Les prix du colza ont cédé du terrain entre les 13 et 14 décembre sur Euronext et le marché physique hexagonal, soutenus par la régression du pétrole à New York et Londres, du canola à Winnipeg et des huiles végétales (soja à Chicago, palme à Kuala Lumpur). La baisse de la graine européenne a été tempérée par la progression du soja à Chicago.
Concernant le pétrole, la baisse des prix sur les marchés à terme anglo-saxons s’explique par les nouvelles prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui estime en décembre la hausse de la demande mondiale à 5,4 millions de barils par jour (mb/j) en moyenne pour 2021 et 3,3 mb/j pour 2022, soit 100 000 mb/j de moins que les 5,5 mb/j et 3,4 mb/j annoncés en novembre. Ceci en raison de la pandémie de Covid-19 et son variant Omicron.
Evolution des parités monétaires à la faveur des exportations européennes
Autre élément macroéconomique à surveiller : la FED (banque centrale états-unienne) décidera, aujourd’hui 15 décembre, de sa politique monétaire. Le marché s’attend à une hausse des taux, alors que la BCE (Banque centrale européenne) devrait les stabiliser, le jeudi 16 décembre. Si ce scénario se produisait, l’euro pourrait davantage baisser face au dollar, en raison d’un déplacement des capitaux depuis le continent européen vers le continent américain, en raison d’une meilleure rémunération. Mais cela redonnerait de la compétitivité aux graines européennes.
Les cours du canola canadien à Winnipeg se sont effrités, en raison du repli de l’huile de soja à Chicago. Cette dernière a également fait pression sur celle de palme à Kuala Lumpur.
Autre élément baissier : l’Inde pourrait réduire ses importations d’huiles l’an prochain, en raison d’une hausse annuelle de 29,4 % de sa production de colza, attendue pour l’instant à 10-11 Mt, selon l’organisation indienne des producteurs et commerçants d’huiles. Les agriculteurs locaux ont augmenté leurs assolements, au vu de la bonne tenue des prix.
En soja, les prix à Chicago ont progressé, compte tenu d’une météo sèche en Argentine, malgré des pluies attendues, ce qui commence à inquiéter le marché. Cela a également fait progresser ceux du tourteau de soja. La Bourse de Buenos Aires ainsi que des services météorologiques argentines craignent un effet plus intense que prévu de La Niña lors des prochaines semaines et mois, induisant un déficit hydrique. La bourse continue pour l’instant de parier sur une récolte nationale 2021/2022 à 44 Mt. Les semis sont achevés à 56,1%. Autre élément haussier : des rachats techniques sont survenus sur le marché à terme de Chicago en tourteaux, certains opérateurs "shorts" ont dû racheter sous peine de devoir livrer. La demande des éleveurs états-uniens se montre ferme sur le marché physique.
L’analyste AgRural estime les semis brésiliens de soja réalisés à 96 %. L’Imea (institut brésilien de l’Etat du Mato Grosso d’études économiques et agricoles) estime que les agriculteurs de l’Etat ont vendu 46,4 % de leur récolte 2021/2022, contre 66,4 % l’an dernier à pareille époque et 49 % en moyenne d’habitude.
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