En 2020, il s’est vendu 111 930 maisons de campagne, un nombre record de transactions selon le groupe Safer malgré le premier confinement qui a fortement ralenti le marché. Sur l’année, le nombre de transactions a ainsi progressé de 6,6 %, pour une surface de 63 110 ha (+ 9 %) et une valeur totale du marché de près de 23,5 milliards d’euros (+ 12,1 %). Soit une meilleure performance que le marché immobilier du logement ancien a atteint 1,024 million de ventes en décembre 2020, en baisse de 4 % par rapport à décembre 2019. Le prix moyen de chaque lot s’est élevé à 182 000 euros (+6,4%) pour une surface moyenne en hausse de à 5 620 m2.
Cette évolution marquée du prix fait suite à trois années de hausse plus modérée : + 2,7 % en 2017, + 2,1 % en 2018 et + 1,8 % en 2019. Sur ces trois années, le prix des maisons progressait moins vite que celui des logements anciens (+ 3,2 % en 2017 et 2018 et + 3,8 % en 2019).
« Cette hausse du prix moyen est due en partie à une augmentation de la surface moyenne des terrains des maisons à la campagne. Celle-ci gagne 2,2 % en 2020 à 5 650 m². Mais la hausse de la surface des terrains ne suffit pas à expliquer seule la hausse du prix moyen en 2020. Cette dernière traduit aussi l’augmentation de la demande pour ce type de biens à la suite du confinement du premier semestre », note le groupe Safer.
Emballement des prix dans certains départements
Dans certains départements, le groupe Safer note même un emballement des prix : en Côte-d’Or (+ 19,4 %), dans l’Yonne (+ 12,4 %), dans les Yvelines (+ 12,8 %) et dans la Somme (+ 11,2 %). La Haute-Marne (+ 15,1 %) et les Hautes-Alpes (+ 10,2 %) connaissent aussi des hausses de prix supérieures à 10 % conjuguées à une augmentation de plus de 20 % du nombre de transactions. Le Finistère, avec 10,5 % d’augmentation des transactions, voit ses prix grimper de 11,4 %. La Haute-Saône et le Vaucluse se démarquent également avec 9 % d’augmentation du nombre de transactions et, respectivement, + 10,4 % et + 11,4 % sur le prix de vente moyen.
En Normandie, l’augmentation du nombre de transactions est marquée dans l’Orne (+ 22,5 %) et les prix progressent de 8,2 %. Elle est plus modérée dans l’Eure (+ 10,5 %) et dans le Calvados (+ 4,6 %), où les prix gagnent respectivement 9,2 % et 11,6 %.
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Le marché a été «dopé par la recherche d'espace, l'essor du télétravail voire le changement de résidence principale », a détaillé Loïc Jégouzo, ingénieur d'études du groupe Safer, le 27 mai. Il relève que l'âge moyen des acquéreurs a augmenté (44 ans et 8 mois, +7 mois). « Nombreux sont nos concitoyens qui souhaitent changer de lieu de vie et de façon de vivre », a complété le président de la FNSafer, Emmanuel Hyest.
« Je pense que cet exode inversé par rapport à ce qu'on a connu ces dernières dizaines d'années va être durable », a-t-il ajouté, notant que la tendance se confirmait dans les premiers mois de 2021. « Est-ce qu'ils seront agriculteurs demain ? Ce n'est pas sûr. On vit différemment, on ne devient pas agriculteur », a-t-il complété.
Au sens des Safer, une maison à la campagne est un bien bâti à usage de résidence (principale ou secondaire) vendu avec un terrain agricole ou naturel de moins de 5 hectares, libre de bail, acquis par des non-agriculteurs.