Nitrates d'origine agricole : la Bretagne lance sa nouvelle stratégie de lutte contre la pollution

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« Les concentrations en nitrates restent encore trop élevées dans certains territoires et les échouages d’algues vertes persistent localement », souligne la région dans son communiqué. Crédits : © G. Deloison

La région Bretagne annonce, dans un communiqué du 28 août, instaurer des mesures de terrain pour renforcer la lutte contre les nitrates d’origine agricole. L’objectif est de laisser les agriculteurs piloter leurs pratiques de fertilisation et de regarder les résultats environnementaux obtenus. 

Alors que la qualité de ses eaux stagne depuis plusieurs années, la région Bretagne annonce dans un communiqué du 28 août lancer une « nouvelle stratégie » contre la pollution des nitrates d’origine agricole. L’idée est de supprimer les plans prévisionnels de fumure, et d’instaurer des « mesures de terrain ». Celles-ci évalueront les résultats environnementaux obtenus en matière de nitrates dans les sols. « L’objectif est de permettre aux agriculteurs de s’appuyer davantage sur leur expertise agronomique pour piloter leurs pratiques de fertilisation », soutient la région. Ce projet s’inscrit dans la révision du programme d’actions régional nitrates (PAR 7), et a été pensé par la chambre régionale d’agriculture et l’association Eau et Rivières de Bretagne. 

« Permettre aux agriculteurs de s’appuyer davantage sur leur expertise agronomique » pour la fertilisation

En pratique, des mesures d’analyse de reliquats d’azote dans les sols après les cultures seront réalisées sur les exploitations agricoles identifiées comme « présentant un risque plus élevé de fuites de nitrates ». Ces reliquats seront en particulier des « reliquats début de drainage », qui « correspondent à l’azote présent dans le sol d’une parcelle agricole au moment où la reprise d’une pluviométrie automnale induit des fuites vers les cours d’eau ». C’est ce qu’indiquait le projet d’expérimentation, mis en consultation publique en juin, jusqu’au 2 juillet. En cas de « résultats insuffisants répétés », des « plafonds d’azote adaptés à chaque exploitation » pourront être imposés, indique la région Bretagne. 

Lire aussi : Nitrates : la Bretagne va mettre en place une expérimentation visant à supprimer les plans prévisionnels de fumure 

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« Les échouages d’algues vertes persistent localement », indique la région Bretagne

« Les concentrations en nitrates restent encore trop élevées dans certains territoires et les échouages d’algues vertes persistent localement », souligne la région dans son communiqué. Ces espaces fragiles ont été définis comme des « zones à enjeux », et représentent environ 20 % de la surface agricole bretonne. Elles regroupent certains bassins versants ou des vasières où sont retrouvées des algues vertes, ainsi que des captages d’eau potable ou des cours d’eau dont les concentrations en nitrates sont les plus élevées. Des mesures spécifiques y sont établies par le projet, à savoir des analyses de sols plus fréquentes, des plafonds transitoires d’apports de fertilisants, et une remise en herbe des zones humides dans un délai de deux ans. Les agriculteurs pourront bénéficier d’aides via des mesures agro-environnementales et climatiques (Maec), soutient la région. 

Deux nouveautés s’appliqueront à l’ensemble de la Bretagne : passage des bandes enherbées de 5 à 10 mètres de large le long de l’ensemble des cours d’eau ; et des règles renforcées pour éviter les sols nus « dans certaines situations à risque ».

Un décret et un arrêté, permettant à la région Bretagne de mettre en place cette expérimentation, ont été publié le 28 août au Journal Officiel. Le projet débutera le 1er septembre pour une durée de cinq ans. Et les premières analyses de sols seront réalisées à partir d’octobre 2026. 

Lire aussi : Pollution des eaux aux nitrates en Bretagne : une association saisit le juge de l’exécution

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