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Avec le réchauffement climatique, prévoir plus de stock fourrager de qualité

Face à l’incertitude climatique, constituer des stocks tampon devient une condition de résilience des élevages. L’objectif est de passer de trois à six mois, voire un an, de stock d’avance pour anticiper les coups durs. La réalisation d’un bilan fourrager permet d’y voir plus clair.

<em class="placeholder">Stockage du foin</em>
À la vue des aléas climatiques de plus en plus nombreux, il peut être intéressant d’investir dans un nouveau bâtiment de stockage de fourrage.
© D. Hardy

Avec des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles, il devient essentiel pour les éleveurs de chèvres de prévoir plus largement sa trésorerie fourragère. En zone de plaine, on visera quatre à six mois de stock fourrager en plus. En zone de prairies naturelles, les recommandations vont jusqu’à dix mois voire un an de stock fourrager.

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Les années avec aléa climatique verront le stock d’avance diminuer et, si on cumule plusieurs années difficiles, l’éleveur peut même se retrouver sans stock d’avance. Il est donc essentiel de suivre l’évolution de ses stocks fourragers au cours de l’année en fonction des besoins de son troupeau. Pour cela, un bilan fourrager réalisé en août après les coupes du printemps et de l’été permettra d’évaluer la quantité de fourrage produite sur l’exploitation et de comparer celle-ci aux besoins alimentaires du troupeau. Pas de problème si la production fourragère est conforme aux prévisions. Mais si la production est inférieure aux attentes et que les conditions automnales s’annoncent sèches, il faudra prévoir des achats complémentaires de fourrage.

Classer la qualité de fourrage

Une fois la quantité de fourrage assurée, il est essentiel d’évaluer sa qualité. Les analyses de fourrage permettent de déterminer avec précision la valeur nutritive des aliments distribués aux chèvres et d’ajuster les rations en conséquence. Ces analyses permettent de classer le fourrage en trois niveaux de qualité : excellente, moyenne ou insuffisante. « Cette étape est cruciale pour vérifier si les stocks de fourrage de qualité sont suffisants pour l’année, ou s’il est nécessaire d’envisager des achats complémentaires », insiste Caroline Sauvageot de l’Institut de l’élevage.

Ensuite, une fois le stock de fourrages et sa qualité évalués, il faut répartir la distribution des fourrages le mieux possible pour donner le meilleur fourrage aux chèvres quand elles sont en lactation et donner le moins bon quand elles ont des besoins plus faibles (tarissement, fin de lactation).

Un plan de trésorerie à ajuster

En parallèle du bilan fourrager, il est essentiel de caractériser les coupes effectuées sur les différentes parcelles, en tenant compte du mode de récolte, du type de coupe, de la nature, du poids et de la qualité. La qualité se joue dès le champ. Enregistrer les conditions météorologiques lors de la récolte ainsi que le stade de récolte permettra d’estimer la qualité produite. Idéalement, on organisera les hangars de stockage en fonction de la qualité des bottes ou des coupes. L’association du suivi des récoltes, de la qualité des coupes, des quantités de fourrages disponibles et du plan de distribution des fourrages permet de définir le programme d’alimentation.

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Le bilan fourrager du mois d’août est une photographie à un instant donné entre l’offre et la demande. Il faudra ensuite suivre mois par mois l’adéquation entre les besoins théoriques des animaux et les fourrages réellement consommés, grâce à un plan de trésorerie fourragère pour pouvoir réagir si les chèvres ont plus ingéré de fourrage que prévu et réajuster si besoin.

Lire aussi : Ces éleveurs s’adaptent au changement climatique

Adapter son chargement

Si l’on n’a pas le souhait ou la possibilité d’acheter du fourrage, il faudra adapter le nombre d’animaux à la surface disponible. Le chargement se raisonne en fonction du potentiel de production fourragère des terres. En zone de plaine, pour un système pâturant, il est recommandé d’avoir un chargement de cinq à six chèvres par hectares. Pour un système avec des stocks (non pâturant) en zone de plaine, on vise plutôt sept à huit chèvres par hectare. En zone de prairies naturelles avec un potentiel fourrager moindre, le chargement adapté est plutôt de trois à cinq chèvres par hectare.

Gérer votre trésorerie fourragère pour anticiper les aléas climatiques

Une plaquette de deux pages explique l’importance de réaliser un bilan fourrager.

La plaquette est à télécharger sur idele.fr/CapClimatTerritoires/

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