En organisant un voyage de presse dans le Sud-Est, le CNPO voulait montrer que la mobilisation de la filière ne se limitait pas au grand Ouest ou au Nord pour atteindre son objectif national d’auto-approvisionnement en 2035.
Selon les estimations, atteindre l’autoapprovionnement en œufs en 2035 reviendra à couvrir une demande à 269 œufs (dont 188 œufs coquille et 81 en ovoproduits) par an et par habitant dans moins de 10 ans.
Ceci alors que le marché français est exposé à l’arrivée croissante d’œufs importés élevés en cage (+23 % au 1er semestre) provenant notamment d’Ukraine et de Turquie dont le coût est moindre que celui des œufs produits en France avec d’autres normes de qualité.
Une telle hausse de la production suppose de construire 10 millions de nouvelles places de poules pondeuses en 10 ans soit environ 575 poulaillers. En parallèle, la transition vers des élevages alternatifs à la cage devrait se poursuivre ; l’objectif fixé étant de 90 % de pondeuses hors cage d’ici 2030. Un objectif qui suppose des efforts de la part des éleveurs puisque le nombre de pondeuses en élevages alternatifs atteignait 78 % au 1er juillet 2026, se répartissant ainsi : 34 % en plein air, 25 % en élevage au sol, 14 % en bio et 5 % en Label Rouge *.
Alice Richard, directrice du CNPO, n’a pas manqué de rappeler qu’en France 51 % des poules ont un accès à l’extérieur, une particularité au sein de l’Union européenne où 23 % des poules ont ce privilège. Le CNPO tient également à développer la présence du logo « Oeufs de France » sur boîtes et ovoproduits, mais aussi sur les produits élaborés et en restauration hors domicile.
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Visites de la filière oeufs en Auvergne Rhône-Alpes
Pour illustrer les évolutions entreprises par les acteurs de la filière, le groupe de journalistes a réalisé un voyage en Auvergne Rhône-Alpes en passant d’abord par la Drôme. Les visiteurs ont poursuivi leur itinéraire en rejoignant l’Isère où Mickaël Albertin vient d’inaugurer son bâtiment pour accueillir 30 000 pondeuses au sol. Une activité complémentaire à une production de noix et pommes de terre. Cet élevage est en contrat avec Fermiers du Sud-Est.
Etape suivante chez le plus ancien meunier-pastier de France, Alpina Savoie. Cette entreprise du Patrimoine Vivant et ses 170 collaborateurs travaillent le blé dur et les oeufs d’élevages français de plein air sont notamment employés pour fabriquer les crozets.
Enfin, la visite s’est achevée en Isère chez Sébastien et Christophe Candy, qui ont adjoint un atelier de 6 000 pondeuses Label Rouge à leur exploitation sur un terrain de 3 ha arboré. Ils ont bénéficié d’un programme de relocalisation d’élevage, un dispositif visant à produire et commercialiser localement.