L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 7 et le 10 février 2025, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier.
Les prix du blé et du maïs ont gagné du terrain sur Euronext entre le 7 et le 10 février derniers. La parité euro/dollar est actuellement favorable aux exportations européennes, ce qui soutient les prix. De plus, la poursuite de la hausse des cotations en Russie et en Ukraine continue d'apporter du support aux cours sur Euronext. Du côté de la Russie, le cabinet Ikar a d'ailleurs réduit sa prévision de production en blé pour 2025, au vu du manque de précipitations sur les mois de janvier et février. Le chiffre prévisionnel pour les exportations russes sur 2024-2025 a également été abaissé de 500 000 t à 43 Mt, alors que les disponibilités reculent, notamment en qualité convenable pour l'exportation. A propos de la demande, un appel d'offres de l'Algérie pour 50 000 t de blé tendre apportait un élément supplémentaire, selon l'analyste Andrei Sizov. Sur le marché physique français, les prix ont augmenté en blé, en maïs et en orge.
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En ce qui concerne le maïs, les cotations progressaient sur Euronext, dans le sillage de son homologue du CBOT à Chicago. L'annonce par Donald Trump de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium fait craindre des mesures de rétorsion sur les flux états-uniens de matières premières agricoles. De plus, certains analystes doutent de la résolution du conflit commercial avec le Mexique et le Canada, avec qui la mise en place de taxes est seulement suspendue pour l'instant. Par ailleurs, la météo en Amérique du Sud continue également de retenir l'attention des marchés, même si la situation s'améliore quelque peu au Brésil et en Argentine. Le marché s'attend en outre à une révision en baisse des stocks de maïs par l'USDA, dans son rapport à paraître aujourd'hui. Une vente exceptionnelle au Mexique apportait également du soutien. En Ukraine, le report de la hausse des prix du transport ferroviaire jusqu'aux ports stimule les exportations de la graine jaune.
Du côté du blé états-unien, les cours ont clôturé en baisse sur les principales places de marché, malgré des inspections à l'exportation plutôt au-dessus des attentes du marché sur la semaine. La Chine est peu présente et Reuters rapporte même que Cofco chercherait des acheteurs pour 600 000 t de blé livrées en janvier - février. La hausse de la récolte locale et les perspectives économiques au ralenti ne sont pas favorables aux importations de blé. Le centre national chinois des grains et des huiles s'attend ainsi à des importations de blé à 8 Mt pour 2024-2025, contre 10,5 Mt selon l'USDA. Les stocks mondiaux et états-uniens devraient peu évoluer dans le rapport de l'USDA aujourd'hui.
Sur les marchés de l'orge, l'Australie devra chercher de nouveaux débouchés pour son orge vu la présence réduite de la Chine et de l'Arabie saoudite sur les marchés, estime un analyste de Grain Brokers Australia. La monarchie du Golfe devrait accroître encore l'utilisation d'aliment composé produit sur place pour l'alimentation du bétail. En effet, le gouvernement souhaite totalement substituer l'utilisation d'orge en vrac par celle d'aliment composé. L'USDA prévoit d'ailleurs des importations à seulement 2,2 Mt pour 2024-2025, contre une dizaine il y a cinq ans. A surveiller dans les jours à venir, une vague de chaleur en Australie, notamment sur la partie ouest (température atteignant les 48 ° C avec des minima à 28,3 ° C). La vague de chaleur se déplace vers le centre du pays.
Notons enfin que le Chicago Mercantile Exchange (CME, maison mère du CBOT) a annoncé, le lundi 10 février 2025, que des contrats à terme (1 contrat = 42 000 gallons, soit 158987,29 litres) et sur options sur l’éthanol carburant étaient, depuis le 7 février, cotés sur le Nymex de New-York. Le CME vient aussi d’annoncer la possibilité de dénouer des contrats pour chaque jour d'ouverture (du lundi au vendredi) sur ses produits d’options à court terme pour l’ensemble des produits agricoles traités sur ses places de marché.
Côté macroéconomie, la Banque d’Angleterre a opéré une baisse de 25 points de base sur ses taux directeurs vendredi pour les ramener à 4,5 %, au même niveau que les taux états-uniens.
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Fondamentaux :
Brésil, maïs, récolte : 18% des surfaces de la première récolte sont moissonnées (source : AgRural)
Brésil, maïs, semis : 20 % des surfaces prévues en deuxième récolte (source : AgRural)
Russie, blé, production : 80 Mt en 2025-2026 contre 82 Mt pour la précédente prévision (source : Ikar)
Commerce international :
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