L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 21 et le 22 mai 2024, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les prix dublé tendreont une nouvelle fois renchéri entre les séances du 21 et du 22 mai sur Euronext et le marché physique français, toujours en raison de la météo capricieuse en Russie. Ceux de l’orge fourragère sur les places hexagonales ont suivi. Les valeurs du maïs ont évolué en ordre dispersé sur le territoire national : en repli en ancienne récolte et en hausse sur la nouvelle campagne, suivant le contrat à terme européen.
Concernant le blé, l’analyste StoneX explique que les jours prochains devraient être chauds et secs en Russie, alors que le déficit hydrique est déjà sévère dans certaines régions. Il craint désormais que la récolte russe 2024 se rapproche de la barre psychologique des 80 Mt. Néanmoins, il convient de rester prudent et d’attendre avant de tirer des conclusions, beaucoup de choses étant susceptibles de survenir. Autre élément haussier : la demande internationale se positionne, en témoigne l'achat tunisien pour 100 000 t et l'appel d'offres jordanien. Néanmoins, la progression des cours a été modérée par des ventes techniques en fin de séance sur le contrat à terme européen. Autre élément baissier, les pertes liées au gel en Ukraine seraient finalement réduites, selon les services météorologiques de l’Etat. Le sujet reste à suivre. Dernier élément de pression sur les cours : un tour de plaine en blé réalisé par l'association de l'Etat de l'Illinois aux États-Unis rapporte des rendements locaux attendus comme record, à 104 boisseaux par acre, bien au-dessus des derniers chiffres de l'USDA.
En maïs, une partie de la hausse des prix en nouvelle récolte sur Euronext s’explique par le ralentissement des semis aux Etats-Unis causé par les pluies, qui pourrait engendrer un abaissement des surfaces. L’annonce d’une vente de maïs états-unien par l'USDA à l’Espagne il y a deux jours a créé la surprise, dans un contexte où cette dernière avait pour habitude de se fournir auprès de l’Ukraine, et ce, sachant que le Brésil et l’Argentine constituent également des concurrents sérieux, mais qui connaissent quelques déboires concernant leurs récoltes 2024. Ainsi, la vente constitue encore un facteur haussier pour le marché de Chicago. Aux niveaux de prix actuels, la graine jaune s’avère compétitive par rapport au blé tendre en formulation aux Etats-Unis, ajoute StoneX. Sur l'ancienne récolte, la baisse des valeurs sur Euronext se justifie par une offre assez abondante en France et dans le monde. Malgré quelques inquiétudes en Argentine et au Brésil, les volumes restent pour le moment assez abondants. Enfin, la concurrence émanant d'Europe de l'Est reste féroce. Les origines arrivant chez les clients d'Europe du Nord et d'Espagne restent très attractives par rapport à l'offre hexagonale.
Notons que la Turquie se porte à la vente pour 75 000 t de blé dur, illustrant le maintien de l'intense concurrence internationale sur ce marché.
Le dernier rapport hebdomadaire d'Euronext sur les positions des utilisateurs de ses contrats blé tendre et maïs révèle que les opérateurs non commerciaux ont encore rehaussé leurs positions nettes longues entre les 10 et 17 mai d'environ 29 000 lots, pour atteindre 108 000 lots concernant le premier, et de près de 1 200 lots du côté du second, pour s'élever aux alentours de 2 100 lots.
On notera que les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 15 et le 22 mai. Sur le Rhin, les pluies diluviennes de ces derniers jours ont conduit à une hausse modérée du niveau du fleuve. La navigation sur la Moselle est en revanche à l'arrêt pour cause de hautes eaux. Sur le bassin de la Seine, une belle activité est enregistrée à destination de Rouen, les organismes stockeurs vidant peu à peu leurs silos en prévision de la nouvelle récolte. Et ce, au détriment des transports nord-communautaires, parents pauvres en cette campagne commerciale pour cause de manque de cales et de prix de transport proposés pour de potentiels voyages, jugés trop bas par les bateliers.
Fondamentaux
Brésil, maïs safrinha, production : 96,7 Mt en 2024, en recul de 10,5 % par rapport à 2023 (source : Agroconsult).
Commerce international
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