Les prix de la graine de colza sur Euronext et le marché physique hexagonal ont encore grimpé entre le 24 et le 27 mars, compte tenu du renchérissement du soja sur le CBOT à Chicago, du canola à Winnipeg, des huiles et du pétrole à New York et Londres.
En soja, la progression des cours s’explique par le raffermissement des huiles végétales (soja à Chicago, palme à Kuala Lumpur), elles-mêmes suivant la tendance haussière imprimée par le pétrole sur les places à terme anglo-saxonnes. Les inspections états-uniennes à l’export de graines de soja se sont élevées la semaine passée à 888 707 t, un chiffre dans les attentes du marché, en hausse de 23,5 % par rapport à la semaine antérieure.
Néanmoins, l'augmentation des prix du soja est tempérée par la bonne avancée des récoltes brésiliennes. L’analyste Patria Agronegocios juge les moissons locales réalisées à 71 %, soit 6 % de moins que l’an dernier à la même période.
Le marché attend les rapports USDA du vendredi 31 mars, l’un sur les surfaces 2023 de grains aux Etats-Unis, avec une attention particulière donnée aux chiffres d’assolements de soja, et l’autre sur les stocks trimestriels nationaux de grains. Le marché table sur des surfaces comprises entre 87,4 millions d’acres (Ma) et 89,6 Ma en soja, contre 87,5 Ma en 2021-2022. Les stocks trimestriels sont espérés entre 1,6 milliard et 1,91 milliard de boisseaux (Mdbu), contre 1,93 Mdbu l’an dernier à la même période.
Concernant le canola canadien, la progression des cours à Winnipeg s’explique en partie par des achats techniques. La demande intérieure est toujours dynamique, et les marges canadiennes de trituration rebondissent, sachant qu’elles étaient déjà bonnes. StatCan estime la trituration nationale de canola à 812 001 t en février 2023, en progression de 23,5 % par rapport à février 2022.
La hausse des prix du pétrole s’explique par l'accroissement des tensions géopolitiques, la Russie installant des armes nucléaires en Biélorussie.
Notons que la hausse des cours de l’huile de palme à Kuala Lumpur se justifie par un recul, estimé par des analystes privés, de la production malaisienne entre les vingt premiers jours de février et de mars, de 5% à 9%. Par ailleurs, d’autres experts voient une hausse des exportations locales de 11,4 % à 19,8 % entre les vingt-cinq premiers jours de février et de mars.
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