La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a fait se rencontrer les acteurs de la RHD pour faire connaître les outils existants et les savoir-faire afin de les aider à atteindre les objectifs fixés par la loi Egalim d'introduire au moins 50% de produits durables et de qualité.
C'est dans les locaux flambant neufs, et noninaugurés, du lycéeagricoleprivé du Breuil-sur-Couze qu'ont eu lieu ces deuxièmes rencontres de la RHD. La première édition avait eu lieu en 2024, sous forme de tableronde avec pour sujet les produitsbio. Cette année, la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dômeavait opté pour la forme d'un salon invitant davantage les acteurs du territoire et les outilsexistants à échanger. Élus, gestionnaires de cantines et cuisiniers étaient invités à rencontrer des producteurs et/ou transformateurs du territoire, avec pour objectif de tisser des liens à de possibles échanges.
Il faut dire que la RHD s'est vue imposer par la loiEgalim d'atteindre le seuil de 50 %d'approvisionnement en produitsdurables et de qualité, dont 20% de Bio.
Depuis le 1er janvier 2024, un nouvelobjectif s'est ajouté : 60 % des viandes et des poissons présents dans les menus doivent être durables et/ou de qualité. Ce taux est même fixé à 100 % pour les établissements de restaurationcollective sous gestion de l'État.
In fine, ces obligations doivent permettre d'améliorer le revenu des producteursfrançais, d'améliorer la souverainetéalimentaire de la France et de mettre dans les assiettes, des produits de meilleuresqualités.
Produits durables et de qualité : une définition qui passe mal
Selon les dernierschiffres de Ma Cantine - la plateformenumérique de l'État sur laquelle les acteurs de la RHD ont l'obligation depuis 4 ans de déclarer leurs approvisionnements , le compte est loin d'être atteint. Dans le Puy-de-Dôme, seulement 38% des cantinesprivées et publiques déclarent leurs achats en produitssains et durables qui représentent 29 % de leurs approvisionnements (dont 10 % de bio). "Certaines cantines déclarent jusqu'à 100 %, d'autres sont à des niveaux très bas. » Selon PatriceDelair, adjoint-chef de pôle politique publiquealimentation à la DRAAF, ces inégalités reposent « sur une méconnaissance de l'obligation de la loi Egalim et de la plateformeMa Cantine ».
Du côté des acteurs de la restauration, il y a deux visions. D'abord, la définition des produitsdurables et de qualité ne fait pas l'unanimité. En effet, seuls les produits présentant un SIQO (signe officiel de qualité), produits sur la ferme et avec un faibleimpactenvironnemental sont éligibles à déclaration.
Les produits issus d'exploitations engagées dans une démarche de diminution de 15 % des intrants, ou avec des MAEC, ou au moins 120 jours de pâturage, ou un taux de prairiessupérieur à 80 % de la SAU... peuvent prétendre au qualificatifdurable et de qualité. »
La proximité entre le lieu de production et de consommation n'est pas un critère. Un défaut de taille pour Agrilocal 63.
Cette définition est ambigüe (...) certains produitslocaux, élaborés dans le département, sortent du dispositif, c'est contre-productif» pour JulienMeyroneinc, directeur adjoint -agriculture, sylviculture et alimentation au Conseil départemental du Puy-de-Dôme.
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La plateformenumérique met en relation de manière directe producteurs (agriculteurs et artisans) et consommateurs (cantinesprivées et publiques). En 12 années d'existence, elle a vu ses commandes en produitspuydomois progresser avec un chiffred’affaires atteignant 1,80 M€ en 2024. Les changements récents de la réglementation permettent désormais aux communes de réaliser des marchés publics de 6 mois à 1 an, ouvrant un peu plus les portes à l'achat de denréesdépartementales.
C'est plus adapté pour les agriculteurs notamment les producteursviandes pour qui il est difficile d'engager des volumesimportants sur une longue période. »
Toutefois, là encore, il y a de bons et de mauvais élèves. Sur les 280 acheteurs inscrits, seulement 150 sont réellement actifs.
Une cuisine centrale devrait voir le jour à Issoire pour balayer les inégalités
L'autre problématique à la consommation de produitsdurables et de qualités en RHD, est tout à la fois économique, logistique et politique. Communes, collèges ou autres n'ont pas des moyens similaires pour atteindre les objectifs fixés par la loi. Sur l'Agglo Pays d'Issoire (API), le président Bertrand Barraud mise sur la conception d'une cuisinecentrale pour balayer les inégalités. Dans ce territoire comptant 87 communesrurales, le nombre de repasjournaliers dans les cantines varie du simple au quintuple.
L'objectif est d'approvisionner toutes les cantines du territoire, ce qui représenterait entre 2 500 et 3 000 repas/jour, avec des menusélaborés dans cette cuisine et composés majoritairement de produitslocaux, le tout en ayant un équilibreéconomique. »
L'ouverture de cette cuisine est envisagée entre 2027 et 2028.
Au-delà de la RHD, l'élu voit dans ce projet un investissement en faveur du maintien de l'attractivité des territoires de l'API et notamment les secteursagricoles.
SabineTholoniat, vice-présidente de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme profite d'ailleurs de ces rencontres de la RHD pour rappeler aux élus :
Atteindre les objectifs de la loi Egalim, c'est œuvrer à la souverainetéalimentaire de la France en privilégiant les produits des agriculteursfrançais, à des produitsimportés».