Sécheresse : pulvériser de l’éthanol sur les vignes, un futur remède ?

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Les effets de la sécheresse pourraient être limités par l'utilisation d'éthanol dans les vignes. Crédits : © X. Delbecque

Des travaux préliminaires tendent à montrer que l’éthanol, en pulvérisation ou en irrigation, pourrait bien accroître la résistance à la sécheresse des vignes. Une aubaine pour les vignerons !

Quel est le contexte de recherche ?

En 2005, Christian Chervin, enseignant-chercheur à AgroToulouse, a tenté de voir si la molécule d’éthanol, proche de celle de l’éthylène, pouvait stimuler la maturation des vignes. Il a seulement noté que les baies de raisin étaient un peu plus grosses, sans qu’il n’y ait de suite à ses travaux.

En 2022, une équipe de chercheurs japonaise a publié une étude montrant que l’éthanol avait la faculté de stimuler la résistance à la sécheresse sur le riz, le blé et Arabidopsis thaliana. Christian Chervin s’est donc remis au travail en 2024, avec Jean-Christophe Payan, de l’IFV.

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Quels sont les effets potentiels de l’éthanol ?

Selon les conclusions de la publication japonaise, l’éthanol induit une fermeture partielle des stomates des végétaux traités. Christian Chervin, de son côté, a testé en laboratoire une irrigation à 1,4 % d’éthanol sur des boutures de vignes et a observé une plus grande résistance au déficit hydrique qui a suivi (28 jours). Sur les vignes en place de l’IFV, une pulvérisation d’éthanol à 10 % a entraîné une moindre baisse du potentiel hydrique foliaire en période de stress hydrique.

À quel stade en est-on et quelles sont les perspectives d’utilisation en viticulture ?

Les chercheurs ont remporté un appel à projets du programme toulousain Tiris, et vont pouvoir approfondir les recherches, en association avec l’IFV, l’Institut AgroMontpellier et BordeauxSciencesAgro. Le but étant de comprendre les mécanismes sous-jacents, mais surtout de tester tous les paramètres pour définir les modalités d’application au vignoble. Christian Chervin exhorte d’ailleurs tous les instituts à s’emparer du sujet. « Le plus on est, le plus vite on trouve ! », argumente le chercheur. L’éthanol, que l’on trouve déjà en quantité dans nos chais, pourrait aussi avoir un effet sur le botrytis, selon d’anciennes expérimentations du CTIFL en raisin de table.

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