L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 14 et le 15 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier.
Depuis le 11 mai, le prix du pétrole n’a pas cessé d’augmenter sur fond de crise persistante entre l’Iran et les Etats-Unis, et ce, malgré la visite officielle de Donald Trump en Chine. La reprise de la guerre semble imminente aux yeux de spécialistes après l’attaque par l’Iran d’une centrale nucléaire aux Emirats arabes unis, alimentant la hausse des cours du pétrole. Le prix du Brent a ainsi progressé de plus de 2,60 $/baril entre le 14 et le 15 mai, pour s’établir ce vendredi à 109,24 $/baril. Le prix du pétrole WTI a progressé également du 14 au 15 mai sur cette même période de 3,8 $/baril à 105,89 $/baril. En parallèle, le dollar s’est raffermi face à l’euro. Un euro s’échangeait ce vendredi 15 mai contre 1,1625 dollar alors qu’il s’échangeait contre 1,167 dollar le jeudi 14 mai. Ce matin du 18 mai, le prix du pétrole poursuit sa hausse et atteint son plus haut niveau depuis quinze jours et le dollar continue de se raffermir.
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Malgré la hausse du prix du pétrole et les estimations haussières de l’USDA en début de semaine dernière sur les productions céréalières mondiales, les prix dublé et du maïs ont chuté à la veille du week-end sur toutes les échéances. Le prix du blé sur le CBOT a baissé de 8 cts$/boisseau à 23 cts$/boisseau selon les échéances. Il a ainsi diminué de 22,25 cts$/boisseau sur l’échéance de juillet 2026 à 679 cts$/boisseau et de 19,50 cts$/boisseau sur mai 2027 pour se fixer à 729,50 cts$/boisseau. Aux Etats-Unis, lors de la deuxième journée d’une tournée de trois jours au Kansas, le rendement du blé dur d’hiver rouge dans la partie Sud-Ouest de l’Etat a été estimé à 39,3 boisseau par hectare (bu/ha) contre 53,3 bu/ha en 2025, alimentant les craintes sur la production céréalière. Les estimations des productions mondiales par l’USDA en début de semaine dernière étaient également moins favorables que prévu en termes de niveaux de production et de stocks de fin de campagne. Néanmoins, les productions mondiales de blé et de maïs s’annoncent relativement abondantes, ce qui ne semble pas affecter les marchés.
Le prix du maïs sur le CBOT à Chicago sont également à la baisse sur toutes les échéances, de 4 cts$/boisseau à 12 cts$/boisseau. Sur l’échéance de juillet 2026, le prix du maïs a ainsi baissé de 11,75 cts$/boisseau à 455,75 cts$/boisseau alors qu’il a diminué de 10,25 cts$/boisseau sur décembre 2026 pour s’établir à 481 cts$/boisseau. La production mondiale 2025-2026 s’annonce effectivement abondante et les conditions actuelles de culture sont plutôt favorables aux Etats-Unis et en Europe. Néanmoins la forte consommation prévue tirée par la nutrition animale et la consommation industrielle rend l’équilibre mondial fragile. Selon la Conab, le prix du maïs de première récolte au Brésil a de nouveau augmenté. La récole est réalisée sur 71 % des surfaces plantées et la production est estimée à 28,5 Mt, en augmentation de 3,5 Mt par rapport à l’année dernière. La deuxième récolte de maïs brésilien devrait atteindre 108,5 Mt en baisse de 0,6 % par rapport à l’année dernière alors que la demande de l’éthanolerie serait en progression de 4,6 % en 2025-2026. La bourse de Buenos Aires a par ailleurs annoncé ce 14 mai que la récolte de maïs en Argentine continue d'avancer et atteint 32 % de la surface plantée avec un rendement moyen de 86 q/ha. Pour les prochains semis, l’évolution des prix du maïs reste conditionnée à la priorité accordée au soja, compte tenu du prix élevé des engrais. En Ukraine, les conditions climatiques restent instables sachant que, début mai, seulement 30 % du maïs était semé.
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Sur Euronext, les prix des céréales sont également en baisse sur toutes les échéances dans le sillage des cours du CBOT. Le prix du blé a baissé de 1 €/t à 4 €/t selon les échéances. Le prix du blé sur septembre 2026 a ainsi diminué de 3,75 €/t pour se fixer à 209,75 €/t tandis qu’il baissait également de 3,75 €/t sur mai 2027 pour s’établir à 226,75 €/t ce 15 mai. Les institutions financières ont participé à la hausse des cours du blé ces dernières semaines. FranceAgriMer a, lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai, révisé à la hausse sa prévision de production européenne et de stocks finaux. Par ailleurs, selon le dernier rapport Céré’Obs de FranceAgriMer en date du 13 mai, le blé tendre présente, comme l’orge d’hiver, une avancée phénologique exceptionnelle avec des montaison et épiaison très précoces. Les conditions de culture du blé tendre sont annoncées favorables avec 80 % des surfaces en catégorie "bonnes à très bonnes". Toujours d’après FranceAgriMer, la collecte française de blé tendre est estimée en progression sur 2025-2026 à 27,2 Mt. Le bilan du blé tendre présenté par FranceAgriMer pour la France montre des stocks 2025-2026 confortables à plus de 3 Mt en hausse de 32 % par rapport à la campagne 2024-2025. Les exportations françaises de blé tendre sont dynamiques et s’établissent à fin mars à 11,6 Mt. Elles sont tirées par les pays tiers avec une forte demande du Maroc.
Le prix du maïs sur Euronext est lui aussi en baisse sur toutes les échéances de 2 €/t à plus de 3 €/t. Ainsi sur juin 2026, il diminue de 2,50 €/t pour se fixer à 207,25 €/t tandis qu’il a baissé également de 2,50 €/t sur novembre 2026 à 210,50 €/t. Selon FranceAgriMer, 86% des surfaces estimées sont semées, contre 77 % à la même période en 2025. Le début de la campagne culturale est précoce et la suite dépendra des pluies estivales indispensables pour le remplissage des grains et la phase de floraison. Comme pour le blé, les institutions financières ont participé à la hausse des cours du maïs ces dernières semaines. La hausse de la production européenne de maïs sur 2025-2026 pèse sur le stock final de 2026-2027 selon les dernières estimations de FranceAgriMer, amplifiant ainsi la baisse des prix en fin de semaine dernière. Notons enfin que le prix de l’urée à l’importation en France s’est envolé sur le mois d’avril 2026 s’établissant ainsi à la fin du mois à 983 €/t contre plus de 400 €/t en mars 2026. Le bilan français de maïs, établi le 13 mai par FranceAgriMer, met en évidence une offre abondante avec une consommation en baisse tant en nutrition animale qu’en amidonnerie mais des exportations intra-communautaires en augmentation.