Le cheptel allaitant biologique du Puy-de-Dôme recule

- - 4 min
La filière bio du département a perdu 150 animaux en 2025 soit 3,5% de ses effectifs, en raison principalement des déconversions. Crédits : © Mélodie Comte

Après le pic historique de 2024, la filière viande bovine bio du Puy-de-Dôme a perdu environ 150 vaches allaitantes en 2025, principalement par déconversion. Un recul qui intervient alors que l'offre reste supérieure à la demande sur un marché encore engorgé.

2024 restera comme l'année record en termes d'effectifs de vaches allaitantes bio dans le Puy-de-Dôme. Après les années fastes de 2020, le département a vu son cheptel augmenter pour atteindre 4 170 animaux allaitants bio quatre ans plus tard. Une embellie de courte durée face à la crise économique et le détournement des consommateurs vers des produits moins chers. En 2025, ce même cheptel a reculé d'environ 150 têtes, soit -3,5 %. Le nombre de fermes bovines en viande bio tombe à 121. 

« Cette baisse n'est certes pas énorme » tempère Marie-Claire Pailleux de la Chambre d'agriculture mais témoigne de l'œuvre à la fois conjugué de la décapitalisation et de la déconversion.

Cette baisse ne s'explique pas seulement par une vague de départs en retraite puisqu'il s'agit pour l'essentiel de déconversions. « Certains sont des éleveurs qui avaient basculé en bio au moment où le marché était porteur, et qui sont tout simplement sortis du bio. »

La fin des aides à la conversion, premier déclencheur de la déconversion en bio

« Ces départs interviennent au terme des contrats d'engagement » observe la conseillère. Les aides à la conversion, étalées sur cinq ans, sont arrivées à échéance en 2025 pour plusieurs exploitations. Sans ce soutien, et face à des coûts de production « clairement supérieurs en bio », nombre d'éleveurs ont fait le choix du conventionnel.

S'ajoute à cela un facteur conjoncturel, celui des cours du conventionnel, très attractifs ces dernières années. 

Le différentiel de prix entre bio et conventionnel a considérablement pesé dans la balance. 

Il n'empêche, depuis 2022, les cours bio restent systématiquement supérieurs à ceux du conventionnel. « Début 2026, l'écart atteint encore 40 centimes par kilo de carcasse sur le bœuf, 25 centimes sur les génisses, 20 centimes sur les vaches à viande et 30 centimes sur la vache laitière » détaille Marie-Claire Pailleux.

À cela s'ajoute l'effet de décapitalisation globale qui frappe toute la filière, bio ou non. Certains arrêts sont des départs en retraite sans repreneur.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

agriculture biologique
Suivi
Suivre

À lire aussi : Prix du lait : « à 400 euros les 1 000 litres, ça ne fait clairement pas bouillir la marmite ! »

Un marché des produits bio toujours engorgé

Paradoxe de la filière bio, les effectifs reculent mais l'offre reste largement supérieure à la demande. « Des opérateurs nous ont témoigné avoir trop d'offres. La restauration collective, poussée par la loi Egalim alimente la demande mais ne suffit pas à compenser le recul de la GMS. »

La vente directe recule elle aussi très largement. 

Dans le Puy-de-Dôme, les éleveurs du département ne misent quasiment pas sur ce circuit de commercialisation, même si certains se sont spécialisés, en passant notamment par l'abattoir de Brioude qui approvisionne la plateforme Auvergne Bio distribution.

Le gros des volumes part chez les collecteurs et opérateurs bio : Sicarev, Feder ou encore Unebio.

À lire aussi : Agriculture biologique : un accord trouvé sur la révision du règlement européen

Les ovins bio tiennent la barre

Sur la filière ovine, le tableau est plus stable, avec des effectifs qui se maintiennent après un pic en 2022. Le département compte 53 fermes ovines laitières et allaitantes. Là encore, le manque de différentiel de prix entre agneaux bio et agneaux sous SIQO (label rouge...) ne rend pas la production biologique très attractive.

 

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires