Suicide des agriculteurs : en mission parlementaire, le député Olivier Damaisin donnera ses conclusions en septembre
« En 2019, il y a un agriculteur chaque jour qui se donne la mort en France », affirme Edouard Bergeon, réalisateur du film « Au nom de la terre », lors d’une interview Brut.
En 2015, la MSA (mutualité sociale agricole) comptabilisait 605 suicides, plus d’un par jour, dont 274 chez les plus de 65 ans. Face à la hausse du nombre de suicide dans cette profession, le gouvernement lance en mars 2020 une mission interministérielle pour prévenir et accompagner les agriculteurs en difficulté. Cette mission nationale est confiée au député du Lot-et-Garonne, Olivier Damaisin.
Le député Olivier Damaisin (LaREM) a indiqué ce 31 juillet à Agra Presse que la mission interministérielle qu’il conduit depuis mars sur le mal-être et le suicide des agriculteurs prendra fin «autour du 20 août» et qu’il remettra officiellement son rapport au Premier ministre «courant septembre». «Il faut vraiment que le côté humain soit remis en place», a insisté le député. Parmi les pistes de réflexion envisagées: mieux connecter les dispositifs de soutien existants grâce à un référent départemental; conforter les vétérinaires dans leur rôle de lanceur d’alerte; améliorer la communication des experts comptables ainsi que de la MSA sur le dispositif Agri’écoute; et renforcer l’aide au répit.
« Depuis mars, j’écoute les familles, les syndicats, les professionnels. Le confinement nous a obligés à réaliser des visioconférences mais le côté positif, c’est qu’on a pu échanger avec encore plus de monde que si je m’étais déplacé dans toute la France », raconte Olivier Damaisin dans une interview du journal Ouest France. Son rôle est de faire l’état des lieux du mal-être paysan et de proposer des pistes de prévention au suicide agricole. Les résultats seront publiés fin août.
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Le 23 juillet, Olivier Damaisin a rejoint Laurence Maillart-Méhaignerie, député d’Ille-et-Vilaine. Ils sont allés à la rencontre d’agriculteurs, d’associations et d’autres acteurs de la filière agricole pour échanger et recueillir des témoignages du mal-être que certains subissent.
L’une de leurs rencontres rennaises « commence à relever la tête », confie l’élue au journal Ouest France. « Les dettes s’accumulaient. C’est la banque qui a réussi à faire entendre au monsieur qu’il fallait qu’il se fasse aide ». Olivier Damaisin prône la politique des 3R : « Repos, recul, réseaux ». « C’est ce qu’on a vu ce matin », affirme Laurence Maillart-Méhaignerie.
Edouard Bergeon raconte l’histoire de son père agriculteur
Le 25 septembre 2019, Edouard Bergeon sort son film « Au nom de la terre ». Guillaume Canet incarne le rôle d’un agriculteur à bout, qui tomba dans « une dépression dont il n’a pas pu se relever », témoigne Edouard Bergeon. Cette histoire est celle de son père. Dans une interview Brut., le réalisateur raconte à son tour son histoire. « Vous êtes menottés. (…) Ce n’est pas parce que vous brulez, qu’on peut s’arrêter ! Derrière, il y a les emprunts. Il y a tout ce qu’il faut rembourser. (…) On ne pouvait plus s’arrêter. On cherchait toujours des productions différentes ou des manières de faire différemment pour rembourser les crédits qu’on avait, tout simplement. »