Après avoir réussi à installer à Aurillac une unité de la société
Percall, spécialisée dans les services en ligne, l’agence de
développement économique du Conseil général a confié au cabinet
“Colorado conseil et formation” une mission de prospection pour tenter
d’attirer des entreprises du secteur des téléservices dans le
département. Son responsable, Manuel Jacquinet, a participé à Aurillac
à la première rencontre des responsables de sept plate-formes
téléphoniques déjà en activité dans le Cantal. La Mutualité sociale
agricole a annoncé à cette occasion son projet d’en ouvrir une autre de
dimension régionale à Aurillac fin 2006. Les zones rurales ont leur
carte à jouer dans un secteur en pleine expansion et créateur
d’emplois, a confirmé l’intervenant. “Le secteur des téléservices est
celui qui crée actuellement le plus d’emplois en France dans le
tertiaire”, souligne Manuel Jacquinet. En dix ans, le nombre de postes
de téléopérateurs serait passé de 100 000 à 260 000, et on recenserait
aujourd’hui autour de 3 000 centres d’appels dans l’Hexagone.
90 % des créations se font en province
“On prévoit dans les quatre ans qui viennent une croissance de 5 à 6 %
par an, poussée par le développement de la téléphonie mobile et
d’internet, et des comportements sociaux dictés par le fait que les
gens ont de moins en moins de temps et veulent des réponses rapides et
simples à leurs demandes”, prédit l’intervenant. Ce secteur lié aux
nouvelles technologies de l’information et de la communication présente
une particularité : “Il crée de l’emploi partout, et pas uniquement
dans les villes”, constate le responsable du cabinet Colorado, en
remarquant que “90 % des nouvelles implantations se font en province,
en dehors en tout cas des trois grandes agglomérations françaises”. La
qualité de vie, la qualité et la compétitivité de la main d’oeuvre, des
charges moins élevées qu’en zone urbaine sont autant d’atouts que les
zones rurales peuvent faire valoir pour accueillir ces entreprises.
“Par contre, il faut être capable d’accompagner les porteurs de projets
pour faciliter leur installation, et être très réactif car les
décisions se prennent généralement très vite”, précise Manuel Jacquinet.
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Le principal écueil reste la capacité à recruter et former rapidement
le personnel nécessaire. Un accompagnement que Cantal Expansion a déjà
testé avec l’implantation de la société Percall, qui a ouvert en
juillet 2005 à Aurillac une filiale qui sert de support technique à des
clients comme Microsoft ou les magasins Surcouf et emploie aujourd’hui
huit personnes. Un dispositif de recrutement-formation a été mis en
place pour l’occasion avec le Greta des monts du Cantal, qui dispense
désormais des formations aux métiers de téléconseiller, télévendeur ou
télé-assistant informatique. Formations dont a aussi bénéficié la
société Client Tel Services, qui développe des prestations de marketing
direct pour le compte des entreprises, administrations, collectivités
ou associations (téléprospection, télévente, relance clientèle...). Le
plus important centre d’appels du département reste toutefois celui de
France-Télécom, qui emploie 50 opérateurs à Aurillac sur une
plate-forme de renseignements téléphoniques. Des entreprises ont aussi
développé leurs propres centre d’appel : Aurilis a ainsi créé dans la
ville chef-lieu du département une plate-forme d’assistance à distance
pour la réparation automobile avec un effectif de quatre salariés,
appelé à progresser. Le Crédit agricole Centre-France occupe quant à
lui 80 télé-opérateurs répartis sur trois sites, dont une vingtaine à
Aurillac dans des locaux récemment rénovés.