L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 26 et 27 juin 2024, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les prix du colza ont gagné du terrain entre le 26 et le 27 juin sur Euronext (achats techniques et couvertures de positions courtes) et, par ricochet, sur le marché physique français. Et ce, à l’image du canola à Winnipeg et du pétrole sur les places anglo-saxonnes. Les cours du soja sur le CBOT et de l’huile de palme à Kuala Lumpur ont reculé dans le même temps.
En colza, les premiers échos relatifs à la récolte française ne sont guère engageants. On notera que la Bulgarie est devenue un importateur net de colza en 2023-2024, en raison de l'augmentation des capacités nationales de trituration, selon un rapport du Foreign Agricultural Service (FAS) du ministère états-unien à l'Agriculture (USDA). Les importations de colza ont atteint 182 000 t (+ 90 % par rapport à 2022-2023), en provenant principalement d'Ukraine et de Moldavie.
En canola, les conditions météorologiques sont considérées comme trop humides dans les prairies canadiennes, ce qui pourrait abaisser le potentiel de production.
En soja, les ventes des fonds d’investissement pèsent sur les cours du CBOT à Chicago. Les opérateurs sont dans l’attente du rapport mensuel de l’USDA sur l’offre et la demande agricoles mondiales et celui sur les stocks états-uniens, à paraître aujourd’hui. Ils prévoient une baisse de la demande états-unienne et une dégradation du potentiel de production en lien avec les inondations actuelles aux Etats-Unis. A noter que les triturateurs en Argentine se sont mis en grève. Par ailleurs, selon une information de S&P global, les mandats de mélange élevés (maintenant 14 %, 15 % pour 2025) et une demande intérieure croissante d'huile de soja pourraient potentiellement mettre un terme à l'exportation d'huile de soja du Brésil dans les années à venir.
Le repli des cours de l’huile de palme malaisienne s’explique par la taxe indienne sur les importations d’huile végétale et des exportations moins importantes que prévu.
Les prix dutournesoln’ont pas évolué sur le marché physique français. On observe le retour de la compétitivité de l’huile de tournesol face au palme et au soja, à cause de la compétition Russie/Ukraine qui pèse sur les prix. Avec pour preuve, l’achat par l’Inde de 500 000 t sur juillet, ce qui représente un important volume.
Côté macroéconomie, l’euro s’est renforcé face au dollar entre le 26 et le 27 juin, passant de 1,068 $ à 1,070 $, réduisant la compétitivité des marchandises européennes et en l’occurrence françaises sur le marché mondial. Les cours du pétrole à New York et Londres ont grimpé d’un jour sur l’autre, au plus haut depuis deux mois, à l’annonce d’une réduction des stocks états-uniens de brut la semaine dernière et d’un renforcement des tensions au Moyen-Orient. L'armée israélienne et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah ont échangé des tirs transfrontaliers, sur fond d'escalade rhétorique, rapporte l’AFP.
Fondamentaux
Union européenne, colza, production : 18,8 Mt en 2024, contre 19,1 Mt estimées en mai (source : Commission européenne) ;
Canada, canola, surface : 22 millions d’acres (Ma) en 2024, contre 21,39 Ma estimées en mars et 22,08 Ma en 2023 (source : StatCan) ;
Monde, soja, production : 415 Mt pour 2024-2025, contre 414 Mt estimées en mai et 392 Mt en 2023-2024 (source : CIC).
Commerce international
Etats-Unis, soja, exportations hebdomadaires : 384 700 t durant la semaine se terminant le 20 juin, soit dans le bas des attentes des opérateurs (source : USDA) ;
Etats-Unis, soja, ventes : 120 000 t à destination inconnue à livrer en 2024-2025 (source : USDA).
Marchés physiques français du 27 juin 2024 (base juillet pour les céréales)
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.