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SIA 2026
Au salon de l’agriculture, Fermes d’avenir appelle à financer le « second métier » des agriculteurs

L’association Fermes d’avenir propose sa méthode d’évaluation des coûts d’entretien des biens communs par les agriculteurs aujourd’hui très peu rémunérés. Depuis le salon de l’agriculture, elle sollicite les acteurs territoriaux et industriels de l’agroalimentaire pour qu’ils s’en emparent et revoient leurs soutiens aux agriculteurs.

Marion Enzer, directrice générale de l’association Fermes d’avenir, sur le stand de Max Havelaar au salon de l'agriculture 2026.
Marion Enzer, directrice générale de l’association Fermes d’avenir, le 21 février sur le salon de l’agriculture;
© Nathalie Marchand

« Le premier métier des agriculteurs est de produire, mais leur deuxième métier qui consiste à entretenir les biens communs, comme les fossés, les haies, les prairies, la biodiversité du sol…, n’est pas reconnu et ils ne sont pas rémunérés pour ça », avance Marion Enzer, nouvelle directrice générale de l’association Fermes d’avenir, samedi 21 février sur le salon de l’agriculture. « Il s’agit d’une injustice économique et structurelle », poursuit-elle. 

Implanter des couverts végétaux d’hiver sur 50% d’une SAU de 120 hectares peut représenter au départ pour l’agriculteur un surcoût de 2400 à 3200 euros par an 

« Implanter des couverts végétaux d’hiver sur 50% d’une SAU de 120 hectares peut représenter au départ pour l’agriculteur un surcoût de 2400 à 3200 euros par an », illustre la directrice générale de Fermes d’avenir. L’association du groupe SOS s’est donnée pour mission de soutenir les fermes agroécologiques (450 aujourd’hui sur tout le territoire). En ce jour d’ouverture du salon de l’agriculture dont la thématique phare est « générations solutions », elle présente sa solution pour évaluer et financer les pratiques de préservation des biens communs par les agriculteurs.

Lire aussi : « La performance en agriculture est encore trop souvent uniquement jugée à l’aune du volume de production », alertent dix agronomes

Calculer les coûts liés au second métier des agriculteurs avec la comptabilité écologique CARE

Pour évaluer les coûts liés à l’entretien des biens communs, « nous avons développé un programme d’application de la méthode de comptabilité écologique CARE », explique Marion Enzer. Le principe de cette méthode : chiffrer ce qui devrait être fait (dans l’idéal pour garantir l’atteinte de bons états écologiques des biens communs) puis ce qui est déjà fait (pratiques déjà mises en œuvre sur la ferme) et ce qu’il reste à faire (dette écologique de la ferme en fin d’exercice comptable). 

Lire aussi : Fermes d’Avenir : un concours pour les fermes agroécologiques en région Auvergne-Rhône-Alpes avec 4 000 € à la clé

Une expérimentation réalisée sur 10 fermes bretonnes avec la FNCuma

Avec la FNCuma, Fermes d’avenir a expérimenté sa méthode auprès de 10 fermes bios et conventionnelles en bovin lait en Ille-et-Vilaine. « L’expérimentation a montré que pour préserver les biens communs, les fermes devraient débourser en moyenne 150 000 euros par an et par exploitation : aucune ferme n’est en capacité de supporter l’entièreté de ces coûts seule ! », résume la directrice de Fermes d’avenir. L’expérimentation conclut aussi que si les agriculteurs supportent déjà seuls l’équivalent de 100 000 euros par ferme en moyenne par an, leur « dette écologique » s’élève en moyenne à 50 000 euros par an.

Les territoires et acteurs privés appelés à faire le diagnostic de leurs soutiens à l’agriculture

A partir de ce constat, l’association vient de mettre en place un programme, nommé FinBEE (financer les bons états écologiques) qui vise à permettre aux acteurs territoriaux (collectivités, agences publiques, agences de l’eau, acteurs des filières agricoles, banques) de se saisir de la comptabilité écologique pour repenser leurs actions de soutien aux agriculteurs.

« La méthodologie a déjà séduit une grande marque de l’industrie agroalimentaire qui nous a demandé de la déployer à l’échelle des fermes de sa filière » indique Marion Enzer. L’association aimerait trouver un territoire ou une filière pour tester la démarche à grande échelle.

Lire aussi : Sur quel montage juridique original repose « la Ferme de l’Envol » qui produit 200 tonnes de légumes sur une ancienne base aérienne ?

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