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Orientations stratégiques
Consommation et un vrai plan décennal : les chantiers prioritaires de la filière fruits et légumes en 2021

Interfel, Aprifel et le CTIFL ont présenté les grandes orientations 2021 de la filière fruits et légumes frais. Hausse des achats en 2020, tassement de la consommation en bio, nécessité d’un vrai soutien des Pouvoirs Publics…. Tous ces enjeux ont été abordés.

Interfel, Aprifel et le CTIFL présentent les grandes orientations 2021.
© Capture d'écran - FLD/Interfel

Lors des traditionnels vœux à la presse de la filière fruits et légumes, cette année le 26 janvier en visioconférence, Laurent Grandin, président d’Interfel, Christel Teyssèdre, présidente d’Aprifel, et Jacques Rouchaussé, président du CTIFL, ont souhaité une année 2021 dans laquelle la consommation poursuive sa hausse et surtout un « vrai soutien, notamment financier, des Pouvoirs publics, pour un véritable Plan des fruits et légumes frais sur dix ans ».

Consommation : des signaux encourageants en 2020

Seul un tiers des adultes français respectent les recommandations du PNNS en matière de fruits et légumes mais la consommation affiche une tendance à la hausse ces dernières années. Selon les données du Crédoc, la consommation de fruits et légumes frais et transformés se situe à 360 g/personne en 2019. Les chiffres de Freshfel confortent cette tendance : la consommation apparente de fruits et légumes (frais uniquement) se situe à 323 g en 2018 (363 g pour la moyenne européenne), une hausse significative de 5,1 % par rapport aux cinq années précédentes (2013-2017).

Légère hausse de la consommation européenne de fruits et légumes frais mais à  nuancer

« La progression de la consommation est certes insuffisante au regard des recommandations de l’OMS 400 g) mais elle est réelle, ce qui montre bien que les actions et notre mobilisation payent, se réjouit Laurent Grandin. Il y a encore du chemin, il faut poursuivre nos efforts. » Selon FranceAgriMer, en 2019 les volumes achetés avaient déjà progressé de 1 %, un rebond après des années en retrait, et 2020 devrait aussi afficher une hausse. « Entre nos campagnes de promotion “Cuisinez maison” et surtout les confinements et les émissions culinaires, les Français ont davantage cuisiné, ce qui a joué positivement sur la consommation des fruits et légumes », analyse Laurent Grandin. Le panier moyen a aussi été plus important en 2020.

Interfel estime cette hausse entre 4,5 et 5%, selon la correction après prise en compte des volumes de la RHD -ce segment, en baisse de 50 % en raison de la crise, ne représente que 10% de la consommation totale donc l’impact sur la consommation globale devrait être limité.

En bio, la demande se tasse

La filière alerte cependant sur un éventuel tassement de la consommation en bio. Alors que la tendance était dynamique ces dernières années, +7 à 8% par an, la consommation en 2020 ne serait en croissance « que » de +5 %. « Elle serait même en baisse de 1 % pour le troisième trimestre, précise Laurent Grandin. Ce ralentissement serait lié à la crise économique et à la baisse du pouvoir d’achat à venir suite à la crise Covid, qui aurait un impact notamment sur le bio. Ce point d’alerte car en parallèle nous avons des volumes de production attendus en hausse dès 2021, de nombreuses exploitations ayant achevé leur période de conversion. » Interfel annonce avoir alerté les Pouvoirs publics pour qu’ils aident à l’adéquation entre l’offre et la demande sur le marché.

Une hausse des prix en 2020

2020 a aussi été marquée par une hausse des prix de détail, environ 13 %. Une hausse qui s’explique par, d’une part, la tendance de montée en gamme réclamée à la filière par les Pouvoirs Publics (HVE, origine France, labels, le bio qui coûte 30 à 50 % plus cher…) mais aussi conjoncturellement par, d’une part la crise Covid-19 qui a, en première partie d’année, pesé sur la chaîne d’approvisionnement (tensions logistiques, fermeture des frontières) et dont  « les surcoûts ont été répercutés raisonnablement sur le consommateur », et d’autre part sur les conditions climatiques de plus en plus impactantes et qui cette année ont entraîné par exemple un déficit dans l’offre de fruits d’été.

Chèque alimentaire, programme Fruits à l’école : cibler les populations les plus précaires

L’idée d’un chèque alimentaire orienté vers les produits frais pour les populations les plus défavorisées, que Aprifel et Interfel soutiennent depuis longtemps, est donc plus que jamais une priorité. Christel Teyssèdre, présidente d’Aprifel, insiste : « C’est aujourd’hui une urgence et un enjeu de santé publique lorsqu’on sait que la prévalence de l’obésité est 1,5 fois plus importante dans les populations défavorisées qui sont sous-consommatrices de fruits et légumes. »

Par ailleurs, concernant le programme Fruits et Légumes à l’école, dont la France n’utilise pas les fonds (18 M€), Laurent Grandin annonce que des propositions pour transformer ce plan ont été faites aux Pouvoirs Publics, notamment pour une « re-régionalisation » et pour « cibler dans un premier temps les populations les précarisées en se basant le quotient familial ».

Un plan d’actions sur dix ans

Ecologie, compétitivité, cohérence territoriale…. Nous avons besoin d’un vrai plan d’actions décennal, basé sur le plan de filière et le plan de relance, résume Laurent Grandin. La priorité : mise en valeur des métiers de la filière insuffisamment reconnus ; appui à la transformation de la filière, notamment par des investissements des Pouvoirs Publics pour promouvoir la HVE, la poursuite de l’appui à l’international ; soutien à la recherche expérimentale et technique pour soutenir la transition écologique.

Et aussi….

2021, année internationale des Fruits et Légumes

La filière sera au rendez-vous de l’année internationale des Fruits et Légumes de la FAO. « C’est une année hyper importante pour valoriser ce que la filière fait déjà », souligne Jacques Rouchaussé, président du CTIFL. De nombreuses actions sont prévues, dont « des food truck qui sillonneront la France en avril » ou des actions en juin pour promouvoir l’équilibre alimentaire et la lutte contre le gaspillage alimentaire. La filière sera soutenue par un ambassadeur dont le nom sera dévoilé mi-février.

En 2021, Aprifel revient dans les écoles

En 2021, Aprifel, créée le 31 mars 1981, fêtera ses 40 ans. L’Agence prévoit aussi une présence accrue dans les écoles : avec des kits pédagogiques, une présence sur le digital, et, si les conditions sanitaires le permettent, des animations par les diététiciens d’Aprifel, autour de l’équilibre alimentaire.

Emballage : bientôt un compromis « acceptable » ?

Laurent Grandin, président d’Interfel : « Nous avons été interrogés par le CNA sur la question des emballages qui n’est pas encore réglée. Mais on espère pour bientôt un compromis acceptable. D’autant qu’en parallèle, des discussions sur le sujet ont été engagées au niveau européen. Il faudrait une décision globale européenne et non pays par pays. »

 

 

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