Malgré les menaces pesant sur l’avenir de ses emballages, l’Unilet a fêté joyeusement ses 50 ans. Cette filière très organisée dispose encore d’un fort potentiel de croissance.
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Hasard des calendriers. L’interprofession des légumes transformés (Unilet) célébrait ses cinquante ans, jeudi 6 octobre, au moment où les députés adoptaient la proposition socialiste visant à supprimer dès 2014 la mise sur le marché de tout conditionnement alimentaire contenant du bisphénol A (BPA), dont les effets néfastes ont été pointés du doigt par l’Anses*. Cette mesure touche directement les industriels du secteur, le BPA étant présent à l’intérieur des boîtes de conserve. Mais les inquiétudes n’étaient pas exprimées au grand jour lors de cet évènement résolument optimiste. « Pas la peine d’en rajouter et d’inquiéter le consommateur outre-mesure. Nous nous adapterons, nous demandons juste un peu de temps pour trouver la bonne molécule de substitution », confiait en substance Jean-Bernard Bonduelle, président d’Unilet, à sa sortie de tribune. L’objet de cette rencontre était plutôt de rappeler les progrès de la filière. Alors qu’en 1961, l’industrie du légume se résumait à 100 000 t de petit pois cultivés par 12 000 producteurs sur 35 000 ha , aujourd’hui 4 500 producteurs produisent 15 légumes (dont le haricot vert extra-fin, une spécificité française) sur 70 000 ha pour une production annuelle de 800 000 t. Dans l’intervalle, les rendements de petit pois ont été multipliés par trois, le nombre d’usines est passé de 128 à 30. En 50 ans, le prix des légumes transformés a chuté de 40 % par rapport à la moyenne des prix alimentaires, pendant que le prix du légume frais augmentait de 40 %. Comme la betterave, le légume d’industrie bénéficie depuis longtemps d’une bonne organisation. « La contractualisation nous a permis d’être au premier rang en Europe en matière de conserve de légume », s’est félicité Éric Ledermann, ancien président d’Unilet. L’interprofession estime ses perspectives de développement encore très fortes : les légumes transformés ne représentent que 30 % des légumes consommés en France contre 50 % aux États-Unis.
* Le vote définitif devait intervenir mercredi 12 octobre.