicien pour le conseil, sécuriser les données afin de limiter le risque d’erreur, gagner du temps sur le chantier », liste Stéphane Lescure du Gaec Sagne Lescure, à Perpezac-le-Noir, en Corrèze, éleveur et président de Bovins croissance Corrèze. « On a mesuré sur notre troupeau de 200 vêlages qu’avec les boucles électroniques, la pesée dure trois heures maintenant, au lieu de quatre auparavant. » L’éleveur a été surpris par la rapidité d’exécution. Il apprécie l’effet positif sur le bien-être des animaux, grâce à des manipulations en installations de contention plus fluides et plus rapides, ainsi que sur le travail de l’éleveur qui est facilité et présente moins de risques. « C’est génial de ne plus avoir à lire cette boucle à l’œil. On voit mieux nos animaux pendant l’opération de pesée, avec toutes les données sous la main. Cela aide à bien les trier. » Il est pour l’instant équipé d’un bâton de lecture, mais projette d’installer un lecteur fixe de boucles sur sa bascule qui, il lui semble, en lui libérant une main, va encore améliorer l’ergonomie du chantier de pesée. Les boucles électroniques sont couplables avec tout type de bascules des plus anciennes (romaines) aux plus récentes.
Logiciel de gestion de troupeau accessible et ergonomique
Dans le cadre du projet BOV’in Tech, un travail est en cours avec les éleveurs du groupe sur la valorisation des données en élevage bovin allaitant tout en veillant à ce que les éleveurs gardent la maîtrise de leurs données. L’utilité de la boucle électronique sera moindre si elle n’est pas associée à un logiciel de gestion de troupeau accessible et ergonomique. Le choix s’est porté pour ce projet sur le logiciel Baoba. La déclaration des naissances se fait déjà en deux gestes par exemple : l’éleveur scanne la boucle et boucle son veau, point barre : la déclaration de naissance suit automatiquement. Le carnet sanitaire est également saisi très simplement en lisant avec le bâton de lecture les boucles des animaux du lot en quelques secondes et en saisissant la nature du traitement.
« On teste aussi des usages qui vont au-delà du réglementaire », explique Sébastien Soulié, éleveur de limousines et président de l’EDE de Corrèze. Gestion des données de diagnostic de gestation, IA, lots de monte naturelle et lots de pâturage… « On en découvre au fil du projet. » Par exemple, il existe sur le marché des pistolets de traitement connectés à la boucle permettant de délivrer une quantité automatiquement ajustée aux besoins de l’animal.
Un intérêt évident pour le groupe d’éleveurs du projet
« Nous sommes partis du constat qu’en Corrèze, une seule exploitation allaitante sur 2 400 était équipée de boucles électroniques, avec une valorisation encore limitée de cette technologie. Bien que la boucle RFID soit normalisée, son utilisation n’est pas obligatoire. Face aux enjeux de modernisation des exploitations, d’attractivité du métier, de diminution de la main-d’œuvre disponible, ainsi qu’à la perspective d’une éventuelle évolution de la réglementation, il nous est apparu essentiel d’anticiper en travaillant dès aujourd’hui sur cette technologie. L’objectif est d’accompagner les élevages allaitants dans leur adaptation aux défis actuels et futurs », présente Karine Demichel de la chambre d’agriculture de Corrèze. Pour le groupe d’éleveurs engagés dans le projet, le surcoût des boucles électroniques est très relatif (quelques dizaines de centimes par bovin) par rapport à d’autres frais d’élevage alors que les gains économiques potentiels sont évidents.