COTidienne
Marché des céréales du 3 février 2025 - Les prix remontent, soutenus par l’accalmie sur la guerre commerciale entre les États-Unis et ses partenaires commerciaux
L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 31 janvier et le 3 février 2025, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier.
Les prix du blé et du maïs ont regagné, entre le 31 janvier et le 3 février, le terrain perdu vendredi dernier sur Euronext et le marché physique français. Ceux de l'orgefourragère ont suivi le même mouvement. Une nouvelle fois, ce sont les péripéties de la guerre commerciale initiée par Donald Trump entre les États-Unis et ses principaux partenaires commerciaux qui ont constitué le facteur principal d’évolution du marché aux États-Unis, et en Europe par la même occasion.
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Les prix du blé et du maïs ont progressé sur le CBOT à Chicago, soutenus par le délai d’un mois annoncé sur la mise en place de taxes à l’importation par les États-Unis sur les produits mexicains. La présidente mexicaine a ainsi assuré Donald Trump de l’envoi de 10 000 soldats à la frontière avec les États-Unis pour contrôler l’immigration clandestine et le flux de fentanyl, en échange d’un délai d’un mois sur la mise en place de taxes. Le Mexique étant le premier débouché pour le maïs états-unien, cela a apporté du soutien aux cours de la graine jaune. Les fonds sont revenus aux achats en blé et en maïs. Les marchés états-uniens du blé bénéficiaient quant à eux de l’espoir que les taxes à l’importation ralentiraient le flux de blé canadien aux États-Unis. Mais, après la clôture du CBOT, le Canada a également annoncé une pause dans la guerre commerciale qui l’oppose aux États-Unis sous les mêmes conditions que le Mexique. La situation ne semble en revanche pas s’améliorer avec la Chine. Le ministère chinois des Finances a annoncé, mardi 4 février, qu'elle allait imposer des droits de douane de 15 % sur les importations de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL) états-uniens, à partir du 10 février. Elle a aussi annoncé que des taxes douanières de 10 % seront également appliquées aux importations de pétrole et aux machines agricoles, entre autres, en provenance des États-Unis.
Des considérations d’ordre météorologique sont également intervenues. L’USDA a publié les données d’état des cultures pour les trois principaux États producteurs de blé d’hiver aux États-Unis. La situation se dégrade ainsi dans l’Illinois et surtout le Colorado. Du côté du maïs, les prévisions de production des bourses sud-américaines sont jugées trop optimistes par les opérateurs. Selon des agriculteurs interrogés par Reuters, les plants de maïs sont déjà jaunes dans la région de Buenos Aires en Argentine. De plus, l’abaissement des taxes à l’exportation décidé par le pays pourrait avoir un effet limité sur les marchés.
Sur Euronext, les cotations du blé et du maïs n’étaient pas en reste, soutenues par celles de leurs homologues états-uniens ainsi que par la parité euro-dollar qui a de nouveau chuté. Là aussi, le marché est préoccupé par les conditions de culture en Europe et notamment en Russie. Selon Rusagrotrans, les exportations russes de blé devraient atteindre leur plus bas niveau depuis cinq ans sur le mois de février, tandis que les prix FOB Russie continuent d’augmenter. Cela apportait également du soutien aux prix européens. Le marché est dans l’attente des résultats des appels d’offres en céréales fourragères lancés par l’Iran en orge et en maïs (120 000 t de chaque), l’Algérie pour 240 000 t de maïs et 35 000 t d’orge, et la Jordanie pour 120 000 t d’orge. Les expéditions d’orge ukrainienne s’affichent d’ailleurs en hausse d’un an sur l’autre, selon les douanes nationales. Sur le marché physique français, les cotations de l’orge fourragère, du blé tendre et du maïs ont suivi à la hausse.
Près d'un an après son dépôt par le gouvernement Attal, le projet de loi d'orientation agricole est étudié à partir de ce mardi au Sénat (il avait été adopté par l’Assemblée nationale au printemps 2024, avant dissolution et censure). C’est dans ce texte que l’on trouve notamment les notions de l’agriculture comme « intérêt général majeur » (lancé par le président de la République lors du Salon international de l’agriculture 2024 et inscrit dans l’article premier de ce projet de loi) et de « non-régression de la souveraineté alimentaire ». Également dans ce projet, se trouvent des dispositions pour accélérer les procédures de contentieux en cas de recours contre des stockages d'eau.
Par ailleurs, fin janvier, l’autorité des marchés financiers de l’Inde a prolongé jusqu’à fin mars une mesure d’interdiction des transactions sur les contrats dérivés sur un certain nombre de céréales et denrées alimentaires, dont le blé, les pois chiches, le soja et l’huile de palme. La première interdiction date de décembre 2021.
Concernant le pétrole, les cours à New York ont baissé avec des pertes significatives après le report des taxes douanières par Donald Trump. De plus, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) a confirmé sa volonté d’augmenter la production de pétrole à partir du mois d’avril. Cette décision, malgré le recul récent des cours, devrait satisfaire Donald Trump, dont le souhait est de voir les prix diminuer.
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