Les textes d’application de l’autorisation du traitement de la vigne par drone ont été publiés au Journal officiel le 31 mai dernier. Mais ils rendent l’utilisation du drone en pulvérisation quasi impossible pour la campagne 2026.
Cadre de la loi concernant les traitements de la vigne au drone
Une loi sur les drones de traitement de la vigne qui "manque d’ambition"
Les textes d’application de la loi n° 2025-365 du 23 avril 2025 autorisant les traitements par drone sur vignes à 20 % de pente ou plus sont enfin sortis. Mais ils s’accompagnent d’une douche froide pour les opérateurs. « C’est une loi qui manque d’ambition », fustige Augustin Navarranne, directeur associé d’Agribio drone. Et pour cause : si, à l’origine, la technologie de pulvérisation présente sur les drones agricoles de traitement devait être la plus efficiente du marché pour réduire la dérive, il doit à présent s’agir de manière exclusive de buses antidérives figurant sur une liste.
Tous les drones porteurs du marché sont équipés de gicleurs rotatifs
Ces drones agricoles équipés de gicleurs rotatifs sont, selon Adel Bakache, conseiller en agroéquipements à la chambre d’agriculture de la Gironde et spécialiste de la pulvérisation par drone, bien plus efficaces pour réduire la dérive lorsqu’ils sont bien utilisés. « À 300 microns, on n’a pratiquement plus de dérive, sans avoir les problèmes de bouchage des buses antidérives », nous confiait-il il y a quelques mois. « Cela signifie que cette année, personne ne pourra traiter de vignes au drone, regrette Augustin Navarranne, pas même avec de l’Exployo Vit, où la question de la dérive ne se pose pas. »
Plusieurs cuivres et soufres autorisés pour le traitement de la vigne par drone
Au niveau des produits, de nombreuses formulations sont heureusement autorisées (voir plus bas pour le détail). Citons les bouillies bordelaises : Caffaro, Manica, RSR Disperss ; le Champ Flo Ampli, l’Airone SC, l’Héliocuivre, les Kocide, le Maniflow, les Nordox, le Lumière, le Limocide, l’Armicarb, ou encore de nombreux soufres comme l’Héliosoufre, le Microthiol Special Disperss ou Liquide.
Autre précision, la distance ZNT cours d’eau est de 10 m minimum, la DSPPR de 20 m minimum, ou la distance prévue par l’autorisation d’exploitation, la plus grande des deux s’appliquant. Le drone ne doit pas voler à plus de 3 m au-dessus des vignes, ne doit pas dépasser 18 km/h et ne pas peser plus de 200 kg.
Comment obtenir l'autorisation de traiter les vignes au drone ?
Pour avoir recours au drone, il convient de déposer une demande au moins 2 mois avant la première application via le téléservice du ministère de l’Agriculture https://demarche.numerique.gouv.fr puis de remplir un dossier comprenant de nombreux items, tels que la durée du programme, la commune et les coordonnées GPS de la parcelle, les produits souhaités, etc. L’autorisation est délivrée pour une durée maximale de 5 ans.
Avec toutes ces contraintes, il y a fort à parier que les traitements par drone ne pourront réellement débuter qu’en 2027. Fin 2027, Bruxelles devrait également aboutir sur l’un des paquets Omnibus dédié à la sécurité alimentaire, qui autoriserait l’utilisation des drones lors des traitements…
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MICROTHIOL SPECIAL DG | OIDIASE 80 | THIOVIT PRO | KOLTHIOR | THIOVIT GAZON
Soufre
VELOURS
Soufre
VISUL GD 80
SOLFO CER | AZUMO GD
Soufre
VISUL WG
SOLFO SM | MICROSOUFRE WG | SUFREA QUICK | AZUMO WG
Soufre
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KASHMIR | AUDITORIUM | CERASULFUR
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TIVESTY | AQUICINE DUO | NIREDIS DUO
Soufre | Phosphonates de potassium
CONSERVE
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FYCILIA
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SUCCESS 4
MUSDO 4 | NEXSUBA
Spinosad
SUCCESS VD
MUSDO VD | MATCHPOINT | ONEUP | STATIC
Spinosad
SYNEÏS APPÂT
Spinosad
TRACER 24 SC
MEZALID | BELARIA
Spinosad
De nombreuses informations doivent être renseignées dans le dossier d’autorisation d'application par drone
Le nom et les coordonnées de la personne morale ou physique demanderesse ;
Les nom, prénom, coordonnées et fonctions de la personne désignée par le demandeur comme responsable du programme ;
Les nom, prénom et coordonnées des décideurs de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques pour le compte desquels les applications sont effectuées ;
La culture visée par le programme d’application ;
La durée envisagée pour le programme ;
La commune et les références cadastrales ou les coordonnées GPS des parcelles dont le traitement est projeté ;
Les éléments justifiant que la parcelle sur laquelle l’application est projetée relève des unités culturales éligibles ;
Le calendrier prévisionnel des applications avec l’indication des périodes de réalisation des traitements, de leur nombre ou de leur fréquence ;
Les produits phytopharmaceutiques dont l’utilisation est projetée ;
Le certificat individuel pour l’utilisation à titre professionnel des produits phytopharmaceutiques mentionné à l’article L. 254-3 du code rural et de la pêche maritime pour les personnes qui manipulent les produits phytopharmaceutiques et pilotent l’aéronef circulant sans personne à bord ;
Le cas échéant, l’agrément prévu au II de l’article L. 254-1 du même code pour les applications réalisées par un prestataire de service ;
Le cas échéant, le rapport d’inspection du matériel de pulvérisation attestant de la validité du contrôle périodique obligatoire et comportant la mention « pulvérisateur en bon état » ;
La marque, le modèle et la masse maximale au décollage de l’aéronef ;
Les moyens mis en œuvre pour réduire la dérive de pulvérisation ;
L’autorisation d’exploitation d’un aéronef sans équipage à bord prévue à l’article 12 du règlement (UE) 2019/947 susvisé.