Vos vaches ruminent-elles suffisamment ?

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Voici une bouse épaisse à l’aspect compact (note entre 3 et 4). Elle fait un bruit sourd en tombant au sol. Elle apparaît très chargée en fibres et présente des grains non digérés. Si on la tamisait, il resterait 50 % du volume en résidus. Le cratère central présente un aspect luisant. On peut se demander si la vache ne manque pas d’eau ou d’éléments fermentescibles. Crédits : © E. Bignon
Pour aller plus loin, on peut aussi tamiser les bouses. Prenez trois poignées de bouses fraîches sans paille, et lavez au jet dans une passoire jusqu’à l’obtention d’un résidu « propre ». L’objectif est d’atteindre une boule qui se tient, représentant un tiers du volume initial. Vous repèrerez ainsi facilement s’il reste des grains ou pas. Crédits : © E. Bignon
Si vous apercevez des zones brillantes à l’auge, interrogez-vous : est-ce normal ? Ces parties luisantes sont dues à des frottements répétés liés à un mauvais réglage. Ici la hauteur du bas des cornadis est trop haute (72 cm alors que la recommandation est à 63 cm avec un cornadis incliné). Observez les points d’usure des cornadis. Ce n’est pas le métal qui doit briller, mais le poil des vaches ! Attention aussi aux situations à risque à l’auge et éviter les zones contondantes. Crédits : © BCEL-Ouest
Que suggère le filet de fourrages sur la table d’alimentation ? Les fourrages sont-ils encore accessibles ? Il est logique de trouver un tel filet à un moment de la journée, mais pas trop longtemps. Pour améliorer l’accessibilité, la table d’alimentation doit être surélevée de 15 cm par rapport aux pieds des vaches. Jouez aussi sur l’inclinaison des cornadis pour faciliter la préhension de la ration. Une inclinaison de 10° augmente la surface accessible à l’auge de 20 %. Crédits : © Bcel-Ouest
Cette bouse est un peu trop flasque (note 2). Elle éclabousse légèrement en tombant. De couleur plus jaunâtre, elle présente quelques morceaux de grains non digérés. Elle témoigne de déviations fermentaires et d’un déséquilibre de la ration en énergie/azote entraînant un transit plus rapide. Surveillez la rumination et revoyez peut-être l’équilibre azote-énergie. Crédits : © E. Bignon
Le creux du flanc forme un triangle (note 2). La peau revient à l’intérieur sous les apophyses transverses. Cette vache n’a pas suffisamment mangé. Crédits : © E. Bignon
ENTOURER LES ZONES BRILLANTES?Si vous apercevez des zones brillantes à l’auge, interrogez-vous : est-ce normal ? Ces parties luisantes sont dues à des frottements répétés liés à un mauvais réglage. Ici la hauteur du bas des cornadis est trop haute (72 cm alors que la recommandation est à 63 cm avec un cornadis incliné). Observez les points d’usure des cornadis. Ce n’est pas le métal qui doit briller, mais le poil des vaches ! Attention aussi aux situations à risque à l’auge et éviter les zones contondantes. Crédits : © BCEL-Ouest
Voici une belle bouse (note entre 2 et 3), de couleur plutôt brune avec un petit cratère au centre. Elle tombe en faisant un léger « clap ». Elle présente un bel aspect circulaire et une bonne consistance : ni trop dure ni trop molle. En marchant dessus, l’empreinte de la botte se devine encore mais ne reste pas intacte. C’est la bouse typique que l’on recherche avec un troupeau à cinq mois moyen de lactation. La ration est visiblement bien digérée. Crédits : © E. Bignon
ZOOMER SUR LA TETE DE LA VACHE. COMPTEZ LE NOMBRE DE COUPS DE MÂCHOIRE par bol de rumination sur 10 à 15 % des vaches. Si la vache rumine bien, il est compris entre 60 et 75. En dessous de 60 coups de mâchoire, la vache ne rumine pas suffisamment (manque de fibrosité de la ration, déséquilibre azote-énergie, mauvaise répartition des repas…). Et au-delà de 75 coups de mâchoire par bol, la rumination est excessive pour une vache en lactation (excès de fibrosité, acétonémie sub-clinique ou défaut d‘ingestion de concentrés…). Crédits : © E. Bignon
PETITE PHOTO AVEC DES RONDS ROUGES SUR LES LESIONS AU COU. FACU Attention aux lésions causées par les frottements sur barres métalliques. Pour la hauteur de la barre au garrot, il faut viser 1,25 m des pieds des vaches pied au-dessous de la barre pour éviter. Crédits : © Bcel-Ouest

Distribuer une bonne ration, c’est bien, mais faire en sorte qu’elle soit bien consommée, c’est mieux ! Pour que les vaches mangent beaucoup de petits repas et ruminent sereinement, l’alimentation doit être facilement accessible (une place par vache à l’auge) et appétente (retrait les refus). Les vaches ont un goût et un odorat très prononcé. Le fait de distribuer et DE repousser régulièrement la ration les incite à revenir manger et limite le volume des repas, ce qui contribue à maintenir un pH ruminal plus stable.

Les bouses sont le reflet de la digestion

« Les bouses permettent d’apprécier l’efficacité de la transformation de la ration, avance Johann Cariou de BCEL-Ouest. À l’échelle du troupeau, on s’intéresse à l’homogénéité des bouses entre les animaux. Et, à l’échelle individuelle, on évalue la consistance, la couleur, la présence de grains, de fibres, de bulles… ». Une vache bouse environ 20 fois par jour et génère l’équivalent de 50 à 60 kg par jour (5 kg MS/j). Y a-t-il une bouse idéale ? Observez-les de près et reportez-vous aux grilles d’évaluation.

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Le remplissage du rumen, un bon outil de monitoring de l’ingestion

Le rumen d’une vache adulte contient 150 à 200 litres. Facile à observer au quotidien, le remplissage du rumen s’observe sur le flanc gauche de la vache lorsque celle-ci est debout, deux heures après la distribution de la ration. L’objectif est que 30 jours après le vêlage, une vache obtienne un score supérieur à 3. À l’échelle individuelle, ce critère permet de détecter les animaux qui ne mangent pas assez (chaleur, état de forme, stress…). « Si plus de 20 % des vaches ont un remplissage du rumen insuffisant (score inférieur à 3), posez-vous la question de la disponibilité de la ration, de la compétition à l’auge, de l’appétence de la ration, de l’accès à l’eau…, avance Johann Cariou de BCEL-Ouest. Des notes de remplissage hétérogènes peuvent témoigner de la compétition à l’auge. « Pendant les périodes de transition, l’évaluation de la panse permet de juger de la notion de distribution à volonté. En période de pâturage, il peut aider aussi à juger la taille et la durée des repas si les vaches sont complémentées à l’auge. »

 
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