Redoutée depuis des mois, l'arrivée de la PPA en Allemagne, suivie d'une interdiction d'exporter en Chine, met les filières porcines européennes face à une équation aux multiples inconnues. Au-delà des impacts attendus sur les marchés porcins de l'UE, une question apparaît centrale : qui pourra rafler les marchés perdus par l'Allemagne en Chine ?
Comment peut évoluer l'épidémie de PPA en Allemagne ? Le 10 septembre, la ministre allemande de l'Agriculture a confirmé la contamination par la PPA d'un sanglier trouvé mort à Schenkendöbern (Land du Brandebourg), à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les autorités ont installé une clôture électrique dans une zone de trois kilomètres autour de ce cas et intensifié la surveillance. Ce qui a conduit le 15 septembre à la découverte de cinq nouveaux cas, toujours sur des sangliers. « Ce n'est que lorsque nous connaîtrons l'étendue réelle de l'infection que nous pourrons sécuriser la zone centrale avec une clôture solide et ensuite commencer une chasse intensive », a expliqué le 15 septembre Ursula Nonnemacher, la ministre de la Protection des consommateurs du Brandebourg. Car le premier sanglier malade a été trouvé deux à quatre semaines après sa mort, d'après l'Institut Friedrich-Loeffler (laboratoire allemand de référence sur la PPA). Autour de la zone infectée, une zone tampon plus large a été instaurée, où la chasse et les activités agricoles sont interdites pour ne pas faire fuir les sangliers. Le Land a promis des aides pour les 182 exploitations de la zone, qui ne peuvent ni semer ni récolter sur 33 000 ha. Les cas allemands sont situés à 570 km de la frontière avec la France. « On n'est jamais à l'abri d'un bond de 2 000 km, comme cela a été le cas entre la Pologne et la Belgique », prévient Boris Duflot, chef du service Économie de l'Ifip (institut français du porc). Outre-Rhin, les sangliers risquent-ils de transmettre la PPA aux cochons d'élevage ? Une hypothèse peu probable aux yeux de Matthias Kohlmüller, de l'agence d'information allemande AMI : « Dans la zone concernée, il y a de gros élevages porcins avec une bonne biosécurité, et pas des petites fermes comme en Pologne ». Seule certitude outre-Rhin : « Nous n'en sommes qu'au début de l'épidémie de PPA », comme l'affirme Ursula Nonnemacher. Dans le meilleur des cas, les autorités allemandes peuvent espérer un scénario à la tchèque : touchée par la peste porcine en juin 2017, la République tchèque avait réussi à éviter la contamination des porcs domestiques. En février 2019, un an et demi après le premier cas, Prague retrouvait son statut indemne.
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