Un système traditionnel avec des salers laitières peut être synonyme de
modernité. C’est ce qu’ont pu constater une trentaine d’éleveurs lors
d’une journée d’information qui s’est déroulée jeudi 8 juin à Recoules
de Joursac, chez Gilbert Delorme. Producteur de lait depuis 1984, cet
éleveur a voulu conserver un système traditionnel avec un troupeau de
60 vaches, encore traites à la montagne durant l’été, partageant le
lait entre leur veau et l’éleveur. Ce qui ne l’a pas empêché de
moderniser son outil de travail. Cette deuxième journée d’information
proposée par l’association Tradition Salers mettait l’accent sur les
bâtiments et la génétique. Gilbert Delorme bénéficie de 50 hectares de
pâture et 45 hectares de pré de fauche pour une alimentation du
troupeau exclusivement à base de foin offert à satiété. De la luzerne
et de la pulpe déshydratées complètent la ration hivernale.
Performances laitières
Cette bonne gestion alimentaire contribue à la qualité des rendements.
Gilbert Delorme constate également une amélioration de la production
depuis la construction d’une nouvelle stabulation en 2003 en
remplacement de deux étables traditionnelles. Toujours entravés, les
animaux profitent cependant de davantage d’espace, mieux aéré et mieux
éclairé. “Je n’ai pratiquement plus de problème de mammites, ce qui se
ressent directement sur la production”, se félicite-t-il. L’agriculteur
de Recoules s’est également penché sur les performances laitières de
son troupeau par un effort constant de sélection avec l’Upra salers et
l’aide financière du Conseil général. Il recherche prioritairement des
taureaux d’origines laitières et pratique 20 % d’insémination
artificielle avec Indy, Onix et Lorrain. Seules les meilleures génisses
sont conservées.
S’ouvrir aux outils techniques novateurs
Autant d’efforts qui ont entraîné une amélioration sensible des
rendements. Entre 2002 et 2005, la production suivie par le Contrôle
laitier est passée en moyenne de 2 390 kg à 3 457 kg par vache, avec
une évolution favorable des taux butyrique et protéique. En 2005, la
production totale a atteint 107 000 litres pour 118 000 litres de
référence. Durant la belle saison, certaines vaches se retrouvent à
élever exclusivement leur veau. “L’ouverture à une utilisation d’outils
techniques et génétiques novateurs, renforcés par l’adhésion à une
démarche de valorisation de produit, constituent les points clés de la
pérennité de l’exploitation de Gilbert Delorme”, selon Hervé Laurent
technicien à la Chambre d’agriculture de Riom-ès-Montagnes. Cette
journée présentait d’ailleurs un intérêt tant pour les laitiers que les
éleveurs en système allaitant. “Une bonne laitière évite les
compléments alimentaires pour un veau qui tète bien”, affirme Gilbert
Delorme.
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