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Atteindre un IFT oïdium nul en viticulture grâce au soufre

Le vigneron champenois Vincent Bérèche, installé à Ludes dans la Marne, priorise pour ses vignes les produits naturels comme le soufre et le cuivre.

Vincent Bérèche a fait de l'optimisation des produits phyto une priorité. Action qu'il valorise quand il est au contact des consommateurs avec son frère. © X. Delbecque
Vincent Bérèche a fait de l'optimisation des produits phyto une priorité. Action qu'il valorise quand il est au contact des consommateurs avec son frère.
© X. Delbecque

Avec un IFT hors biocontrôle qui dépasse rarement les 10, Vincent Bérèche fait figure d’exception en Champagne, où la moyenne régionale est à 22. Son credo, c’est notamment l’utilisation de produits naturels. En intégrant le groupe Dephy en 2012, le vigneron avait déjà supprimé les herbicides en revenant progressivement au travail du sol, et remplacé les traitements insecticides par la lutte en confusion sexuelle. La démarche environnementale était lancée. « Mais nous savions qu’il y avait encore une marge de progrès sur les fongicides, estime Vincent Bérèche. Intégrer ce dispositif était aussi une façon de prouver que la réduction des phytos, ça marche. » En l’occurrence, la protection fongique est essentiellement basée sur l’utilisation de cuivre et de soufre. Pas question en revanche de basculer sur une certification en bio, pour ne pas s’interdire une solution chimique en cas d’impasse. « De manière générale, je gère le mildiou avec des cuivres à doses réduites autant que possible, et un encadrement de fleur avec un produit systémique haut de gamme selon l’année, pour sécuriser le programme et donc la production », explique le vigneron. Contrairement aux viticulteurs bio, son utilisation de cuivre est ainsi plus faible lors des années difficiles que lors des campagnes à faible pression. Il en utilise en moyenne 3 kg par hectare. L’oïdium quant à lui est entièrement géré à l’aide de soufre, ce qui fait une protection contre ce parasite à IFT nul. Et comme pour le cuivre, la pleine dose n’est pas systématique. « Bien positionné, on tient une campagne avec du soufre sans problème », estime-t-il.

Le DPAE a amélioré la performance de la pulvérisation

Le Champenois avoue avoir eu un léger raté en 2012, alors que la pression était forte et qu’il s’était davantage focalisé sur le mildiou. « Mais rien de dramatique, nous avons multiplié les poudrages après. Depuis, on maîtrise mieux et on fait plus attention : les chardonnays sont poudrés systématiquement », précise le vigneron. Vincent Bérèche porte également une grande attention à l’observation. Non seulement il est souvent dans les parcelles, mais en plus il s’appuie sur un conseiller viticole indépendant, l’ingénieur du réseau Dephy, les recommandations de l'interprofession et l’outil météo qu'elle propose. « C’est primordial quand on veut jouer sur les doses, assure-t-il. Avoir les comptages permet souvent de relativiser et d’être plus sûr de soi. » Son calendrier de traitement est donné à la chambre d’agriculture et au consultant, mais il est également regardé lors de l’audit pour la certification HVE. « Cela aussi aide à baisser les doses : si les calendriers étaient publics on traiterait moins ! », considère-t-il. Autre aide précieuse : le pulvérisateur à jet porté acquis en 2012, équipé du débit proportionnel à l’avancement électronique (DPAE). « J’avais besoin d’être plus performant sur la pulvérisation pour pouvoir baisser les doses, explique-t-il. L’option DPAE n’est pas très onéreuse et permet d’être plus serein : le traitement est régulier et il n’y a pas de raté dans la protection. »

repères

La SARL Bérèche et fils

Surface 9,5 hectares

Appellation AOC champagne

Cépages pinots meunier et noir, chardonnay

Commercialisation vente directe (export 75 %)

Mode de culture conventionnel

 

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