Malgré des disponibilités réduites, le marché de l'actuelle campagne tarde à démarrer et les prix à se consolider. La distribution mettrait actuellement la pression sur le négoce.
Viniflhor et le ministère de l'Agriculture ont situé respectivement à 43 et 43,7 millions d'hectolitres le volume de la vendange 2008 (voir notre dernier numéro) soit la plus petite récolte depuis 1991. Le stock à la propriété, encore en cours d'évaluation, devrait pour sa part se situer autour de 35,7 Mhl contre 37,1 l'an dernier, le stock négoce (comme à l'issue de la campagne 2006-2007) étant sans doute proche de 20 Mhl. En attendant que tous ces chiffres soient officiellement confirmés, on peut donc compter d'ores et déjà sur un approvisionnement modique du marché pour la deuxième campagne successive.
Ce devrait être un facteur d'empressement des acheteurs et de fermeté des prix. Pourtant, comme le constatait le dernier conseil de direction vins de Viniflhor jeudi dernier, les ventes de vins de la nouvelle récolte, en vin de table, de pays et VQPRD, sont en net retrait par rapport à celles de fin octobre 2007. Les prix sont certes fermes, supérieurs à ceux de l'an passé, même période, mais ils passent mal auprès du négoce, lui-même bloqué au niveau de la distribution. Celle-ci invoque la difficulté de faire admettre des hausses de prix par les consommateurs qui tirent plutôt leurs achats vers le bas ; et ce n'est pas, semble-t-il, un mauvais prétexte de la part de la grande distribution pour faire pression sur ses fournisseurs, mais bel et bien une évolution du comportement du chaland.
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Est-ce structurel ou conjoncturel, lié à la baisse du pouvoir d'achat ? En tout cas, les médiocres bilans des dernières foires aux vins viennent corroborer la tendance décrite par les enseignes. Par ailleurs, la consommation taxée constatée en fin de campagne dernière fait apparaître un recul de 1,1 %pour l'ensemble des vins, les VQPRD progressant de 1,4% mais les autres vins régressant de 4 %. Depuis le début des années 90, le marché intérieur diminue de 190 000 hectolitres chaque année.
Outre cet examen de la conjoncture, le conseil a examiné la mise en œuvre de l'OCM vin, demandant que le texte d'application français de la directive communautaire soit rapidement publié, en s'en tenant à la stricte observance de cette directive. L'administration française a souvent tendance à en faire trop, ça se vérifie dans bien d'autres secteurs.
Viniflhor a rappelé que les demandes d'arrachage portent sur 22 643 ha, dont la moitié risquent de ne pas pouvoir être satisfaites. Les professionnels ont souhaité que soient trouvées des solutions pour les nombreux producteurs qui seraient écartés de cette mesure ; mais, d'une façon générale, le fait que les autorisations d'arrachages soient limitées présente un aspect positif dans la mesure où des arrachages trop nombreux contribuent à la détérioration du potentiel viticole français.