Marché des oléagineux et coproduits du 28 octobre au 4 novembre 2026 - Les prix du colza ont chuté, dans le sillage du complexe oléagineux mondial

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L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les cours de la graine de colza sur Euronext se sont fortement repliés entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026, perdant 25 €/t à 528 €/t sur l’échéance février 2027 (la plus travaillée), dans le sillage du canola canadien (- 17,40 CAN/t à 768,30 CAN/t sur l’échéance janvier 2027), de la graine de soja états-unien coté sur le CBOT (- 35,75 ct$/boisseau à 1 202,25 ct$/boisseau sur l’échéance janvier 2027) et de l’huile de palme malaisienne (- 154 RM/t, à 4 300 RM/t sur l’échéance novembre 2026). Leurs prix ont suivi la nette dépréciation du pétrole (- 17,02 $/baril à 94,62 $/baril sur l’échéance décembre 2026 pour le Brent et -14,66 $/t à 88,12 $/t sur l’échéance novembre 2026 pour le WTI). On notera que l’échéance novembre 2026 du colza sur Euronext n’est plus cotée. L’euro s’est nettement renforcé face au dollar (+ 0,01341 $, à 1,1267 $), accentuant la baisse tarifaire des cours du colza sur le marché à terme européen.

Sur le marché physique français, les prix du colza ont dégringolé dans le sillage d’Euronext, cédant entre 22 €/t et 25,50 €/t, selon les places et les périodes. Le FOB Moselle a grimpé de 24,50 €/t à 529,50 €/t sur la période janvier-mars 2027. Couverts sur la fin de l’année, les triturateurs se couvrent sur les périodes janvier-mars et avril-juin 2027, à la faveur de la baisse tarifaire. Dans l’Est, les niveaux de la Moselle et du Rhin sont repartis à la baisse cette semaine, ce qui complexifie le transport des graines par voie fluviale.

Pour la prochaine récolte, la baisse des surfaces d’un an sur l’autre serait comprise entre 15 % et 35 %, voire 40 % localement. L’arrivée des pluies améliore les conditions de culture. Reste qu’en Normandie et dans l’ouest Île-de-France, le manque d’eau et les levées tardives ou irrégulières ont fortement pénalisé certains colzas, notamment dans l’est et le sud de l’Eure, le sud de l’Orne et de l’Île-de-France, précise Terres Inovia. Dans les Hauts-de-France, après une lutte parfois très acharnée contre les adultes d’altises, certaines parcelles sont encore en sursis. La vigilance doit maintenant se concentrer sur les larves d’altises. L’observation de ces dernières s’intensifie, de manière plus précoce cette année.

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​​​​Sur le marché physique français, les cotations de la graine de tournesol poursuivent leur tendance baissière, oscillant entre 0 €/t et - 15 €/t, selon les places de marché et les périodes. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a perdu 2,50 €/t à 615 €/t sur la période janvier-mars 2027. L’Ukraine a réussi à exporter de l’huile de tournesol par train et camion (la mer Noire étant toujours inaccessible), ce qui a pesé sur les cours de l’huile de tournesol et, par ricochet, sur ceux de la graine sur le marché physique français. Les triturateurs français, bien couverts sur les périodes novembre-décembre 2026 et janvier-mars 2027, focalisent leurs achats sur la période avril-juin 2027. La faiblesse de la production nationale conduit les industriels à s’approvisionner ailleurs. Actuellement, la marchandise vient principalement d’Italie, en attendant que la récolte argentine soit mise en marché. La récolte tricolore se situerait entre 1 Mt et 1,2 Mt selon les opérateurs, loin des 1,4 Mt récoltées l’an dernier. Les taux d’huile sont plutôt corrects (44,5 % à 46 %) alors que les coques sont plutôt petites, ce qui nécessite un important travail de nettoyage.

​​​​​​Sur le marché physique français, la cotation de la graine de soja en départ Rhône-Alpes est nominalement reconduite sur la période janvier-juin, entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026. En départ Sud-Ouest et départ Rhin, le marché est totalement inactif : il est donc impossibilité de marquer un prix, même très nominal. La production française de soja en 2026 est estimée par Agreste en baisse de 30 % par rapport à la moyenne des cinq campagnes précédentes, à 281 000 t au 1er octobre 2026.

Sur le marché physique français, les prix de la graine de lin ​​​​sont non cotés en départ Centre en cette semaine du 28 octobre au 4 novembre 2026. Valorex, le principal transformateur français, n’est plus aux achats. Les cours devraient reculer dans les prochaines semaines sur le débouché de l’alimentation animale. La récolte en graine de lin d’hiver oléagineux est très bonne. En alimentation humaine, la qualité de l’oléagineux a été fortement dégradée par les coups de chaleur de cet été : les cours s’établissent à des niveaux très élevés, de façon plus marquée en lin jaune qu’en lin brun.

Karine Floquet

 

Protéagineux

Prix haussiers

Pois et de féverole sont encore peu cotés cette semaine. Les volumes sont rares.

 

En départ Marne, le pois fourrager est coté 260 €/t sur la période novembre-décembre 2026. En féverole fourragère, le prix est supérieur de 20 €/t à 280 €/t sur la période janvier-mars 2027.

 

Sur la Bretagne, le pois fourrager est peu traité. Il est coté entre 295 €/t et 300 €/t sur la période novembre-décembre 2026, soit légèrement moins que la semaine passée. Le prix de la féverole fourragère bretonne recule de 15,50 €/t sur la même période.

Tourteaux

Marché actif en soja sur le court terme

Sur le marché physique français, les prix du tourteau de soja OGM ont perdu du terrain en cette semaine du 28 octobre au 4 novembre 2026, cédant entre 24 €/t et 30 €/t selon les places commerciales et les périodes. Ils suivent le tourteau de soja coté sur le CBOT qui a baissé de 17,10 $/t à 318,60 $/t sur l’échéance décembre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM baisse cette semaine, sur un marché quasi inactif. La prime pour le tourteau de soja mass balance (Fefac) est inchangée.

 

Sur le marché physique français, les cours du tourteau de colza ont également reculé, de 7 €/t à 12 €/t. Les prix de tourteau de tournesol ont suivi la même tendance mais de façon moins marquée, cédant entre 1 €/t et 5 €/t.

 

L’activité sur le marché hexagonal s’est à nouveau concentrée en soja pour des compléments sur la période novembre-décembre 2026, les acheteurs profitant de la baisse des cours. Sur l’année prochaine, l’activité est au point mort, acheteurs et vendeurs attendant la confirmation de l’application au 30 décembre 2026 du règlement européen sur la non-déforestation (RDUE).

Lire aussi : Règlement sur la non-déforestation : la filière soja européenne plaide en faveur d’assouplissements de sa mise en œuvre

Et un spécialiste du marché des tourteaux d’expliquer : « Jusqu’à fin décembre 2026, la prime mass balance reste de mise et permet aux fabricants d’aliments pour animaux de se conformer aux exigences de la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (Fefac). Après le 31 décembre 2026, si le Règlement sur la déforestation de l’Union européenne (RDUE) entre en vigueur, la prime mass balance n’aura plus lieu d’être car cela deviendra de facto l’offre standard des importateurs. » Le spread s’établirait aux alentours de + 25 €/t, voire un peu moins sur le mois de janvier 2027 en raison du stock de report.

Huiles

Baisse des cours en soja

Le marché physique français de l’huile végétale n’est guère coté. Pour information, l’huile de soja en départ Brest a perdu 20 €/t entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026. Les cours de l’huile de coprah raffinée et de l’huile de palme raffinée en franco Bretagne ont stagné sur les sept derniers jours. Sur le marché physique français, l’activité est calme. Les acheteurs, bien couverts, attendent de voir si la tendance baissière va se poursuivre au vu du recul des cours du colza sur Euronext et du soja sur le CBOT.

 

Sur les ports nord européens, l’évolution des prix est contrastée sur la semaine. En huiles de coprah et de tournesol, les cours sont haussiers (respectivement + 40 €/t et + 5 €/t). En huile de colza, on observe une stagnation tarifaire. En huiles de soja et de palme raffinée, les cotations reculent de repsectivement 5 €/t et 20 €/t.

 

Sur le marché mondial, le contrat en huile de soja états-unienne coté sur le CBOT a cédé 2,03 cts$/livre sur l’échéance décembre 2026 à 63,53 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a perdu 154 ringgits la tonne sur l’échéance novembre 2026 à 4 300 ringgits la tonne, dans le même laps de temps.

Issues de meunerie

Importantes disponibilités en farine basse

Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français n’ont pas évolué entre le 27 octobre et le 3 novembre 2026, à l’exception de la farine basse qui chute de 10 €/t en raison d’une plus grande disponibilité. Les meuniers ont pour la plupart incorporé les nouveaux blés, dont la mouture conduit à des taux de cendre élevés et qui obligent à isoler davantage de farine basse. Cette situation ne devrait être que temporaire, le temps d’ajuster le diagramme de mouture à la nouvelle récolte. Par ailleurs, la demande des fabricants d’aliments animaux en France est moindre, du fait d’une reformulation de leurs recettes. La logistique est toujours un facteur limitant en lien avec le manque de moyen de transport.

 

En Bretagne, les cours du son fin farine ont reculé de 4 €/t entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026. L’offre des meuniers continue de s’étoffer à l’approche des fêtes de fin d’année, alors que la demande des fabricants d’aliments pour animaux est moins pressante. En Isère, les cours du son fin ont été reconduits cette semaine, sur la base d’une affaire traitée. En région marseillaise, les prix du son fin sont nominalement reconduits d’une semaine à l’autre. Il n’y a pas de cotations en région toulousaine.

 

À l’échelle du territoire, l’offre en issues de meuneries n’est pas très élevée car la meunerie française est confrontée à une baisse de la demande alimentaire en produits céréaliers. Le fait que la France soit importatrice nette de farine n’arrange rien. Les meuniers exécutent actuellement leurs contrats.

 

En nutrition animale, le son est recherché car important pour apporter de la fibre dans les rations, les coproduits – telle que la pulpe de betterave déshydratée – se faisant rare cette année. Généralement, les fabricants d’aliments pour animaux achètent les sons et autres issues de meunerie nécessaires à leurs formulations sur douze mois, avec des contrats à prime basée sur le marché à terme européen du blé (contrat Blé tendre Euronext) car ils ont besoin de garantir leur approvisionnement. Une rupture de marchandise leur cause en effet beaucoup de difficulté en termes de reformulation.

​​​​Coproduits amidonniers

Poursuite de la tendance baissière

Les prix de la drêche de maïs sur le marché physique français ont poursuivi leur tendance baissière entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026, perdant entre 0 €/t et 3 €/t selon les places et les périodes.

 

Les cours de la drêche de blé et du corn gluten feed ont reculé de respectivement 4 €/t et 5 €/t sur la période des 7 de janvier 2027, d’une semaine sur l’autre.

 

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Le marché est relativement calme.

​​​​Coproduits laitiers

Dépréciation de la poudre de lait

Le cours de la poudre de lait pour l’alimentation animale en vrac, sur le disponible, a reculé de 45 €/t sur le marché physique français entre le 29 octobre et le 5 novembre 2026, à 3 610 €/t, sur la base d’un contrat conclu.

 

Le cours de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale en vrac, sur le disponible, est quant à lui nominalement reconduit à 1 650 €/t, faute de nouvelle affaire traitée.

 

En poudre de lait, on observe une tendance haussière sur l’éloigné (3 650 €/t traité sur le premier trimestre 2027 aux Pays-Bas). Le marché de la poudre de lactosérum en France comme aux Pays-Bas est très calme, faute d’acheteurs sur la fin de l’année. Les industriels attendent une potentielle baisse tarifaire du fait d’une disponibilité en lait plus importante du fait d’un potentiel repli des fabrications de fromage et/ou des ventes internégoces de poudre de lactosérum états-unienne à bas prix au départ des Pays-Bas.

Produits déshydratés

Marché très peu offert

La luzerne déshydratée demeure non cotée en cette semaine du 28 octobre au 4 novembre 2026. La quatrième coupe est terminée et est encore plus faible en rendement que les précédentes. Globalement, le rendement de la campagne serait inférieur d’au moins 20 % par rapport à la moyenne quinquennale. C’est pire que la dernière très mauvaise année de 2020. Les contrats signés seront honorés normalement mais il n’y aura plus de marché de première main en cette campagne commerciale. C’est désormais le marché de la revente qui prend le relais, avec des prix pouvant dépasser les 300 €/t.

 

En pulpe de betterave déshydratée, le marché totalement inactif. Il est donc impossibilité de marquer un prix, même très nominal.

Farine de poisson

Détente du marché

Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français ont nettement reculé, toutes origines confondues, entre le 14 et le 21 octobre 2026. Les cours ont chuté de 90 €/t en origine Amérique du Sud et de 130 €/t en origine Scandinavie.

 

Le marché se détend. Les disponibilités s’améliorent temporairement malgré des perspectives pessimistes quant aux pêches dans les prochains mois.

Pailles et fourrages

Marché actif en paille dans le Sud

Sur le marché physique français, les cotations en paille n’ont pas évolué entre le 28 octobre et le 4 novembre 2026. Les prix de la paille de blé en départ Nord-Est oscillent entre 75 €/t et 85 €/t. En paille d’orge, les prix en départ Nord-Est s’établissent entre 75 €/t et 85 €/t. Sur la partie nord-est de la France, le marché est peu dynamique à l’export mais on rapporte une petite demande sur le marché domestique. Certains fournisseurs en région Champagne proposent de vendre des pailles sous hangar à 100 €/t mais il n’y a pas d’acheteurs à ce tarif. Beaucoup de vendeurs ne sont pas disponibles actuellement car occupés aux champs. Les prix de marché sont purement indicatifs, chacun faisant un peu ce qu’il veut. Dans le sud du territoire, il semble que l’activité soit plus dynamique avec un volume d’affaires significatif.

 

Sur le marché physique français, les prix du foin s’élèvent 200 €/t en première coupe et 240 €/t en deuxième coupe. Cependant, ils atteignent parfois des niveaux défiants l’entendement. On rapporte des montants pour des balles rondes en foin de prairie approchant les 500 €/t en France. À terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes. Les fabricants d’aliments pour animaux hexagonaux importent des granulés de foin en provenance d’Italie pour pallier la pénurie de fourrage.

 

Le conseil d’administration du Comité du foin de Crau a décidé de geler ses cotations (entre 250 €/t et 260 €/t selon la coupe et la taille des balles) afin de « ne pas étrangler la clientèle habituelle du Foin de Crau ». Et d’expliquer : « Des sinistrés ou des négociants, que nous n’avons pas l’habitude de voir sur le marché du foin de Crau, font monter les enchères. Certains maintiennent les prix déterminés par le comité mais d’autres vendent actuellement entre 250 €/t et 300 €/t. La demande est très forte mais notre volonté est de privilégier la clientèle habituelle. » Les rendements sont globalement mauvais, cette année. Malgré l’irrigation, les prairies ont eu du mal à pousser avec les grosses chaleurs de cet été. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.

 

En foin de prairie, les cours sur le marché physique français atteignent parfois des niveaux défiants l’entendement : on rapporte des montants pour des balles rondes approchant les 500 €/t en France. À terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes. Les fabricants d’aliments pour animaux hexagonaux importent des granulés de foin en provenance d’Italie pour pallier la pénurie de fourrage.

 

Les cotations commerciales du foin de Crau s’élèvent 200 €/t en première coupe et 240 €/t en deuxième coupe. De son côté, le conseil d’administration du Comité du foin de Crau a relevé ses cotations de référence de 10 €/t en grosse balle. Dorénavant, les petites et les grosses balles valent 260 €/t, toutes coupes confondues. Et l’organisation professionnelle de commenter : « Le marché est toujours très tendu. Il se fait des ventes à des prix plus élevés mais le syndicat de producteurs a décidé de temporiser les prix dans les cotations. Nous ne pouvons pas répondre à la demande car la majorité des producteurs garde le foin pour leur clientèle habituelle mais il y a toujours quelques personnes qui spéculent à 300 €/t. » Les rendements sont globalement mauvais, cette année. Malgré l’irrigation, les prairies ont eu du mal à pousser avec les grosses chaleurs de cet été. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.

La rédaction

 

À surveiller

Soja

  • Évolution des semis au Brésil et en Argentine.

  • Arrivée de pluies bénéfiques au Brésil sur zones sèches.

  • Publication du Crop progress le 9 novembre (fin de la moisson aux États-Unis ?).

  • Publication du Wasde le 10 novembre (rendement aux Etats-Unis ?).

  • Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).

Colza

  • Surface emblavée en France.

  • État des parcelles en France et en Europe.

  • Exportations canadiennes de canola.

  • Demande européenne, portée par le biodiesel.

Tournesol

  • Production et teneur en huile, en France comme en Europe.

  • Potentielles importations par les industriels français.

  • Poursuite des exportations d’huile ukrainienne.

Karine Floquet

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