Atouts confirmés de la luzerne déshydratée pour l’élevage caprin
Des essais récents montrent que la luzerne déshydratée présente des atouts pour produire plus de fromages de chèvre. Retour sur la conférence de presse annuelle de la section luzerne de le coopération agricole.
Des essais récents montrent que la luzerne déshydratée présente des atouts pour produire plus de fromages de chèvre. Retour sur la conférence de presse annuelle de la section luzerne de le coopération agricole.
17 % des luzernes déshydratées commercialisées en France sont consommées par des caprins. Lors de la conférence de presse annuelle de la section luzerne de La coopération agricole, Honoré Labanca, responsable R&D à Luzerne de France, a présenté les essais menés au lycée de Davayé (Saône-et-Loire) dans lesquels ont été comparé le lait et les fromages issus de 30 chèvres recevant soit de la luzerne déshydratée, soit de la fétuque déshydratée. La différence d’ingestion était notable avec 640 grammes de luzerne déshydratée ingérés en plus, de même que la production laitière avec un demi-litre supplémentaire par chèvre pour le lot recevant la luzerne déshydratée (1,8 litres vs 2,3 litres). De quoi, selon Luzerne de France, produire 100 grammes de fromage en plus par jour et par chèvre et compenser ainsi le surcout de l’aliment. A la fromagerie de Davayé, l’analyse sensorielle en début d’affinage a montré des fromages moins crémeux et plus piquants avec la luzerne mais ces tendances peuvent s’estomper avec l’affinage.
Moins de carbone pour la luzerne française
Deuxième producteur européen de luzerne déshydratée derrière l’Espagne, la France a produit 725 000 tonnes de luzerne déshydratée sous forme de granulés ou de balles l’an dernier. Les coopératives de luzerne déshydratée s’affichent comme « productrices d’aliment bas carbone » en mettant en avant les importants efforts pour décarboner la déshydratation de la légumineuse. Ainsi, 23 des 24 usines ont abandonné les énergies fossiles au profit de la biomasse (plaquettes forestières ou réseaux de chaleur urbains). « Nous avons sécurisé notre approvisionnement énergétique, ce qui nous rend moins vulnérables aux chocs géopolitiques », explique Olivier Morand, agriculteur dans la Marne et président de Luzerne de France.
Les légumineuses fixent l’azote et le carbone
Une étude conduite avec l’Inrae a également permis de préciser la fixation de carbone dans les sols : 1,7 tonne de carbone stocké par hectare et par an, soit l’équivalent de 6,7 tonnes de CO₂, soit plus par exemple que le colza. En permettant la fixation dans le sol de l’azote atmosphérique, la luzerne est aussi davantage à l’abri des tensions internationales sur l’approvisionnement en engrais. Enfin, la luzerne déshydratée se positionne comme une solution pour la souveraineté alimentaire de la France. « Nous contribuons à réduire la dépendance de l’Europe aux tourteaux de soja importés », rappelle Pierre Bégoc, directeur général de Désialis.
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