Pour leur conférence de presse de rentrée, les Jeunes agriculteurs ont présenté un livre blanc contenant une trentaine de propositions pour lutter contre les aléas climatiques. Parmi les mesures phares, la création d’un impôt aléa climatique, à l’instar de celui mis en place à la suite de la sécheresse de 1976.
« Un été catastrophique » résume Loïc Scalabrino, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, en introduction de la conférence de presse de rentrée du syndicat, tenue à Paris le 31 août 2026. Au cours de la réunion, Loïc Scalabrino et Jocelyn Dubost, président du syndicat ont présenté la trentaine de propositions issues de leur livre blanc pour faire face aux aléas climatiques. Parmi elles, une phare : la mise en place d’une « contribution générale sur l’impôt », non sans rappeler l’impôt sécheresse instauré en 1976.
L’objectif de cette contribution : « accompagner les investissements structurants pour les prochaines années », développe Jocelyn Dubost, qui cite notamment l’adaptation des bâtiments d’élevage ou le matériel d’irrigation. Concernant le montant pour les Français, les deux élus syndicaux ne donnent pour le moment pas de « prix fixe ». « Il faut attendre d’avoir une idée des chiffres réelspour connaître les besoins du secteur », justifie Loïc Scalabrino. Aussi, cet impôt concernerait les conséquences et l’adaptation aux aléas climatiques d’un point de vue « agricole comme non agricole ». Et pourrait ainsi accompagner des particuliers en cas de pertes, par exemple lors de canicules, tempêtes, incendies ou inondations.
C’est d’ailleurs sur ce point et sur la temporalité de cette taxe que leur proposition diffère de l’impôt sécheresse de 1976. S’il y a 50 ans, la taxe avait été exceptionnelle et limitée à un an, celle des JA pourrait, elle, s’étendre dans le temps pour effectuer des travaux d’anticipation. Reste à faire accepter cette proposition aux élus, mais aussi à la population : « On sait qu’en 1976, ça n’a pas été facile. Il y a eu un vrai clivage entre le monde agricole et les autres », pointe le président des JA.
Quelles mesures le syndicat des Jeunes agriculteurs proposent-ils ?
Dans leur livre blanc, le syndicat détaille d’autres mesures sociales et d’aide à la trésorerie pour venir en aide aux agriculteurs face à la sécheresse à court terme :
La prise en charge des cotisations MSA par l’État
Le dégrèvement total de la TFNB (taxe sur le foncier non-bâti)
Le relèvement du plafond de l’épargne de précaution à 80 000 € entièrement exonéré
Des prêts garantis par l’État à taux 0 % pour les installés de moins de cinq ans
La suspension des contrôles
Le gel des fermages et une révision du calcul de leur indice
D’autres mesures à long terme ont également été avancées :
Un « droit d’agir en période de tension », d’un point de vue réglementaire, pour adapter les pratiques sans attendre de dérogations, et les justifier a posteriori
Une réforme de l’assurance récolte via « un fonds mutuel intégré » couvrant l’ensemble des aléas sanitaires comme climatiques
Une adaptation de l’assurance prairie avec la prise en compte de données de terrain et de la qualité du fourrage
L’accélération des projets autour de la gestion de l’eau : stockage, infiltration et réutilisation des eaux usées
La limitation des possibilités de recours à une saisine du Conseil d’État
Les deux élus ont finalement exprimé leurs attentes pour leplan sécheresse qui doit être présenté par Annie Genevard ce jeudi 3 septembre : « Nous souhaitons du concret et du rapide. Pas uniquement des projets de lois ». Le syndicat a également rendez-vous le 14 septembre avec Sébastien Lecornu, en vue d’un éventuel plan de relance évoqué par le Premier ministre dans un entretien accordé au Parisien.