La Fict s’inquiète de la chute des investissements des entreprises de la charcuterie alors que leurs marges se sont réduites avec l’envolée des coûts de production. La pérennité de ce maillon de la filière face aux charcuteries importées est en jeu. Ces entreprises sont le débouché des trois quarts des porcs français.
Le taux d’investissement des entreprises de la charcuterie a chuté de 21 % entre 2024 et 2025, à 15 %, et de 44 % en cinq ans, selon une étude de la Banque de France pour la Fict. La baisse est encore plus drastique pour les petites entreprises, moins de 50 salariés, qui ont divisé leur taux d’investissement par deux en un an. Une chute à relier aux marges sous pressions puisque les entreprises encaissent, « seules » selon la Fict, la flambée des coûts de transport, d’emballage, de l’énergie, du Smic. « La quasi-totalité des entreprises interrogées par la Fict déclarent avoir absorbé ces hausses sur leurs propres marges (…) fragilisant les trésoreries à un point de rupture critique » explique la fédération par communiqué. Une entreprise sur 4 est dans le rouge.
Quelques semaines avant les négociations commerciales, la Fict rappelle que le rayon charcuterie est le plus gros contributeur à la marge nette des distributeurs, et que ce rayon est cinq fois plus rentable que la moyenne des rayons alimentaires. La GMS affiche une marge nette de 7,6 % sur la charcuterie en 2024 selon l’OFPM.
Pourtant, le secteur est « confronté à des déficits structurels colossaux », pointe la Fict en évoquant la mise à niveau des outils industriels, et 2 milliards à investir pour faire face à la concurrence des importations. Aujourd’hui, une référence de charcuterie sur 5 en rayon est importée.
Le défi de la reprise des entreprises de la charcuterie
85 % des entreprises ont plus de 21 ans d’existence, et 40 % des dirigeants ont plus de 60 ans. Les PME sont les plus concernées par ce défi de la transmission des entreprises puisque 55 % des entreprises de moins de 250 salariés ont un dirigeant de 60 ans et plus.