Le référendum d’initiative partagée (RIP) permet de soumettre une proposition de loi au référendum si elle est soutenue par au moins 185 parlementaires et 10% des personnes inscrites sur les listes électorales (soit 4,7 millions). Le 2 juillet, un projet de « référendum pour les animaux » a été lancé à l’initiative du journaliste Hugo Clément et plusieurs chefs d’entreprise. La pétition fait polémique.
« S’articulant autour du bien-être animal, ce projet de référendum demande la remise en question de plusieurs pratiques qui concernent l’agriculture ou la chasse : interdiction des élevages à fourrure, sortie de l’élevage intensif, interdiction des spectacles avec animaux sauvages ; fin de l’expérimentation animale ; disparition de l’élevage en cages ; interdiction de la chasse à courre, du déterrage et des chasses traditionnelles », précise l’Action agricole picarde.
Ne pas « amplifier la fracture entre ruraux et urbains »
Dans la Somme, le projet est dénoncé notamment par Christian Gricourt, aujourd’hui retraité de la Fédération des chasseurs de la Somme où il était en charge de l’informatique, puis de la communication. Depuis trois semaines, le spécialiste du domaine cynégétique et chasseur passionné s’est lancé un défi : « adresser lui aussi à chacun des parlementaires français une lettre-type dans laquelle il explique pourquoi et comment cette proposition de référendum vient amplifier la fracture entre ruraux et urbains », détaille le journal picard. « Chaque jour, il envoie entre dix et quinze courriers, suivant l’ordre alphabétique de la liste des parlementaires ».
« En qualité de député des Hautes-Alpes », le nouveau secrétaire d’Etat à la Ruralité, Joël Giraud, nommé le 27 juillet, soutient l’initiative du RIP sur les droits des animaux. Christian Gricourt soutient pour sa part que la chasse « s’effectue dans un cadre précis, encadré par la loi », rapporte encore l’Action agricole picarde. Il demande de « repousser cette initiative qui entraînerait une fracture de la société française et aurait évidemment un impact économique très important ».
Bien-être animal: recours de L214 contre la «cellule Demeter» de la gendarmerie L'association L214 a déposé le 31 juillet un recours contre la «cellule Demeter» créée par les autorités pour lutter contre les « atteintes au monde agricole», y voyant une entreprise d'«intimidation» à l'encontre des militants dénonçant l'élevage industriel. « Il y a une volonté de nous intimider », a déclaré à l'AFP (Agence France Presse) Brigitte Gothière, cofondatrice de l'association antispéciste qui a publié des dizaines de vidéos dénonçant les conditions d'élevage, de transport et d'abattage des animaux. Elle demande la dissolution de la cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole, ou « cellule Demeter », créée par la gendarmerie à l'automne 2019, ainsi que la résiliation d'une convention signée en décembre entre le ministère de l'Intérieur et les syndicats agricoles majoritaires FNSEA et Jeunes agriculteurs. Cette cellule et cette convention ont pour objet, selon les mots du ministre de l'Intérieur d'alors Christophe Castaner, « de mieux protéger nos agriculteurs », notamment contre les intrusions dans les élevages. « J'ai demandé que l'antispécisme soit un des axes prioritaires du renseignement », expliquait-il en décembre.