D’après une étude du Critt, plus de la moitié des enfants ne consomment que 3,5 fruits et légumes par jour, et seulement 20 % des enfants en consomment 5 ou plus. Des solutions, vite !
D’après l’étude Helena réalisée par le Critt* dans une dizaine de pays européens sur des jeunes de 13 à 16 ans, 13 % des garçons et 16 % des filles consomment au moins 200 g de légumes et 2 portions de fruits par jour (1 portion = 80 g). Prix, périssabilité, manque de temps, faible disponibilité, les enfants préfèrent les produits préparés. Pourtant, d’après Interfel, il suffirait de 0,60 euros par jour et par personne pour suivre les recommandations de santé publique. « Il faut donner l’habitude aux plus jeunes car ce sont les acheteurs de demain. Et la restauration doit jouer un rôle important, en essayant de donner le goût aux enfants », explique Christian Danel, le président du réseau de grossistes Hexagro. Donner envie, créer la demande, telle est la nouvelle stratégie de nombreux grossistes et industriels, nouveaux éducateurs des parents et des restaurateurs.
Plus de goût, de forme et de couleur
« Chez Hexagro, on recherche l’originalité. D’abord avec des fruits et légumes de saison pour offrir des produits mûrs à point. Ensuite avec des produits venus d’autres pays, d’autres climats, avec le souci de qualité avant tout », précise Christian Danel, qui mise sur l’exotisme tout autant que sur le discours santé & nutrition. Un souci qu’on retrouve sur le marché très porteur des desserts fruitiers. Les compotes du rayon frais sont en croissance, surtout celles sans sucres ajoutés. Andros a lancé un prometteur dessert gourmand, le Liégeois de Fruits, et a décidé d’associer des légumes aux fruits, avec ses desserts pomme ananas fenouil ou pomme carotte mangue. Côté légumes, le ludique fait le jeu des surgelés : pommes de terre en forme de lettres (Patato Rigolo de Pom’Lisse, Leclerc), bâtonnets croustillants au cœur de légumes moelleux (Croustilégumes de Paysan Breton), frites oranges (Bonduelle), les MDD ne manquent pas d’imagination. Bonduelle est très actif dans ce domaine. « Parfois jugés peu gourmands quand ils ne sont pas cuisinés, les légumes souffrent de la concurrence directe des féculents sur la cible des enfants », explique la responsable communication de la marque qui vient de lancer les « Goosty légumes » et dont le gratin d’épinards et de pâtes au fromage Kiri a reçu le Grand Prix de l’Innovation du Sirha 2009.
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C’est également dans l’aspect pratique que les industriels et grossistes espèrent faire de la consommation de F&L un automatisme. « Nous essayons d’avoir un discours axé sur le plaisir et pas sur la santé. », explique Denys Anthonioz, le président de Creno, qui a lancé il y a deux ans une gamme de petits fruits calibrés pour la consommation des enfants, avec par exemple des pommes de 70 g au lieu de 85 g, dont la variété est plus tendre pour les dents, et au goût sucré et acidulé, conformément aux attentes des tous petits. Pour accompagner cette initiative, Creno a distribué la « boîte à fruits », où chaque emplacement est dédié à la banane, à la pomme, et à la poire, pour remplacer les barres chocolatées ou les biscuits trop gras. « L’enfant se l’approprie, et c’est un bon outil au service des parents ». Dernière carte à jouer auprès des enfants : les smoothies, qui boostent les F&L dans le snacking. Près de 250 lancements de smoothies ont été dénombrés en Europe en 2008 (derniers chiffres LSA, novembre dernier). En septembre 2008, la marque Innocent a lancé les petits smoothies pour les enfants : des tetra packs de 180 ml au lieu de 250 ml, micro-mixés, qui se conservent 8 heures hors du frigo. En 2009, la marque devrait lancer des nouveautés autour des légumes.
* Centre régional pour l’innovation et le transfert de technologie.