Le Cnaol tenait son assemblée générale vendredi 5 septembre à Besançon. Les professionnels des appellations laitières ont insisté sur leur contribution au développement durable.
«AOC et développement durable, c’est un pléonasme ». Ainsi s’est exprimée la présidente de la région Franche-Comté en considérant l’intitulé de l’assemblée générale du conseil national des appellations d’origines laitières, vendredi 5 septembre à Besançon. Les 48 AOC laitières, soit 45 fromages, deux beurres et une crème, étaient réunies pour une triple assemblée générale : celle de la Fédération des appellations d’origine contrôlées (FNAOC), celle de l’association nationale des appellations d’origines fromagères (ANAOF), et donc celle du CNAOL. Nous reviendrons mardi sur l’assemblée générale de la FNAOC.
« Cultures économes en énergie, gestion des effluents, production d’énergie à la ferme agissent favorablement sur le cycle du carbone, a précisé Bernadette Risoud, ingénieur agronome à l’Enesad et membre du groupe Planète qui a mis au point une méthode de bilan énergétique de l’exploitation agricole.
Le rôle des prairies, par le stockage de carbone qu’elles permettent, est mis en exergue. La production laitière sous AOC, qui préconise pâturage et prairies, s’avère ainsi favorable à la durabilité environnementale. Elle contribue par ailleurs au développement local et territorial ».
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Autre intervenant, Philippe Marchenay. Chercheur au CNRS, il travaille à l’Unité mixte de recherche Eco-anthropologie et ethnobiologie. Il dirige une équipe qui travaille sur les ressources des terroirs, cultures, usages et sociétés. Lui également place l’agriculteur au centre du système :
« La bio diversité doit être gérée par le producteur. Les appellations d’origine contrôlée sont le vecteur indissocié de cette bio diversité, quel qu’en soit le produit : coco de Paimpol, Figue de Solilès, oignon des Cévennes, châtaigne d’Ardèche, a-t-il détaillé. Ces modèles agricoles plus respectueux de l’environnement et des ressources locales deviennent les précurseurs d’une agriculture qui apporte des éléments de réponse aux inquiétudes environnementales actuelles. »
Pus terre-à-terre, Jacques Bernat, président sortant du Cnaol a attiré l’attention de l’assistance et des pouvoirs publics sur la fin ses quotas laitiers qui risquent de nuire à l’évolution des AOC laitières :
« Il faut adapter les règles de la concurrence européenne. Le Cnaol et l’Afidop (Association italienne.des fromages AOP) ont déposé une motion au Parlement Européen afin que les produits sous AOP, au nom de la défense du patrimoine, puissent gérer leurs productions et adapter leurs volumes aux exigences du marché ».
L’assemblée générale était conclue par Philippe Merillon, directeur du service de la stratégie agroalimentaire et du développement durable qui a fait le point de la réforme :
« Un an après, le chemin parcouru est considérable,s’est-il félicité.
La promotion des signes de qualité est en route au travers de la journée du patrimoine (20 septembre) et du mois de l’origine et de la qualité en grande distribution. Pour répondre à la question qui nous a été posée, le décret portant application du règlement technique sur le Comté sera signé très prochainement. Le ministre sera vigilant sur les zones rurales fragiles qui pourraient faire l’objet d’une réglementation spécifique. Nous travaillons sur le livre vert et nous ferons valoir une meilleure intégration du développement durable dans les cahiers des charges », a-t-il conclu.