À dix ans déjà, « les vaches c’était mon truc, surtout les Aubrac ». Quel meilleur défenseur de cette race que Sébastien Broussard ? Plus de trente ans que cet éleveur s’est installé dans la ferme familiale et est toujours resté fidèle à ces belles aux yeux noirs. Car « les Salers sont plus gentilles mais trop calmes ». Et moins adaptées au climat et au sol de la commune de Chambon-le-Château, en Margeride, face aux gorges de l’Allier. Là où « il a fallu que les anciens se battent » pour réintroduire une race qui avait disparu.
Une production avant tout destinée au marché local Habitué des intempéries d’altitude, la vie d’éleveur de Sébastien Broussard a été mouvementée. Avec son père, son exploitation a traversé « tous les épisodes des années 2000, les maladies, les variations de prix » raconte Sébastien Broussard. Des difficultés qui ne l’ont pas empêché d’expérimenter et de se tourner, bien avant leur démocratisation, vers les circuits courts. Abattue à Langogne, la viande de son élevage fournit ainsi directement la boucherie du village de Chambon-le-Château et alimente également la cantine de l’école. Un soin particulier est apporté à l’alimentation de ses vaches : des tourteaux de lin sans OGM pour les acides gras, et du blé en rotation rapide, avec un peu d’engrais, mais sans pesticides. « Les fleurs avaient quasiment disparu de nos champs. On est content maintenant quand on les voit réapparaître » raconte l’éleveur. D’un modèle uniquement basé sur l’élevage en plein air, Sébastien Broussard a investi en 2007 dans une stabulation, mais continue de monter son troupeau en estive sur les pentes ardéchoises à 80 km.
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