Chaulage : pas d'impasse pour la betterave, sensible à l'acidification des sols
Le pH du sol doit être particulièrement surveillé avec la culture de betterave. L'optimum se situe entre 7 et 7,5 pour cette espèce, d'où la nécessité de chauler les sols régulièrement. Les écumes de sucrerie font l'affaire le plus souvent.
Le pH du sol doit être particulièrement surveillé avec la culture de betterave. L'optimum se situe entre 7 et 7,5 pour cette espèce, d'où la nécessité de chauler les sols régulièrement. Les écumes de sucrerie font l'affaire le plus souvent.
La betterave fait partie des cultures « allergiques » aux sols acides. Pour cette espèce, l’optimum de pH se situe entre 7 et 7,5. Heureusement, la majeure partie du bassin de production de la betterave sucrière est constituée de sols plutôt alcalins. « Mais tous les ans, nous sommes témoins de symptômes d’acidité dans certaines parcelles qui manquent de chaulage d’entretien, rapporte Rémy Duval, agronome à l’ITB. Cela se traduit par des plants qui végètent, un rougissement en bordure des feuilles, un port un peu dressé. On parle alors de betterave un peu "au garde-à-vous". »
Dans les zones de production, les sols limoneux sont les plus sensibles aux phénomènes d’acidification. « Les hivers et printemps pluvieux peuvent générer une acidification de surface, sur l’horizon 0-10 centimètres où les jeunes plantes sont en train de s’enraciner après les semis, observe Rémy Duval. Il y a des conséquences pour des sols où le pH est déjà limite, entre 6,5 et 7. Il peut descendre à 6 en surface après des pluies importantes. » Cette baisse de pH favorise aussi la battance et le ralentissement du ressuyage du sol.
Des écumes de sucrerie en guise de produit chaulant
Chez la majorité des agriculteurs betteraviers, la pratique du chaulage d’entretien est bien ancrée. Comportant du calcaire fin et avec une valeur neutralisante (VN) de 250 unités par tonne, les écumes de sucrerie constituent des produits d’amendement intéressants. « Leur apport tous les cinq ans suffit généralement à maintenir un pH suffisamment haut pour la culture de betterave. Mais il faut faire des analyses de sol tous les cinq ans pour au moins surveiller ce paramètre du sol, préconise le spécialiste de l’ITB. Un pH descendant en dessous de 7 devra alerter l’agriculteur. Il est alors conseillé de faire un chaulage avant la prochaine betterave sans attendre trop longtemps. »
Après un chaulage, l’ingénieur conseille un apport de bore sur betterave. « Le carbonate tend à bloquer le bore et induit les carences en cet élément », explique-t-il.