Municipales : comment a évolué le nombre de maires agriculteurs après les élections de 2026 ?

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D’après les calculs du sociologue Pierre-Henri Bono réalisés à partir du Répertoire national des élus (RNE), 14,9 % des maires élus en 2026 sont issus du milieu agricole, soit une inflexion de 3 points par rapport aux élections de 2020 (17,7 %). Crédits : © Nathalie Marchand

A l’issue des élections municipales de 2026, 14,9 % des maires élus sont issus de l’agriculture. En 2020, ils étaient 17,7 %. Comment expliquer cette baisse observée depuis trois mandats ? Eclairage avec Pierre-Henri Bono, chercheur au Cevipof-Sciences Po. 

« Le pourcentage de maires issus du milieu agricole a baissé de six points en deux mandatures ». Le chercheur du Cevipof – Sciences Po, Pierre-Henri Bono pointe la baisse du nombre d’agriculteurs parmi les maires en France, lors des Controverses organisées par le groupe Réussir. Le chercheur y présentait les résultats de l’édition 2026 du baromètre Vox-Agri ainsi qu’un éclairage sur les municipales 2026.

Pourcentage de maires issus du monde agricole à l’issue des 4 dernières élections municipales.
Pourcentage de maires issus du monde agricole à l’issue des 4 dernières élections municipales 
Crédit : Pierre-Henri Bono (CEVIPOF/Sciences Po)

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D’après ses calculs réalisés à partir du Répertoire national des élus (RNE), 14,9 % des maires élus en 2026 sont issus du milieu agricole, c’est-à-dire agriculteurs exploitants actifs ou retraités ou salariés agricoles. Soit une inflexion de 3 points par rapport aux élections de 2020 (17,7 %). 

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Comment expliquer la baisse du nombre de maires issus du monde agricole ?

Cette diminution du nombre de maires agriculteurs est multifactorielle. En plus d’être une conséquence mécanique de la baisse démographique des agriculteurs, cette inflexion relève d’une tendance liée au genre : les agricultrices s’engagent moins que leur homologues masculins dans les mairies. « Les agricultrices, comme beaucoup de femmes, ont une charge mentale élevée, ce qui libère moins de temps en dehors de l’exploitation pour faire un travail pour la collectivité », explique Pierre-Henri Bono à Réussir.fr.  

Ainsi, entre 2001 et 2026, la part des femmes maires et agricultrices a chuté de 12 à 8 % alors qu’à l’inverse, la proportion de femmes maires augmente. Après les élections de cette année, selon les calculs de Maires.info, 7 902 communes sont dirigées par des femmes (23,5% des communes référencées dans le RNE début 2026), soit 1 000 de plus qu’en 2020. La parité augmente lentement, mais elle progresse. 

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Autre explication au recul des agriculteurs dans la fonction de maire : la charge administrative qui peut s’avérer être un frein. « La fonction de maire est de plus en plus exigeante en termes de travail administratif, et c'est la même chose, pour les agriculteurs. Il y a 50 ans, un agriculteur, quand il avait fini au champ, il pouvait aller à la mairie et se consacrer au travail administratif. Maintenant, il doit aussi remplir tout un ensemble de formulaires pour son activité », expose le chercheur. 

L’inflexion observée n’est pas répartie de façon égale sur la taille des communes. Si elle est très faible, la part des maires issus de l’agriculture reste stable dans les villes de plus de 3 500 habitants. Contrairement aux communes de moins de 500 habitants, dans lesquelles les maires agriculteurs essuient le plus fort recul : une commune sur quatre était représentée par un agriculteur en 2020, le chiffre tombe à une sur cinq en 2026. 

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Comment les maires agriculteurs sont-ils répartis sur le territoire ? 

Les maires agriculteurs sont présents sur l’ensemble du pays ; ils ne sont pas cantonnés à certaines zones. Néanmoins, ils désertent certaines zones : les plus urbanisées et les plus touristiques comme le pourtour méditerranéen, le littoral du Sud-Ouest et la montagne. Cette absence des maires agriculteurs illustre les compétitions entre les activités agricoles et touristiques de ces territoires. 

Carte de la répartition des communes en fonction du marqueur agricole du conseil municipal
Carte de la répartition des communes en fonction du marqueur agricole du conseil municipal
Crédit : Pierre-Henri Bono (CEVIPOF/Sciences Po)

Logiquement, les agriculteurs élus sont aussi peu présents dans les grandes villes et les zones les plus urbanisées. « Ça pose problème », pointe Pierre-Henri Bono, notamment en Ile-de-France. Et de développer : « La France est très centralisée. Et on s'aperçoit que, dans ce lieu de pouvoir extrêmement important, il y a une absence totale d'agriculteurs dans les décisions municipales. Quand vous avez des conseils municipaux avec des agriculteurs, ils vont favoriser différentes politiques publiques, par exemple sur la restauration collective, et les autres membres du conseil seront plus au fait des difficultés du secteur.»

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